04/17/2026 | Press release | Archived content
Reporters sans frontières (RSF) se réjouit de la libération de la journaliste et réalisatrice birmane Shin Daewe, privée de liberté depuis octobre 2023 sous une accusation infondée de "complicité" de terrorisme. Lauréate du prix RSF pour la liberté de la presse 2025, elle avait été prise pour cible par le régime militaire en raison de son engagement en faveur du journalisme indépendant en Birmanie.
Le 17 avril, après 915 jours d'enfer, Shin Daewe a retrouvé son domicile à la suite de sa libération dans le cadre d'une amnistie. Ancienne collaboratrice du média américain Radio Free Asia (RFA), elle avait été arrêtée et placée en détention par des soldats birmans en octobre 2023 à Rangoun, la plus grande ville de Birmanie, alors qu'elle travaillait sur un documentaire. La rédaction de RFA a contacté RSF pour confirmer sa libération et exprimer son soulagement de la voir rentrer auprès de ses proches.
En janvier 2024, un tribunal militaire l'avait condamnée à la réclusion à perpétuité sur le fondement de l'article 50(j) de la loi antiterroriste, une peine ensuite ramenée à quinze ans de prison. Durant sa détention, elle aurait été interrogée à plusieurs reprises et torturée, selon son mari, qui a déclaré à RFA avoir constaté, lors de visites en prison, des signes de violences, notamment "des points de suture sur sa tête et des plaies sur ses bras."
"La libération de Shin Daewe est un immense soulagement, avant tout pour ses proches, mais aussi pour l'ensemble de la communauté journalistique birmane. Il faut rappeler clairement qu'elle n'aurait jamais dû être arrêtée, encore moins subir de tels traitements. Nous appelons désormais le régime birman à libérer immédiatement les 40 journalistes encore détenus dans le pays.
Depuis son arrestation, RSF mène campagne pour obtenir sa libération. Journaliste reconnue pour ses enquêtes sur les questions environnementales et l'impact de la guerre civile en Birmanie, Shin Daewe a reçu plusieurs distinctions, dont le prix de l'indépendance de RSF en 2025, alors qu'elle était encore détenue.
La Birmanie est classée 169e sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2025. Le pays est la deuxième plus grande prison au monde pour la profession, juste derrière la Chine.