10/30/2026 | News release | Distributed by Public on 10/30/2026 04:45
L'été 2026 s'est avéré meilleur que prévu pour le secteur du tourisme : avec environ 25,0 millions de nuitées (−0,5 %), il ne devrait être que légèrement inférieur à l'été record de 2025. La guerre en Iran pèse sur les marchés lointains mais une fin d'été étonnamment robuste a permis de soutenir le niveau de nuitées. Le KOF Institut table sur environ 18,7 millions de nuitées (−0,1 %) pour la saison hivernale, soit un chiffre légèrement inférieur à celui de l'hiver record de 2025/26.
L'été 2026 devrait entrer dans les statistiques comme la deuxième meilleure saison estivale après l'été record de 2025. Ceci est d'autant plus remarquable que les marchés lointains se sont fortement contractés en raison de la guerre au Proche-Orient. Le nombre de visiteurs en provenance de Suisse et d'Europe ont compensé une grande partie de cette baisse. C'est un mois de septembre très fort qui a fait pencher la balance en faveur de ce bon résultat.
Les risques restent toutefois élevés. La question principale est de savoir comment la guerre en Iran évoluera, car le prix du pétrole, les tarifs aériens et, par conséquent, les voyages vers des destinations lointaines en dépendent. À cela s'ajoutent les risques conjoncturels en Europe et aux États-Unis. Pour l'hiver, la neige joue également un rôle déterminant : elle peut faire la différence entre un nouveau record à la hausse ou des résultats inférieurs à ceux de l'année précédente (voir l'analyse détaillée). Compte tenu des circonstances, les perspectives pour l'hiver à venir et l'été 2027 sont globalement bonnes. C'est également ce qui ressort des enquêtes conjoncturelles du KOF Institut : les prévisions concernant les clients étrangers restent inférieures à celles concernant les clients suisses - celles-ci se sont toutefois récemment améliorées. Les établissements des grandes villes sont les plus prudents du fait de leur dépendance plus marquée vis-à-vis des clients étrangers.
La conjoncture dans la zone euro évolue mieux que prévu. Les perspectives de croissance ont aussi été nettement revues à la hausse pour l'Allemagne. Aux États-Unis, la consommation privée s'est montrée jusqu'à présent robuste. Toutefois, la détérioration du moral des consommateurs et la persistance de l'inflation laissent penser qu'elle pourrait perdre de son élan après une longue période de vigueur. En Chine, la croissance économique repose principalement sur les exportations, tandis que les ménages continuent de faire preuve de prudence.
À cela s'ajoute, pour le tourisme, la guerre au Proche-Orient. Celle-ci maintient le prix du pétrole à un niveau élevé, ce qui rend le kérosène - et donc les billets d'avion - onéreux, situation pesant surtout sur les voyages long-courriers. En octobre, le franc suisse s'est à nouveau légèrement apprécié par rapport à l'euro, mais il demeure néanmoins un peu plus faible qu'au printemps ce qui soulage quelque peu les touristes européens. Les perspectives sont donc mitigées dans l'ensemble : pour les touristes des pays voisins, le contexte est plutôt favorable, tandis que la situation reste difficile pour les marchés lointains.
La saison estivale se poursuit jusqu'à fin octobre. La période jusqu'au mois d'août a été prise en compte. Une première estimation de l'Office fédéral de la statistique (OFS) est disponible pour septembre - les chiffres d'octobre ne sont disponibles pour le moment qu'à titre de prévisions. Avec environ 25,0 millions de nuitées, l'été 2026 ne devrait être que légèrement inférieur à l'été record de 2025 (−0,5 %). La saison s'est déroulée à peu près comme l'avait prévu le KOF Institut au printemps, pour les mois entre mai et août - c'est-à-dire légèrement en dessous de l'année précédente. Ce fut l'été le plus chaud depuis le début des mesures, et ce sont surtout les touristes suisses qui ont profité de cet «été frais» en montagne. Puis a suivi un excellent mois de septembre, sec et ensoleillé.
Selon la première estimation de l'OFS, les nuitées en septembre ont augmenté d'environ 5,5 % par rapport au même mois de l'année précédente. La répartition par provenance ne sera connue qu'au début du mois de novembre. Cette hausse devrait être principalement due aux visiteurs venus d'Europe, mais aussi de Suisse. Les personnes en provenance d'un lieu peu éloigné peuvent réagir à court terme aux conditions météorologiques favorables. Le mois de septembre continue ainsi de gagner en importance : depuis 2019, les nuitées enregistrées en septembre ont connu une croissance nettement plus forte qu'en juillet et août. Plus l'été est caniculaire, plus la douceur de la fin de l'été devrait devenir une période de voyage attrayante. C'est surtout grâce au mois de septembre que l'ensemble de la saison estivale s'avère meilleure que ce que le KOF Institut avait prévu au printemps.
Le tableau est plus contrasté selon l'origine. Les visiteurs suisses devraient soutenir la saison avec une hausse d'environ 0,9 %. Les visiteurs européens devraient également progresser, notamment grâce au mois de septembre. En revanche, un recul se profile concernant les marchés lointains. Sur l'ensemble de la saison, ces marchés devraient enregistrer environ 5 % de nuitées en moins par rapport à l'année précédente et passer ainsi sous le niveau de 2019. Jusqu'en août, c'est surtout la demande en provenance d'Asie et des pays du Golfe qui a baissé, la guerre ayant renchéri les vols et perturbé d'importants hubs. Le nombre de visiteurs en provenance de Chine a également diminué. Les visiteurs américains se sont maintenus à un niveau élevé, mais leur nombre n'a pas progressé.
