Office of the President of the Republic of Lithuania

06/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/16/2026 01:58

Discours annuel du Président de la République de Lituanie Gitanas Nausėda

Chers compatriotes,

Monsieur le Président du Seimas, Mesdames et Messieurs les députés,

Il y a moins d'un mois, l'alerte aérienne déclenchée à Vilnius, capitale de l'État lituanien indépendant, a constitué une épreuve pour nous tous. Le Parlement, le Gouvernement, la Chancellerie du Président, diverses institutions publiques, des établissements d'enseignement et de culture ainsi que des citoyens actifs : nous avons été nombreux à tester concrètement les procédures de protection civile, mais aussi les abris temporaires et les refuges. Nous avons mieux compris ce qui fonctionne et où nous devons encore progresser.

L'alerte aérienne a rapidement été levée, mais elle nous a laissé une certitude : nous entrons de plus en plus vite dans un nouveau monde dangereux, où la paix ne peut plus être considérée comme acquise.

Nous devons aujourd'hui reconnaître que l'environnement de la Lituanie évolue rapidement et que nous devons évoluer avec lui.

Nous vivons dans un monde où l'unité et la coexistence pacifique se raréfient. Les intérêts économiques étroits s'imposent de plus en plus. Les régimes autoritaires relèvent de plus en plus hardiment la tête, avec toutes les conséquences qui en découlent.

Nous vivons à une dangereuse proximité de la guerre. Pour la cinquième année déjà, l'Ukraine se défend avec détermination contre l'agression militaire russe, reprenant peu à peu l'initiative et posant des défis toujours plus importants à l'adversaire. Toutefois, les accomplissements remarquables des Ukrainiens, auxquels nous contribuons également par notre soutien, n'apportent pas la tranquillité. Nous ne savons pas si nous ne deviendrons pas nous-mêmes la cible de forces hostiles cherchant à éprouver l'unité et la cohésion de l'OTAN.

Nous vivons à l'ère du développement de l'intelligence artificielle. L'humanité acquiert des capacités inédites pour traiter l'information et créer le bien commun. Mais, parallèlement, les moyens de déformer l'information et de l'utiliser à des fins malveillantes se multiplient.

Enfin, les signes indiquant que nous vivons une époque de lassitude de l'ancienne culture occidentale se multiplient. La pression croissante sur les institutions démocratiques, les nouvelles rivalités militaires et technologiques, les risques accrus de concentration des richesses et d'inégalités et, surtout, la relégation progressive des valeurs humanistes au second plan suscitent de nouvelles tensions majeures. Nous en ressentirons inévitablement les effets en Lituanie également.

Dans ce monde complexe, il nous incombe de tracer notre propre voie. Heureusement, la Lituanie est aujourd'hui plus riche, plus forte, plus sensible aux questions sociales et plus sûre d'elle-même qu'elle ne l'était hier ou avant-hier. Et nous disposons de toutes les possibilités nécessaires pour rendre notre avenir encore meilleur.

La Lituanie peut s'appuyer - et, j'en suis convaincu, elle s'appuiera - sur des qualités particulières qui la distinguent de nombreux pays occidentaux.

Notre riche histoire nous a donné la capacité d'évaluer avec justesse les principaux facteurs de risque et de nous y préparer. Nous gardons une expérience vivante tant de la douloureuse privation de liberté que de la joie de la libération. Aucun voile de naïveté ne nous aveugle. Nous ne nous sommes pas encore tellement habitués à une vie confortable au point de ne plus voir ce qui le menace ici et maintenant. Nous connaissons le véritable prix de la liberté et faisons tout pour transmettre cette connaissance à nos enfants et à nos petits-enfants.

Nous avons confiance en nous parce que nous avons affronté et surmonté les plus grandes épreuves. Notre unité face aux bouleversements majeurs n'est pas imaginaire : elle a été mise à l'épreuve par un destin difficile. Et notre résilience est moins une caractéristique technique qu'une qualité spirituelle, une composante de notre identité civique que personne ne peut nous enlever.

Nous portons également sur le monde un regard ouvert et savons, lorsque cela est nécessaire, y agir rapidement, avec souplesse et inventivité. Cela se traduit parfois par une plus grande propension à émigrer. Pourtant le monde offre de nombreux exemples montrant comment les départs à l'étranger ont favorisé de féconds échanges d'idées, avant que les flux migratoires ne s'inversent rapidement et ne deviennent même une sorte de superpuissance pour l'État, servant de base à une croissance économique plus rapide, à la diffusion des connaissances et au renouvellement de la société. Nous commençons déjà à ressentir en Lituanie les premiers effets positifs de la migration de retour.

Enfin, nous possédons un avantage décisif : la rapidité, grâce à laquelle nous pouvons mettre en œuvre tout changement incomparablement plus vite que des États plus grands ou davantage liés par des traditions séculaires. La capacité à prendre des raccourcis devient encore plus importante à une époque caractérisée par des mutations d'une vitesse vertigineuse. S'il existe un pays capable d'avancer sur la vague des transformations qui ne fait encore qu'approcher, c'est bien nous, la Lituanie.

Mesdames et Messieurs,

le défi le plus important et le plus urgent pour notre pays concerne la sécurité.

Nous sommes une cible vers laquelle sont constamment décochées des flèches, grandes ou petites. Jour après jour, année après année, des forces hostiles mettent à l'épreuve notre vigilance et notre résilience.

