07/28/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/28/2026 17:10
Le Coordonnateur spécial adjoint pour le processus de paix au Moyen-Orient a déclaré, aujourd'hui, devant le Conseil de sécurité, qu'il ne sera pas possible de bâtir un avenir viable pour Gaza si l'Autorité palestinienne est poussée au bord de l'effondrement ou si l'on laisse libre cours aux dynamiques dangereuses actuellement à l'œuvre en Cisjordanie.
M. Ramiz Alakbarov, qui remplit également les fonctions de Coordonnateur résident et Coordonnateur de l'action humanitaire des Nations Unies, a également signalé que la détérioration rapide de la situation en Cisjordanie aggrave une situation déjà alarmante dans le reste du Territoire palestinien occupé.
« Une escalade de plus grande ampleur devient de plus en plus probable si des mesures immédiates ne sont pas prises pour inverser la tendance », a-t-il prévenu, insistant notamment sur la nécessité urgente d'enrayer la détérioration rapide de la situation en Cisjordanie, de soutenir l'Autorité palestinienne et préparer le terrain pour qu'elle reprenne la gouvernance de Gaza.
Le Plan d'ensemble du Président Trump visant à mettre fin au conflit à Gaza doit être intégralement mis en œuvre, a-t-il exhorté, notant que la reconstruction de Gaza ne pourra s'inscrire dans la durée en l'absence de processus politique.
Entériné par la résolution 2803 (2025), ledit plan prévoit notamment le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes, le déploiement d'une force internationale de stabilisation ainsi que le transfert de la gouvernance au Comité national pour l'administration de Gaza.
M. Alakbarov a indiqué qu'au cours des trois derniers mois, la situation à Gaza avait connu une amélioration relative pour ce qui est de l'évacuation des débris et dans l'acheminement d'équipements d'assainissement, mais que ces avancées demeuraient très insuffisantes au regard de l'ampleur des besoins. La majorité de la population, qui demeure confinée dans une partie exiguë du territoire, continue de dépendre de l'aide humanitaire, alors que les frappes aériennes israéliennes se poursuivent. En outre, les restrictions imposées aux matériaux dits à double usage continuent d'entraver les travaux de reconstruction, a listé le haut fonctionnaire.
Également préoccupé par l'escalade de la violence en Cisjordanie la semaine passée, il a déploré l'allocation récente de 1,3 milliard de shekels à l'installation de logements temporaires dans des dizaines de nouvelles colonies à travers la Cisjordanie, ainsi que l'approbation de la création d'une nouvelle colonie dans une zone où Israël avait précédemment évacué des colons dans le cadre du plan de désengagement de 2005.
Au cours du débat, plusieurs délégations ont fait de la mise en œuvre de la résolution 2803 (2025) leur priorité, à l'instar des États-Unis qui ont toutefois souligné que la création du Comité national pour l'administration de Gaza ne sera possible que lorsque le Hamas aura accepté de déposer les armes.
« Le Hamas n'a pas sa place dans l'avenir de Gaza », a tranché la représentante américaine. Il ne représente pas le peuple palestinien, mais agit comme un supplétif du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran qui souhaite que le peuple palestinien reste son otage.
Le problème principal est le Hamas qui refuse de désarmer. Mais le Hamas ne fait rien parce que le Conseil de sécurité ne fait rien pour le contraindre à désarmer, a inculpé à son tour Israël, en appelant le Conseil à désigner le Hamas comme organisation terroriste, ainsi que les houthistes et le Hezbollah.
« Retirez-vous volontairement, faute de quoi Israël fera le nécessaire! » a-t-il prévenu. Israël n'attendra pas éternellement et veillera à ce que le Hamas ne puisse plus menacer le peuple d'Israël.
Vivement préoccupé par la violence des colons et l'absence d'action pour l'enrayer, l'État de Palestine a exhorté pour sa part à tenir le Gouvernement israélien responsable, au même titre que ceux qui commettent ces attaques, avec le soutien des forces d'occupation israéliennes.
Non seulement ils veulent rendre notre peuple responsable des morts qu'ils provoquent, mais la solution invoquée par le Premier Ministre israélien, c'est « davantage de colonisation, d'expropriation, de déplacements de population, et de violence », s'est indigné M. Mansour.
