UNOG - United Nations Office at Geneva

04/14/2026 | News release | Distributed by Public on 04/15/2026 09:42

Amérique du Sud : un tiers des réfugiés vénézuéliens envisagent un retour

Un frémissement plus qu'un retour massif : selon le HCR, un peu plus d'un tiers des Vénézuéliens exilés en Amérique du Sud envisagent de rentrer - à condition que la situation socio-économique s'améliore dans leur pays.

Selon une enquête du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), près de 9 % des personnes interrogées envisageant de le faire dans un délai d'un an. La principale motivation citée était le regroupement familial.

« Le suivi de la protection mené par le HCR avait déjà indiqué une augmentation des intentions de retour avant 2026, le suivi mené à l'intérieur du Venezuela montrant que la majorité (80 %) de ceux qui étaient rentrés prévoyaient de rester » a déclaré lors d'un point de presse régulier de l'ONU à Genève, Matthew Saltmarsh, porte-parole du HCR.

6,9 millions d'exilés dont 4 millions dans le besoin

Des tendances qui s'inscrivent dans un contexte régional marqué par l'ampleur de l'exode vénézuélien. Selon un décompte effectué en novembre 2025, 6,9 millions de réfugiés et de migrants vénézuéliens étaient accueillis en Amérique latine et dans les Caraïbes, dont 4 millions avaient besoin d'aide.

C'est dans ce cadre que le HCR a affiné son analyse des intentions de retour à travers une enquête menée entre janvier et mars 2026. L'agence onusienne a interrogé 1.288 Vénézuéliens en Équateur, au Pérou, en Colombie, au Brésil, au Chili et au Guatemala sur leur intention de retourner dans leur pays d'origine dans les 12 prochains mois à cinq ans. 

L'enquête montre que les Vénézuéliens de la région commencent à se pencher sur la question du retour, mais elle met également en évidence les facteurs complexes qui influencent les intentions de retour dans un contexte de défis régionaux persistants en matière de déplacement.

La volonté de retour freinée par l'insécurité et la crise économique

Mais derrière cet intérêt croissant pour un éventuel retour, les motivations restent étroitement liées aux réalités économiques et familiales des exilés.

Le désir de renouer avec des proches au Venezuela est contrebalancé par des facteurs socio-économiques et politiques

Le regroupement familial motive les aspirations au retour, mais la plupart des personnes interrogées indiquent qu'un retour nécessiterait une stabilisation économique et politique majeure au Venezuela. L'accès à l'emploi et aux sources de revenus dans les pays d'accueil reste le principal facteur influençant la décision des personnes interrogées de rester.

Un équilibre fragile, où les aspirations au retour se heurtent encore à des obstacles majeurs. Selon le HCR, près des deux tiers n'ont actuellement pas l'intention de rentrer.

« Le désir de renouer avec des proches au Venezuela est contrebalancé par des facteurs socio-économiques et politiques, notamment la reprise du marché du travail, la sécurité et la disponibilité de services fiables », a ajouté M. Saltmarsh.

L'appel de 328 millions de dollars financé à hauteur de 12 %

La crainte de retourner au Venezuela reflète les mêmes pressions interdépendantes qui ont motivé le départ. Le chômage et la précarité des revenus, ainsi que la violence et l'insécurité générales, sont les obstacles au retour les plus cités, chacun représentant 22 % des réponses, suivis par l'insécurité alimentaire (16 %), le manque d'accès aux soins médicaux (15 %) et la victimisation personnelle (14 %).

Près de 60 % des personnes interrogées expriment leur crainte de retourner au Venezuela, ce qui indique que la majorité d'entre elles ne prévoient pas de conditions sûres ou viables pour un retour à court terme.

Un constat qui s'accompagne de mises en garde sur les conditions indispensables à tout retour. Le HCR souligne que le retour doit toujours être volontaire, sûr et digne, et s'accompagner d'autant d'informations que possible sur les implications d'un tel déménagement.

Dans ce contexte, l'agence souligne aussi l'ampleur des besoins pour poursuivre son action. Pour 2026, le HCR a besoin d'un total de 328,2 millions de dollars pour continuer à répondre aux besoins des Vénézuéliens dans la région et au Venezuela. À la fin du mois de mars, 12 % de ce montant avaient été financés.

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