Nous vivons à une époque où les menaces militaires directes deviennent de plus en plus réelles et commencent déjà à perturber la vie paisible de la population lituanienne. Pourtant, elles ne sont que la partie émergée de l'iceberg, sous laquelle se cachent encore davantage de défis. Ils se dissimulent souvent là où nous ne les soupçonnons pas et où nous ne pensons même pas à regarder.

La guerre hybride contre la Lituanie dure depuis des années, voire des décennies. Des ressources considérables y sont systématiquement consacrées. Aucune courbette ni aucune concession bienveillante n'y changera quoi que ce soit.

Car ils nous haïssent parce que nous osons être libres et indépendants. Ils nous haïssent parce que nous aimons notre liberté et profitons dignement de ses bienfaits. Ils nous haïssent parce que nous créons nous-mêmes notre prospérité, ce qu'aucun régime autocratique, sans exception, n'est capable de faire.

Nous voyons l'instrumentalisation de la migration irrégulière contre la Lituanie. Nous voyons des ballons de contrebande. Nous voyons des actes de terreur et de sabotage. Chaque jour, nous voyons la quantité considérable de colère, de rancœur, de propagande et de désinformation diffusée sur les réseaux sociaux par des comptes sans visage, sans âme, fictifs.

Il y a moins d'un mois, bien trop tardivement, nous avons tous appris le vol de données au Centre des registres. Non seulement l'activité malveillante n'a pas été détectée et interrompue à temps, mais la réaction excessivement lente des institutions publiques a encore accru le danger pour la population lituanienne.

Une fois de plus, nous avons constaté que les immenses possibilités de collecter, de conserver et d'utiliser efficacement les données s'accompagnent également d'un risque plus important de les perdre. Une enquête approfondie sur les causes de cet incident est donc nécessaire, ne serait-ce que pour éviter qu'il ne se reproduise.

Il est toutefois encourageant de constater que, dans le domaine de la sécurité militaire, nous disposons déjà d'une base solide sur laquelle nous pouvons nous appuyer.

L'adhésion à l'OTAN est incontestablement l'une des plus grandes réussites de la Lituanie au cours de ce siècle.

Je crois en l'OTAN : ce n'est pas un tigre de papier. Je crois à l'article 5 et à la détermination de nos alliés à contribuer à la défense de la Lituanie. Mais je crois encore davantage que nous serons suffisamment forts pour pouvoir nous défendre et d'assurer nous-mêmes notre protection.

Les événements de ces dernières années n'ont fait que renforcer notre détermination à transformer toute la Lituanie en un véritable Loup de fer, qui ne se contente pas de hurler avec force, mais qui est réellement inébranlable.

Cette année déjà, nous faisons preuve de leadership à l'échelle de toute l'OTAN en consacrant 5,38 % de notre PIB à la défense. Je suis convaincu que nous continuerons à investir dans notre sécurité non seulement jusqu'en 2030, mais aussi au-delà.

Il est particulièrement important que la majorité des partis représentés au Parlement soutiennent clairement et sans ambiguïté cet objectif.

En réalité, notre décision d'allouer davantage de moyens à la défense n'aura guère d'utilité si nous commençons à nous disperser et perdons de vue l'objectif principal : renforcer la résilience du pays et garantir une dissuasion militaire efficace.

Nous devons avancer courageusement sur la voie que nous avons nous-mêmes tracée pour l'avenir.

Nous avons besoin que la brigade blindée allemande soit déployée au complet en Lituanie dès 2027. Nous avons besoin d'infrastructures adaptées pour accueillir les militaires des États-Unis et des autres pays alliés. Nous avons besoin d'une défense aérienne efficace, incluant également la lutte antidrones. Nous avons besoin de davantage d'armes et de munitions modernes, avec une vision à long terme consistant à en produire le plus possible ici, en Lituanie. Nous avons besoin d'une division nationale et d'une réserve parfaitement entraînée. Nous avons besoin d'une protection civile dotée d'un système d'alerte efficace et d'un réseau bien développé d'abris temporaires et de refuges. Nous devons nous préparer à la résistance totale, qui constitue un élément essentiel, décisif, de la dissuasion.

Ce sont des besoins parfaitement objectifs de l'État et de la société, auxquels il faudra répondre. C'est le devoir de chaque parti politique et de chaque responsable politique lituanien.

Cette année, la Lituanie consacrera 1,7 milliard d'euros à l'achat d'armements et d'équipements militaires. Nous affecterons également plus d'un demi-milliard d'euros provenant du Fonds de défense à l'acquisition d'équipements lourds et de munitions pour la division nationale. Cela permettra de doter les forces armées lituaniennes de nouveaux véhicules de combat d'infanterie, de systèmes d'artillerie et de défense aérienne, particulièrement importants aujourd'hui, de radars, de moyens de guerre électronique, ainsi que de nouvelles capacités de drones et de lutte antidrones. Nous consacrons un demi-milliard d'euros à la seule défense aérienne, et les acquisitions sont déjà en cours. Dès 2028, nous recevrons les premiers chars allemands Leopard, dont une partie sera assemblée près de Kaunas, créant ainsi des emplois ici, en Lituanie.

Conscients que la nécessité est le meilleur des maîtres et que les Ukrainiens sont déjà les meilleurs spécialistes mondiaux de la guerre par drones, nous tirons les enseignements précieux de leur expérience. Nous développons la coopération bilatérale avec l'Ukraine dans le domaine de l'industrie de défense afin de nous préparer pleinement aux épreuves futures, mais aussi d'aider concrètement les Ukrainiens.

