05/06/2026 | Press release | Distributed by Public on 05/06/2026 14:20
Accra - L'Afrique forme plus de personnels de santé que jamais auparavant, pourtant des millions de personnes n'ont toujours pas accès aux soins, des centaines de milliers de professionnels de la santé formés ne trouvent pas d'emploi, et beaucoup d'entre eux choisissent de migrer. Selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), une transformation délibérée articulant l'éducation, l'emploi, la fidélisation, la qualité, la productivité et l'investissement s'impose pour inverser le paradoxe d'une augmentation des effectifs de personnels de santé conjuguée à des besoins non satisfaits.
Publié le 6 mai 2026 à l'occasion du deuxième Forum africain sur l'investissement dans les personnels de santé, tenu à Accra, le rapport intitulé State of the Health Workforce in Africa 2026: Plan. Train. Retain., que l'on peut traduire en français par « Personnels de santé en Afrique en 2026 - État des lieux : planifier, former, fidéliser », met en lumière une crise qui s'aggrave, imputable non seulement à un déficit de formation, mais également à des défaillances systémiques dans l'emploi, la répartition et la fidélisation des agents de santé.
« L'avenir de l'Afrique dépend de la force de son capital humain. Investir dans nos personnels de santé n'est pas seulement une priorité sanitaire, c'est un impératif économique et de développement. Ce forum offre une plateforme essentielle pour traduire les engagements en actions et faire en sorte que chaque Africain ait accès à des soins de qualité dispensés par un personnel qualifié et motivé », a déclaré John Dramani Mahama, Président du Ghana.
Le rapport est lancé alors que plusieurs leaders se réunissent à Accra pour donner une nouvelle impulsion. « L'organisation de ce forum reflète l'engagement du Ghana à transformer les systèmes de santé en investissant durablement dans notre personnel. Les données factuelles sont sans équivoque : la formation, à elle seule, ne suffit pas. Nous devons créer des emplois, renforcer les compétences et retenir les talents si nous voulons fournir des soins de qualité à nos populations », a indiqué Kwabena Mintah Akandoh, Ministre ghanéen de la santé.
En 2024, l'effectif des personnels de santé en Afrique était estimé à 5,72 millions contre 4,3 millions en 2018. Pourtant, ces progrès ne suivent pas le rythme de la demande. La Région africaine ne dispose actuellement que de 46 % des personnels de santé dont elle a besoin.
Un défi majeur réside dans la persistance d'un paradoxe inquiétant : de graves pénuries perdurent alors même que le chômage demeure élevé. En 2024, on estimait à 943 000 le nombre de personnels de santé formés au chômage, même si les systèmes de santé restent en sous-effectif.
L'OMS a révisé les chiffres relatifs à la pénurie prévue de personnels de santé dans la Région africaine d'ici à 2030, la faisant passer de 6,1 millions à 5,85 millions. C'est un signal important que des progrès sont en train d'être réalisés. Cependant, cette réduction reste marginale et fragile. Elle ne représente pas encore une transformation structurelle du marché du travail dans le secteur de la santé, et elle pourrait facilement être inversée si les pays n'accélèrent pas les investissements dans l'éducation, l'emploi et la fidélisation.
« La crise des personnels de santé en Afrique ne se définit plus seulement par la pénurie, mais par une défaillance systémique. Nous formons plus de professionnels de santé que jamais, mais trop de personnes restent au chômage, tandis que des millions de personnes se retrouvent sans soins. Sans investissements audacieux et sans réforme coordonnée pour planifier, former et fidéliser les personnels de santé, les progrès vers la couverture sanitaire universelle resteront hors de portée », a expliqué le Dr Mohamed Yakub Janabi, Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique.
Les capacités de formation se sont considérablement accrues, avec plus de 325 000 diplômés par an, mais le rapport montre que la formation à elle seule ne résoudra pas la crise. Dans certains pays, plus de la moitié des nouveaux diplômés restent au chômage ou occupent des postes précaires, ce qui témoigne d'un faible alignement entre les systèmes d'éducation, le marché du travail et le financement des systèmes de santé.
Même lorsque des professionnels de santé sont disponibles, la qualité des soins reste inégale. Les professionnels de santé ne diagnostiquent correctement qu'environ 62 % des cas et ne fournissent un traitement approprié que dans 40 % de ces cas, exposant les patients à des risques évitables.
Les pressions migratoires quant à elles s'intensifient. Près de 46 % des agents de santé déclarent avoir l'intention de migrer, en raison de mauvaises conditions de travail et de possibilités de carrière limitées. Dans le même temps, l'absentéisme continue d'éroder les capacités du système, avec des pertes estimées à 20 % de la masse salariale.
Malgré ces difficultés, le rapport présente un argumentaire d'investissement solide. Chaque dollar investi dans les personnels de santé peut générer jusqu'à 10 fois plus de rendement financier et 30 fois plus d'avantages sociaux et économiques au sens large. Pourtant, les niveaux d'investissement actuels restent insuffisants. Pour combler cet écart, les pays devraient accroître leurs dépenses d'environ 4 dollars É.-U. par habitant et par an, ou augmenter d'environ 15 % par an les budgets consacrés aux personnels de santé.
Les participants doivent examiner les progrès accomplis au titre de la Charte africaine de l'investissement dans les personnels de santé et mobiliser de nouveaux engagements pour accélérer les réformes et le financement. Le forum présentera également le Programme de gestion des personnels de santé en Afrique 2026-2035, une nouvelle stratégie régionale visant à mener une action coordonnée pour planifier, former et fidéliser les professionnels de santé à grande échelle.
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