Pour la saison d'hiver 2026/27, le KOF Institut table sur environ 18,7 millions de nuitées (−0,1 %). Cela représente environ 15 000 nuitées de moins que lors de l'hiver record de 2025/26. Le niveau reste donc très élevé et supérieur à celui de 2024/25. Les prévisions n'ont pratiquement pas évolué depuis le printemps. La légère hausse de la demande en provenance d'Europe compense en grande partie le ralentissement des marchés lointains, tandis que la demande intérieure reste stable.
Touristes suisses : durant la période hivernale, les touristes suisses constituent de loin le groupe le plus important. Avec environ 9,5 millions de nuitées, ils devraient maintenir le niveau record de l'année précédente. La conjoncture solide suisse soutient la demande. De plus, la faiblesse du franc rend les vacances à l'étranger plus coûteuses, ce qui préserve l'attrait des vacances d'hiver dans le pays.
Touristes européens : on s'attend à une légère augmentation du nombre de touristes en provenance d'Europe. Le KOF Institut table sur environ 5,6 millions de nuitées (+0,8 %). Pour de nombreux Européens, la Suisse est une destination proche, accessible sans billet d'avion coûteux. Le franc suisse est également devenu un peu plus avantageux pour eux. La morosité de la consommation limite toutefois cette croissance.
Voyageurs en provenance de marchés lointains : les marchés lointains restent atones : on prévoit environ 3,6 millions de nuitées (−1,7 %). La demande en provenance d'Asie et des pays du Golfe devrait rester inférieure au niveau d'avant la guerre en raison des prix élevés des billets d'avion. Compte tenu du climat de consommation morose, les visiteurs américains devraient voyager avec un peu plus de prudence. On devrait également s'attendre à moins de touristes en provenance des autres marchés lointains.
Pour l'été 2027, le KOF Institut table sur environ 25,1 millions de nuitées (+0,4 %). Cela représente environ 110 000 nuitées de plus qu'en 2026. L'été devrait donc être légèrement supérieur à celui de l'année précédente, mais légèrement inférieur à l'été record de 2025. Cette hausse devrait surtout être portée par la reprise naissante des marchés lointains d'Asie. C'est pourquoi l'incertitude reste encore élevée.
Touristes suisses : avec environ 11,8 millions de nuitées (+0,1 %), la demande intérieure reste stable à un niveau élevé. Après le bon été 2026 ayant bénéficié d'un mois de septembre chaud, il ne faut pas s'attendre à des hausses significatives.
Touristes européens : en raison d'un climat de consommation modéré et du niveau élevé des prix en Suisse, la tendance serait, en soi, plutôt à la baisse. En tant que destination de vacances proche, la Suisse compense toutefois cette tendance, car de nombreux touristes européens s'y rendent à la dernière minute, notamment en cas de beau temps. Au final, la croissance devrait s'atténuer pour s'établir à une légère hausse de 0,3 %.
Voyageurs longue distance : une reprise devrait s'amorcer concernant les marchés lointains. La demande en provenance de Chine et du reste de l'Asie devrait repartir à la hausse, mais ne rattrapera qu'à peine la moitié de la chute enregistrée. En ce qui concerne les visiteurs américains, le KOF Institut table en revanche sur un recul. Le moral des consommateurs aux États-Unis est en berne et la consommation pourrait perdre de son élan. Pour l'ensemble des marchés lointains, on retient donc une hausse de 1,2 %. L'ampleur de la reprise dépendra avant tout de l'évolution de la guerre en Iran et des tarifs aériens.
Le mois de septembre, particulièrement ensoleillé, a récemment montré à quel point la météo joue sur la demande. En hiver, c'est surtout la neige qui compte. Les prévisions tablent sur un enneigement en montagne similaire à celui de l'hiver dernier, c'est-à-dire déjà légèrement inférieur à la normale. Seul le déroulement de la saison permettra de vérifier si ces prévisions se confirment. Le KOF Institut a donc calculé dans quelle mesure le nombre de nuitées s'écarterait des prévisions en cas de mauvais ou de bon hiver.
Un mauvais hiver se caractérise par un enneigement du mois de décembre inférieur à la moyenne. Concernant le mois de janvier, l'hiver dernier est représentatif de cette tendance. En février et mars, on retrouve moins de jours avec suffisamment d'enneigement, comme lors de la fin de l'hiver 2022/23. On devrait alors enregistrer environ 120 000 nuitées de moins que prévu (−0,6 %). Dans ce cas également, l'enneigement sera toutefois suffisant dans la plupart des stations de ski situées en altitude pour skier en février et en mars. Un bon hiver se caractérise par un niveau d'enneigement normal en janvier et à un niveau en février et mars plus marqué comme durant l'hiver 2014/15. Cela devrait générer environ 100 000 nuitées supplémentaires (+0,5 %). La saison dépasserait ainsi les chiffres de l'hiver record 2025/26.
Les clients suisses réagissent le plus fortement. Ils décident souvent à la dernière minute s'ils partent à la montagne. Ils représentent environ quatre cinquièmes de cette variation. Pour les clients européens, c'est surtout le franc qui compte. Ils réagissent moins fortement au facteur neige.
À propos de la méthode : le KOF Institut recense, sur 108 stations de mesure de l'Institut WSL pour la recherche sur la neige et les avalanches (SLF), situées entre 1 600 et 3 000 mètres d'altitude, les jours où l'épaisseur de neige atteint au moins 30 cm et attribue chaque mois une note comprise entre 1 et 4. L'ampleur de la réaction des nuitées à cet égard est estimée à partir des hivers depuis 2010/2011 ; cette estimation se situe à peu près au milieu des variantes de modèle testées. Ces chiffres ne constituent pas des prévisions météorologiques et doivent être interprétés avec prudence, notamment pour février et mars : à ces altitudes, il y a presque toujours suffisamment de neige, ce qui rend l'effet moins facile à déterminer avec précision.