Le développement des infrastructures militaires constitue une partie indissociable de nos efforts. Les cités militaires de Rūdninkai et de Kairiai se construisent parallèlement, tandis que les préparatifs sont en cours pour agrandir le terrain d'entraînement de Tauragė et aménager à Kapčiamiestis un terrain d'entraînement portant le nom d'Emilija Pliateryte. Avec nos alliés, nous nous préparons à agir avec détermination, si nécessaire, dans le corridor de Suwałki.

Tous ces efforts et tous ces investissements ne sont pas et ne peuvent pas constituer une fin en soi. Je veille personnellement à ce que le plus important budget de défense de l'histoire de la Lituanie soit utilisé de manière transparente et efficace. Le ministre de la Défense présente régulièrement des informations à ce sujet, et la Cour des comptes examine également activement la question. Je suis convaincu que l'ensemble du système de défense nationale comprend l'importance de l'actuelle fenêtre d'opportunité, alors que nous disposons réellement de la volonté politique et des ressources nécessaires pour réaliser un saut qualitatif.

Toutefois, en observant ce qui s'est passé lors du choix de l'emplacement du nouveau terrain d'entraînement à Kapčiamiestis, je doute de plus en plus que tous les responsables politiques et tous les parlementaires comprennent réellement la gravité de la situation. Et qu'ils soient véritablement prêts à rester fermement à leur poste dans la lutte pour la Lituanie et sa sécurité.

Mesdames et Messieurs,

nous n'avons aujourd'hui pas le temps d'errer aveuglément dans la pénombre. Nous avons besoin d'une vision claire et de l'élan qui en découle. Nous devons être capables de nous concentrer sur les intérêts nationaux de la Lituanie.

Le contexte international est impitoyable pour les États de petite et moyenne taille. Pendant de nombreuses années, dans différents formats, il a été question de la nécessité de préserver l'ordre international fondé sur des règles. Aujourd'hui encore, les partisans et les défenseurs de cet ordre ne manquent pas. Mais la vérité est que les principaux forums multilatéraux, et en premier lieu le système des Nations unies, s'enfoncent dans une crise toujours plus profonde. Il devient de plus en plus difficile de parvenir à un accord et de prendre des décisions, même sur des questions importantes pour toute l'humanité, comme la lutte contre le changement climatique ou l'endiguement de maladies dangereuses.

L'Union européenne reste la défenseure la plus forte et la plus influente du multilatéralisme. Mais elle aussi manque de rapidité et de mécanismes plus efficaces de prise et de mise en œuvre des décisions.

Dès le 1er janvier, la Lituanie exercera pendant six mois la présidence du Conseil de l'Union européenne. Ce sera une occasion rare de façonner l'ordre du jour au plus haut niveau de l'Union européenne. Et je peux vous assurer que nous saurons pleinement la mettre à profit !

Nous porterons activement les questions de défense, de sécurité intérieure et sociale, d'élargissement de l'Union européenne et de renforcement de la mémoire historique. Nous défendrons également un lien transatlantique plus fort et une coopération plus étroite entre l'UE et l'OTAN. Dans toute l'Europe et au-delà, la Lituanie est déjà reconnue pour son approche responsable de la sécurité et de la défense. Comme par le passé, notre principal défi consistera à rassembler les pays partageant nos vues et à convaincre ceux qui hésitent.

La question de la compétitivité de l'Union européenne devient également de plus en plus importante. Conscients de l'importance des choix faits aujourd'hui, nous chercherons à approfondir l'intégration du marché unique et à créer de meilleures conditions pour l'innovation, les investissements et la croissance économique. Nous veillerons à ce que le cadre financier pluriannuel 2028-2034 reflète les réalités géopolitiques et économiques actuelles.

La présidence offrira également davantage d'occasions de discuter des réformes de l'Union européenne. Les événements politiques de ces dernières années ont montré que le principe de l'unanimité pouvait facilement devenir un instrument d'abus. D'un autre côté, il protège les intérêts des petits États membres. Ma priorité est de veiller à ce qu'ils ne soient pas bafoués dans le processus de réforme de la gouvernance de l'Union européenne qui va s'engager.

Mesdames et Messieurs,

Une compréhension claire des principaux défis actuels en matière de sécurité rapproche naturellement les pays nordiques et baltes. Des rencontres sont régulièrement organisées, au cours desquelles nous accordons une attention particulière au soutien à l'Ukraine.

Parallèlement, la Force expéditionnaire conjointe dirigée par le Royaume-Uni renforce notre préparation commune à réagir aux menaces dans la mer Baltique, le Grand Nord et l'Atlantique Nord. Je me réjouis d'avoir eu l'occasion d'annoncer à Helsinki que le sommet de la Force expéditionnaire conjointe se tiendrait en Lituanie en 2028.

L'action commune des États baltes et nordiques est de plus en plus visible également à l'échelle bilatérale. Rien que cette année, la Lituanie a accueilli les visites d'État du couple royal danois ainsi que des Présidents finlandais et estonien. À peine rentré d'une visite de travail en Suède au début du mois de mai, j'ai eu l'honneur, quelques semaines plus tard, d'accueillir à Vilnius le couple royal suédois. En juillet, nous attendons également la visite d'État du Président letton.

