05/05/2026 | News release | Distributed by Public on 05/05/2026 12:29
Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) souligne que même si la capitale, Beyrouth, n'a pas été touchée ces dernières semaines, les civils du sud du Liban et dans certaines parties de la Bekaa vivent dans la même crainte pour leur vie qu'avant le cessez-le-feu. Et de plus en plus de personnes sont ainsi contraintes de fuir.
« La situation est extrêmement fragile, marquée par la poursuite des frappes aériennes israéliennes, des bombardements, des démolitions, des ordres d'évacuation, des interdictions de retour dans certaines zones et des restrictions de circulation qui continuent d'entraîner des déplacements répétés et une augmentation rapide des besoins humanitaires », a déclaré depuis Beyrouth, Karolina Lindholm Billing, Représentante du HCR au Liban, lors d'un point de presse de l'ONU à Genève.
© UNICEF/Fouad Choufany Un garçon est soigné à l'hôpital au Liban pour des blessures causées par des éclats.Malgré le cessez-le-feu, les civils continuent d'être pris pour cible. Depuis le 17 avril, au moins 380 personnes ont été tuées. Au total, les autorités libanaises font état de 2.696 morts et de plus de 8.200 blessés depuis l'escalade du 2 mars, il y a un peu plus de deux mois.
Les gens continuent d'être déplacés et le pays compte toujours plus d'un million de déplacés internes dont plus de 124.000 personnes sont hébergées dans 625 écoles et autres bâtiments publics utilisés comme centres d'accueil collectifs.
« Les civils continuent d'être directement touchés, et l'insécurité continue d'influencer les décisions des gens quant à savoir s'ils doivent retourner dans leurs villes et leurs villages ou rester sur place, dans une sécurité relative, pour l'instant », a ajouté Mme Lindholm Billing.
Dimanche, des ordres d'évacuation ont été renouvelés dans 11 villages et localités du gouvernorat de Nabatieh, suivis de frappes aériennes qui ont provoqué de nouveaux déplacements, selon les autorités locales.
Dans les zones contrôlées par l'armée israélienne au sud, bon nombre de personnes déplacées ne sont même pas autorisées à rentrer chez elles. Bien que toutes les personnes déplacées aspirent à rentrer chez elles et que des milliers de familles aient tenté de le faire depuis le cessez-le-feu, ces mouvements sont hésitants, partiels et souvent inversés.
« Beaucoup testent si le retour est sûr, pour finalement découvrir que leurs maisons sont détruites, leurs quartiers dangereux et les services de base indisponibles », a détaillé la responsable du HCR. Dans ces conditions, les familles fuient, reviennent brièvement, puis fuient à nouveau - prises dans des cycles répétés et épuisants d'incertitude.
Par ailleurs, les mouvements transfrontaliers se poursuivent. Plus de 310.000 Syriens ont traversé la frontière depuis le Liban pour rejoindre la Syrie depuis le 2 mars dernier. « Ce fragile cessez-le-feu doit être respecté pour permettre le retour en toute sécurité des familles déplacées et s'accompagner d'un soutien international durable », a conclu la Représentante du HCR au Liban.