Que ce soit pour justifier une répression accrue afin de faciliter l'annexion et le déplacement de populations, ou à des fins électorales, Benjamin Netanyahu, face à la perspective d'une défaite aux prochaines élections, « cherche à tirer profit de la mort de Palestiniens, voire d'Israéliens », a cinglé l'Observateur permanent.
Préoccupées par l'accélération de la colonisation, de nombreuses délégations ont appelé à préserver les perspectives d'une solution politique fondée sur deux États, à l'instar du Pakistan qui a exprimé de graves préoccupations face au projet « Crimson Thread », qui vise à séparer la vallée du Jourdain du reste de la Cisjordanie, menaçant ainsi la continuité territoriale d'un futur État palestinien.
L'Union européenne (UE), qui a exhorté le Gouvernement israélien à mettre fin à l'expansion des colonies dans la zone E1, a fait savoir pour sa part qu'elle examine d'éventuelles mesures supplémentaires contre les actions qui compromettent la solution des deux États. Israël devrait mettre fin à ses activités de colonisation, prendre des mesures concrètes pour faire cesser les violences et de traduire leurs auteurs en justice, a plaidé la Chine, qui a par ailleurs demandé la restitution des recettes fiscales palestiniennes.
Le Conseil doit assurer le respect du droit international et mettre fin aux mesures unilatérales israéliennes, a aussi soutenu la Jordanie. Il faut en outre consolider le cessez-le-feu à Gaza, préserver le mandat de l'UNRWA et empêcher l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne.
Outre la Cisjordanie et Gaza, la Türkiye a vivement dénoncé les agissements d'Israël au Liban et en Syrie.
Le Liban a d'ailleurs alerté que ce qui se passe aujourd'hui sur son territoire, et particulièrement dans le sud du pays, qui menace de saper le cadre tripartite, la déclaration de cessez-le-feu de 2024 et toutes les résolutions de ce Conseil, notamment la résolution 1701 (2006), « fondement » des relations entre le Liban et Israël.
La poursuite des opérations militaires israéliennes et l'occupation du territoire libanais remettent « une fois de plus » les efforts de médiation en question, a accusé la délégation.
Tout effort sérieux et sincère est voué à l'échec si Israël persiste dans sa politique agressive, a poursuivi le délégué en mentionnant la lettre adressée à ce Conseil par 86 députés du Parlement libanais concernant la prolongation temporaire du mandat de la FINUL, jusqu'à ce que la situation se stabilise.
Le futur engagement international au Liban devra répondre aux attentes des autorités libanaises et écarter tout vide sécuritaire au Sud-Liban, a observé le représentant de la France, en précisant que son gouvernement et l'Italie proposent une « coalition internationale ad hoc de soutien aux Forces armées libanaises, pour les accompagner dans la mise en œuvre leurs engagements ».
Il a également annoncé que la France se prépare à participer à une « mission multinationale neutre et strictement défensive d'escorte maritime », dans le détroit d'Ormouz qui, a-t-il souligné, doit rester sûr et libre, sans restriction ni péage.
Ce sont les actions illégales menées par les États-Unis qui constituent une grave menace pour la stabilité régionale, la liberté de navigation et la sécurité du golfe Persique et du détroit d'Ormouz, a reproché l'Iran. Nous exerçons, et continuerons d'exercer, notre droit inhérent de légitime défense, conformément à l'Article 51 de la Charte des Nations Unies, afin de protéger notre peuple et de défendre et sauvegarder notre souveraineté, intégrité territoriale et nos intérêts nationaux vitaux contre les actes d'agression des États-Unis.
La Fédération de Russie a plaidé pour un règlement diplomatique du différend entre les États-Unis et l'Iran et pour un dialogue inclusif au Yémen, y compris avec les houthistes. La paix peut être atteinte dans le cadre du concept de sécurité collective pour le Golfe persique proposé par la Russie, qui formule des propositions pratiques pour une sortie de crise graduelle vers un Moyen-Orient stable, protégé des conflits et ouvert à la coopération internationale.
La Ligue des États arabes a condamné les attaques iraniennes visant plusieurs États arabes, ainsi que la prise pour cible de navires commerciaux dans le détroit d'Ormouz, la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Pour mettre fin à cette crise suffocante et rétablir la stabilité dans la région, la Ligue arabe a appelé à un retour rapide aux accords conclus entre les États-Unis et l'Iran, à la reprise des négociations, à la désescalade et à l'arrêt des attaques.