L'état actuel de nos relations avec la Pologne est particulièrement réjouissant. Nous coopérons étroitement, mettons en œuvre des projets communs d'infrastructures et de mobilité militaire et organisons régulièrement des exercices militaires bilatéraux. En janvier, j'ai discuté avec le Président polonais Karol Nawrocki de l'idée d'une zone économique libre commune aux deux pays à Lazdijai et à Suwałki, dont la mise en œuvre est aujourd'hui engagée par les gouvernements.

Je me réjouis que la rencontre du Triangle de Lublin, organisée à l'occasion de l'anniversaire de l'insurrection de 1863, se soit tenue à Vilnius. Le Président polonais ainsi que le Président ukrainien Volodymyr Zelensky y ont participé. Il est important pour la Lituanie, comme pour l'ensemble de la région, que le lien entre Varsovie et Kyiv soit aussi solide que possible. Nous avons donc intérêt à prévenir la moindre fissure dans cette relation.

Des liens d'une proximité sans précédent nous unissent aujourd'hui à l'Allemagne. Ces dernières années, ce pays s'emploie de plus en plus activement à assumer un rôle de chef de file dans le domaine de la sécurité européenne. Les dirigeants allemands démontrent par des actes concrets qu'ils comprennent que l'avenir de l'Europe se joue aujourd'hui en Ukraine et sur le flanc oriental de l'Union européenne et de l'OTAN.

L'arrivée de la brigade blindée allemande représente pour la Lituanie non seulement une garantie de sécurité supplémentaire, mais aussi une occasion unique de développer la coopération bilatérale dans les domaines politique, économique, scientifique et culturel. C'est pourquoi j'appelle à mettre en œuvre avec ambition le programme culturel « la Lituanie en Allemagne » et à veiller à ce que la Lituanie y soit davantage connue comme un partenaire stratégique fiable. J'ai également lancé une initiative visant à promouvoir la langue allemande en Lituanie et à renforcer son enseignement dans les établissements d'enseignement général et les universités.

Les Allemands disent « Genug ist nicht genug » - assez n'est pas assez. La situation actuelle n'est pas mauvaise, mais elle doit s'améliorer. Et elle s'améliorera !

Mesdames et Messieurs,

les États-Unis d'Amérique sont un allié irremplaçable de la Lituanie et de toute l'Europe. L'engagement américain dans notre région est vital tant pour la sécurité militaire que pour le développement des infrastructures énergétiques et de l'ensemble de l'économie.

Une Europe plus forte, plus capable et davantage en mesure d'assurer sa propre sécurité ne fera que renforcer la sécurité collective et compléter le rôle joué par les États-Unis à l'échelle mondiale. Ensemble, nous sommes plus forts : il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi.

Je voudrais profiter de cette occasion pour féliciter les États-Unis à l'approche du 250e anniversaire de leur indépendance. Ce sera une célébration importante pour toute personne éprise de liberté.

Je comprends que la rotation actuelle des militaires américains déployés en Lituanie suscite des interrogations supplémentaires. Toutefois, comme le Président Donald Trump me l'a souligné à plusieurs reprises dans ses lettres, Washington apprécie la contribution de la Lituanie au renforcement de la sécurité collective et prendra ses décisions en tenant compte de cet engagement.

La Lituanie a également une vision plus large de la sécurité mondiale. Nous n'avons pas l'intention de rester à l'écart lorsque l'instabilité au-delà de l'Europe menace le commerce mondial et les intérêts de nos alliés. Nous soutenons les efforts visant à garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et sommes prêts à y contribuer, notamment par des capacités de déminage.

Notre pays n'a pas non plus l'intention de faire des concessions lorsque ses intérêts de sécurité nationale sont directement menacés. Condamnant fermement la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, ainsi que les attaques hybrides menées contre la Lituanie depuis le territoire biélorusse, nous soutenons résolument les sanctions internationales contre ces pays et plaidons pour leur renforcement.

Nous voyons aujourd'hui les immenses efforts déployés par l'Ukraine pour parvenir à une paix juste, viable et durable, fondée sur le droit international. Nous continuerons donc à fournir à l'Ukraine toute l'aide militaire et humanitaire possible, à soutenir son relèvement, sa reconstruction et sa modernisation, ainsi que ses aspirations à adhérer à l'Union européenne.

Mesdames et Messieurs,

ce que nous ne pouvons absolument pas permettre, c'est que l'État lituanien soit détruit de l'intérieur.

L'histoire de notre pays offre plus d'un exemple où nous avons nous-mêmes sapé les forces vitales de l'État, en laissant se développer sans retenue l'avidité, l'égoïsme et les divisions.

Au XVIIIe siècle, la République des Deux Nations n'a pas été brisée par la seule Russie : nous l'avons aussi nous-mêmes délaissée, vendue et cédée. Et en 1940, ce ne sont pas des étrangers, mais une partie de la population lituanienne, dupée par une idéologie criminelle, qui a accueilli l'armée d'occupation.

Malheureusement, ces dernières années, les scandales de corruption politique et d'enrichissement illicite se succèdent, révélant que nous restons vulnérables en tant qu'État et en tant que société. Gouvernés par l'avidité et l'égoïsme. Enclins à oublier et à bafouer avec légèreté le bien commun.

L'an dernier, le Premier ministre de la République de Lituanie n'a pas résisté à l'épreuve de la transparence publique et a été contraint de démissionner. Nous n'avons toujours pas reçu de réponses cohérentes aux questions portant sur ses relations d'affaires, ses transactions et l'origine de son patrimoine. Il est donc logique que les autorités judiciaires continuent de s'intéresser à cette affaire.

Cette année, dans une autre affaire, un ancien ministre lituanien de l'Agriculture, qui a reconnu sa culpabilité, et un ancien Premier ministre, qui occupait encore récemment les fonctions de président du Seimas, ont été mis en cause.

En tant qu'être humain, j'ai réellement eu du mal à y croire. Mais en tant que chef de l'État, il est encore plus effrayant de savoir qu'une institution entière, le Service national des productions végétales, a été, pour l'essentiel, mise au service du racket d'entreprises et d'activités que l'on ne peut qualifier autrement que de criminalité organisée.

Il s'agit d'une situation véritablement honteuse, que seul éclaire le fait que les autorités lituaniennes chargées de l'application de la loi accomplissent activement et honorablement leur travail. Le message s'adresse à tous : responsables politiques, fonctionnaires, agents publics, représentants des entreprises. Peu importe le parti auquel vous appartenez, les fonctions que vous exercez, votre influence, les relations que vous avez tissées ou les galons que vous portez : en Lituanie, personne n'est et ne sera au-dessus de la loi. Les actions fermes de Thémis renforcent la confiance des citoyens dans leur État.

Il est parfois indispensable de procéder à un assainissement si nous voulons nous rapprocher encore un peu d'un État de droit équitable. C'est une occasion pour nous tous de relever encore le niveau d'exigence en matière de responsabilité juridique et politique.

Un système de poursuites pénales efficace - forces de l'ordre, parquet et tribunaux - constitue aujourd'hui un pilier essentiel de l'État.

Afin de garantir aux victimes le droit d'obtenir réparation du préjudice subi, j'ai soumis il y a quelques semaines au Seimas une proposition visant à introduire la médiation dans la procédure pénale. L'expérience d'autres États européens montre que ce mode de résolution des conflits peut non seulement favoriser le rétablissement de la paix entre les parties de la procédure, mais aussi accroître la confiance dans le système judiciaire et, par conséquent, dans notre État.

C'est précisément la confiance dans l'État et la capacité à se réjouir de ses progrès qui nous aident à résister aux tentatives de forces extérieures de nous dresser les uns contre les autres et de nous manipuler.

Depuis quelque temps déjà, nous voyons avec quelle facilité toute divergence d'opinion devient le prétexte à une mise au bûcher publique. Avec quelle rapidité les arguments cèdent la place aux attaques personnelles, aux gestes obscènes et aux moqueries. Combien il devient difficile, dans l'espace public, de reconnaître non pas même une erreur, mais simplement la possibilité que « l'un des nôtres » puisse avoir tort et que « l'autre » ne soit pas nécessairement tombé au plus bas.

Nous créons nous-mêmes une vie politique machiavélique dans laquelle la fin justifie toujours les moyens. Certains récoltent des voix pour les élections en mentant à chaque occasion et en bafouant cyniquement les intérêts fondamentaux de l'État. D'autres accumulent les likes, les abonnés et le pouvoir pour le pouvoir. D'autres encore voient affluer, comme d'une corne d'abondance, les commandes issues de marchés publics ou moins publics.

Lorsque ce commerce de la haine et de la confrontation est pratiqué par « les nôtres », « ceux de chez nous », « les justes », nous choisissons de plus en plus souvent de fermer les yeux et d'oublier, plutôt que de nous regarder dans le miroir. Emportés par une excitation malsaine, nous nous laissons entraîner dans des affrontements féroces sans même nous en rendre compte, au lieu d'essayer de prendre du recul par rapport à la situation.

Nous avons passé de nombreux mois à débattre d'un nouveau modèle de gouvernance pour le service public de l'audiovisuel LRT. Je le reconnais, certaines propositions législatives concernant l'audiovisuel public étaient pour le moins douteuses, voire irresponsables. Leur examen prenait parfois des allures de tragicomédie. La rhétorique exacerbée et les accusations lancées par les camps opposés, dont le seul objectif était de mobiliser leurs partisans à tout prix, ont désagréablement surpris.

En fin de compte, le processus législatif, quel qu'il ait été, a produit un résultat. Les amendements ont été adoptés, mais changeront-ils réellement quelque chose sur le fond ? Le service public de l'audiovisuel sera-t-il désormais plus transparent et mieux préparé à utiliser de manière efficace et responsable un budget qui a considérablement augmenté ?

Je le dis sincèrement : je ne sais pas si l'un des grands combattants estime avoir gagné. Mais il me semble que nous avons tous, au moins un peu, perdu. Toute la Lituanie. Car aujourd'hui, après nous être fait un doigt d'honneur les uns aux autres, nous nous faisons encore moins confiance. Et même les principes les plus sacrés de la démocratie, comme la liberté d'expression, paraissent quelque peu souillés et privés de leur éclat originel. C'est une perte considérable pour nous tous.

Mesdames et Messieurs,

en nous jetant tête baissée dans des jeux politiques de façade, nous ne résolvons pas les problèmes. Au contraire, nous ne faisons qu'en créer davantage. Et, sans nous en rendre compte, nous cessons d'être des sujets pour devenir des objets avec lesquels d'autres commencent à jouer, sans nécessairement nous vouloir du bien.

Plus nous mettons les possibilités offertes par les technologies modernes pour attiser des divisions, plus nous, peuple lituanien, risquons de nous détruire et de disparaître.

Mais, en fin de compte, ce ne seront ni les réseaux sociaux, ni internet, ni l'intelligence artificielle qui seront coupables. Nous le serons nous-mêmes.

Le changement peut et doit commencer par les enfants. Il existe plusieurs façons d'y parvenir. Je me réjouis que, sur l'initiative de mon épouse Diana, la Lituanie ait rejoint la coalition mondiale « Construire ensemble l'avenir », créée par la Première dame des États-Unis Melania Trump. Ensemble, nous œuvrerons pour que les générations futures grandissent dans un environnement sûr.

Il est dans l'intérêt de tous que les enfants lituaniens grandissent en bonne santé, soient physiquement actifs et protégés des plus grandes tentations et épreuves du monde numérique. Le cyberharcèlement constitue déjà un problème grave qui doit être traité non seulement à l'échelle d'une classe ou d'un établissement scolaire, mais de l'État tout entier.

Les établissements d'enseignement et de recherche lituaniens sont aujourd'hui les lieux où mûrit notre avenir commun. Ils doivent assurément laisser une place tant à l'usage responsable des technologies modernes qu'à la curiosité humaine, à la créativité et à la détermination à viser plus haut et à accomplir davantage.

Dans la nouvelle réalité géoéconomique, la capacité et la résilience des États dépendent de plus en plus de leur population. La culture technologique de la société devient toujours plus importante ; nous devons donc offrir à chacun la possibilité de se former tout au long de la vie.

La Lituanie devra relever le défi d'avancer encore plus rapidement et d'accorder davantage d'attention à l'éducation. Le recours aux solutions d'intelligence artificielle nous aidera indéniablement sur cette voie. Cependant, rien ne remplacera le rôle essentiel des enseignants, leur initiative et le lien émotionnel qu'ils entretiennent avec les enfants.

Afin de renforcer le système éducatif lituanien, j'ai lancé des discussions sur la création d'une Chambre des enseignants, institution d'autogouvernance professionnelle des enseignants. Je suis également favorable à une réforme de l'enseignement secondaire. Il est temps de cesser d'orienter l'ensemble du processus éducatif vers la seule préparation aux examens. En leur donnant une telle place, nous oublions que l'essentiel est la qualité de l'éducation. Nos enfants doivent être préparés non pas aux examens, mais à une vie autonome !

Nous devons donner la liberté aux enseignants comme aux élèves afin qu'ils puissent rechercher ensemble les meilleurs résultats possibles. L'éducation doit élargir les horizons au lieu de les restreindre davantage pour ceux qui disposent de conditions de départ moins favorables.

L'enseignement supérieur lituanien constitue aujourd'hui un lien essentiel garantissant la diffusion et l'application de l'innovation dans la société et dans l'économie. À la première occasion, nous devons prendre la vague de la transformation technologique et la mettre au service de la Lituanie, c'est-à-dire de nous tous.

Le véritable défi consistera à concilier les nouvelles possibilités vertigineuses avec des mesures de réduction des risques. Il nous reste très peu de temps avant que des transformations considérables ne touchent tous les secteurs de l'économie lituanienne. Si nous ne sommes pas prudents, nombre d'entre eux pourraient être déracinés, entraînant un chômage de masse. Mais si nous hésitons trop longtemps, incapables de prendre une décision, nous risquons d'être relégués en marge de l'histoire, sans intérêt ni utilité pour personne.

Heureusement, la Lituanie dispose déjà d'acquis solides dans les domaines des technologies modernes et de la science. Nous sommes à l'avant-garde, et non à la traîne, dans les secteurs de l'électronique moderne et des semi-conducteurs, des sciences de la vie, de l'ingénierie de précision, des lasers, des capteurs, des logiciels à forte valeur ajoutée, des solutions d'intelligence artificielle et des technologies financières.

Lors de ma visite au CERN au début de cette année, j'ai eu l'occasion d'exprimer l'ambition de la Lituanie de devenir membre à part entière de cette organisation scientifique d'une importance exceptionnelle. Notre objectif stratégique est de participer aussi activement que possible au puissant écosystème d'innovation dans lequel se construisent aujourd'hui les secteurs industriels de demain. Nous sommes prêts à contribuer à des projets visionnaires de long terme, tels que le Futur collisionneur circulaire.

La mission fondamentale de la politique économique lituanienne a toujours été et restera de soutenir la croissance globale de l'économie. Le financement de la défense du pays comme des politiques sociales destinées au bien-être de notre population en dépend. Nous devons donc trouver le moyen de mobiliser tous les secteurs économiques autour d'un objectif commun, qu'il s'agisse des plus modernes ou des plus traditionnels.

J'ai récemment soumis au Seimas une proposition visant à mobiliser les dépôts au service de l'économie, à permettre aux habitants de tirer volontairement un revenu des fonds conservés sur leurs comptes courants et à améliorer les possibilités de financement du développement économique par l'intermédiaire de la banque nationale de développement.

Nous devons également réagir aux effets de la hausse des prix de l'énergie sur la compétitivité des entreprises lituaniennes. J'ai donc proposé de permettre au Gouvernement de réduire temporairement, pour une période de cinq ans, jusqu'à 30 % le prix réglementé de l'électricité pour les entreprises à forte consommation énergétique, en prévoyant l'obligation de rembourser ultérieurement cette dette.

Nous voyons et comprenons tous que nous traversons une période de forte instabilité sur les marchés du pétrole et du gaz. Face à cette situation exceptionnelle, nous avions temporairement réduit les droits d'accise sur le gazole. Il faudra, si nécessaire, recourir à des mesures similaires à l'avenir.

J'ai proposé au Seimas de mieux protéger l'ensemble des consommateurs lituaniens en introduisant un nouveau mécanisme de plafonnement des prix maximaux des carburants, compatible avec l'économie de marché. Si nécessaire, celui-ci garantirait que la réduction des impôts indirects sur les carburants profite réellement au consommateur final.

À long terme, il sera particulièrement important de veiller à ce que le secteur énergétique lituanien demeure non seulement un moteur de la croissance économique du pays, mais aussi un garant de son indépendance politique.

La Lituanie peut devenir un pays exceptionnel en Europe, voire dans le monde, capable de couvrir entièrement ses besoins en électricité par des sources d'énergie renouvelables à partir de 2028. Cependant, le passage aux énergies renouvelables ne se justifie pas uniquement par l'indépendance du pays. C'est aussi une question de bien-être pour la population. Je suis convaincu que l'énergie solaire et éolienne sera moins chère que les combustibles fossiles, qu'elle ne sera pas perturbée par les conflits géopolitiques dans les zones sensibles du monde et qu'elle ne polluera pas notre environnement.

Mesdames et Messieurs,

en parlant d'éducation, j'ai souligné l'importance d'une plus grande liberté créative pour les enseignants et les élèves.

Mais il est tout aussi important qu'il y ait tout simplement des enfants en Lituanie. Dans tout le pays, à l'exception de quelques grandes villes, les écoles se vident rapidement et ferment : c'est un signal d'alarme sérieux. L'an dernier, Kražiai a perdu son lycée, dont les origines remontaient au début du XVIIe siècle et étaient liées à Žygimantas Liauksminas, Motiejus Kazimieras Sarbievijus et Albertas Vijūkas-Kojelavičius.

Aujourd'hui, la faible natalité constitue un problème structurel de long terme pour la Lituanie qui n'est pas moins grave que les inégalités de revenus ou l'accès des entreprises au capital. On ne peut en aucun cas construire un État-providence au sein d'une nation en voie d'extinction.

Nous n'avons pas le luxe de descendre d'une voiture en marche et de rechercher tranquillement pendant des années une solution idéale. Nous avons déjà vu les responsables de la précédente législature agir ainsi pendant quatre ans, tout en accueillant un nombre croissant de migrants économiques. Aujourd'hui, ayant tout oublié, ils accusent les autres de populisme.

Oui, nous avons besoin de la contribution des immigrés pour éviter une pénurie de main-d'œuvre. Mais ce serait une grave erreur de croire qu'une immigration incontrôlée dissimulera les maux démographiques de l'État.

Quoi qu'il arrive, la Lituanie doit demeurer lituanienne. Je suis donc favorable à une politique migratoire plus stricte et à un système de permis de travail temporaires. J'appelle également à encourager davantage la migration de retour, en développant l'enseignement lituanien à l'étranger et en créant de meilleures conditions pour le retour des jeunes familles avec enfants.

La voie la plus facile consiste à se lamenter en affirmant que rien ne peut être fait, que l'être humain contemporain est ainsi fait, désireux de davantage de confort et de moins de responsabilités. Mais qu'avons-nous réellement accompli pour valoriser l'image des familles nombreuses, raconter les exemples de dévouement quotidien envers les enfants et les personnes à charge, et faire connaître ces héros discrets qui construisent l'avenir de la Lituanie ? Chaque année, dans la Salle blanche du Palais présidentiel, je n'en récompense qu'une infime partie…

Nous avons besoin d'allègements fiscaux ciblés pour les familles avec enfants et d'une stratégie efficace d'accès au logement, qui offrirait aux jeunes familles de meilleures conditions pour s'installer non seulement à Vilnius, ville devenue extraordinairement chère, mais aussi dans les régions. Il faut également des mesures couvrant l'ensemble de la Lituanie pour favoriser la vitalité régionale et garantir les services publics.

Conscient de cette nécessité, j'ai lancé une initiative visant à augmenter le montant du revenu non imposable pour les familles avec enfants, qui doit entrer en vigueur dès l'année prochaine. Je propose également au Seimas d'examiner des mesures prévoyant un taux temporairement nul d'impôt sur le revenu à la naissance d'un deuxième et d'un troisième enfant, ainsi que des incitations fiscales pour les employeurs recrutant des personnes ayant au moins deux enfants.

Enfin, je propose que nous nous accordions sur un financement ciblé des services de santé essentiels dans les régions afin de préserver les services publics les plus indispensables pour les familles avec enfants.

À la fin de l'année 2025, le Seimas a franchi une étape importante en adoptant la loi sur l'assurance maladie, qui établit un plan pluriannuel d'augmentation du financement de la santé jusqu'en 2032. Des processus tels que « l'optimisation continue du réseau de santé » ou les « incitations à fermer des services hospitaliers » doivent donc passer au second plan, ou mieux encore, appartenir au passé. Surtout lorsqu'il est question des services de pédiatrie et de la nécessité de les maintenir. Surtout lorsqu'il est question des régions du pays.

Le travail ne manque pas non plus dans les autres domaines de la politique sociale. L'augmentation des prestations sociales, des salaires des agents du secteur public et des retraites contribuera à améliorer le bien-être de la population lituanienne. Afin de réduire encore la pauvreté des personnes âgées, j'ai proposé d'améliorer le mécanisme d'indexation supplémentaire des retraites.

Les changements apportés cette année au deuxième pilier de retraite ont suscité de nombreux débats. Je salue la plus grande liberté désormais accordée aux personnes qui épargnent pour leur retraite. Toutefois, le nombre élevé de personnes ayant décidé de quitter le système montre que celui-ci n'est pas attractif aujourd'hui. La bonne voie consiste à poursuivre la réflexion sur l'amélioration du deuxième pilier de retraite et à encourager davantage les citoyens à épargner par eux-mêmes pour la retraite et à investir.

En matière de vitalité régionale, je fonde de grands espoirs sur la nouvelle version de la loi constitutionnelle relative à la discipline budgétaire. Elle permettra aux municipalités d'investir davantage en empruntant auprès de la banque nationale de développement ILTE.

Le bon état des routes lituaniennes est nécessaire non seulement aux habitants des régions, mais aussi au développement des entreprises et à la mobilité militaire. Je me réjouis donc que le Seimas ait approuvé mon initiative de modification de la loi sur les routes, qui permettra d'appliquer plus largement le modèle de partenariat public-privé dans ce domaine.

Mesdames et Messieurs,

au cours de l'année écoulée, j'ai eu plus d'une occasion de constater que la politique n'est pas toujours une activité agréable. Nous n'avons pas toujours le luxe de choisir entre une bonne et une meilleure solution.

Les efforts que j'ai déployés pour protéger le ministère de l'Énergie et, avec lui, les intérêts fondamentaux de l'État m'ont personnellement beaucoup coûté. Je ne pouvais pas permettre que ce ministère soit dirigé par une force politique que même ses partenaires accusaient d'adopter une attitude antiétatique. Je ne pouvais pas permettre que de sombres intérêts privés menacent l'indépendance énergétique de la Lituanie, construite pendant des décennies.

Ces efforts ont indirectement déclenché d'autres processus politiques. Les marchandages au sein de la coalition au pouvoir ont fait peser une charge supplémentaire sur le secteur culturel.

Je comprends parfaitement la blessure et la colère de la communauté culturelle et civique de Lituanie. Je comprends que le processus complexe de formation du Gouvernement ait encore accentué les divisions au sein de la société. En tant que chef de l'État, je me sens responsable de cette situation.

Pourtant, aujourd'hui, dans une perspective de long terme, je choisis d'en voir l'aspect positif. Depuis l'époque du mouvement Sąjūdis, la culture lituanienne n'avait jamais bénéficié d'une telle attention. Non pas de la part des responsables politiques ni des fonctionnaires, mais précisément de la société.

Le choc subi a incité de nombreuses personnes à devenir des participants actifs de la vie publique et des processus politiques. Beaucoup ont compris que la culture était importante, qu'elle constituait le fondement sur lequel reposent notre société et notre État, et qu'elle ne pouvait être ni monopolisée ni déplacée aveuglément sur l'échiquier politique.

Je veux croire que ce nouveau regard porté sur la culture n'est pas un phénomène temporaire. Je crois qu'il deviendra une nouvelle norme de la vie politique lituanienne, garantissant qu'après chaque élection législative, le ministère de la Culture soit confié à de véritables professionnels du secteur culturel : des leaders travailleurs, expérimentés et respectés par tous.

Mesdames et Messieurs,

il y a dix jours, le Parti social-démocrate lituanien a décidé de remanier une nouvelle fois la majorité au pouvoir. Je le dis ouvertement : cette décision a pris beaucoup trop de temps. Trop de lignes rouges avaient été franchies, trop de gouttes avaient fait déborder le vase et trop d'attention avait été accordée à ceux qui divisent la société.

Mais la décision a été prise, et elle constitue un point de départ très important pour notre État. Le président du Parti social-démocrate Mindaugas Sinkevičius a décidé de diriger le gouvernement. Cette fonction ne consiste pas à courir après les sondages ni à se complaire sous les feux des projecteurs médiatiques, mais offre une occasion unique de prendre des décisions qui détermineront l'avenir à long terme de la Lituanie.

Aujourd'hui, nous avons besoin d'une politique de consensus. Nous avons besoin d'une vision commune des intérêts stratégiques du pays. Nous avons besoin d'un Gouvernement prêt à agir activement dans un contexte de guerre hybride, à renforcer la sécurité du pays et à construire le bien-être de l'ensemble de la population lituanienne.

Je suis convaincu que nous pouvons créer un tel Gouvernement et une telle politique. Je coopérerai de manière constructive avec toutes les forces politiques afin que l'État lituanien soit préservé pour les siècles à venir, qu'il soit sûr et fort.

Les Lituaniens sont incroyablement travailleurs et talentueux. En quelques décennies, nous avons bâti un État européen moderne, dont le progrès économique et social suscite l'admiration de nombreux dirigeants étrangers avec lesquels j'ai eu l'occasion de m'entretenir.

Notre mission commune consiste à bâtir un mur de dissuasion qu'aucune intention malveillante ne puisse franchir. À opposer la vérité au mensonge, la lumière à la colère, le travail aux intrigues et à la démagogie. Je suis convaincu que nous pouvons accomplir cette mission.

Office of the President of the Republic of Lithuania published this content on June 16, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 16, 2026 at 07:58 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]