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11/06/2026 | Press release | Archived content

Un tribunal tanzanien condamne un leader de l’opposition pour « incitation »

Le chef de l'opposition tanzanienne et président du parti Chadema, Tundu Lissu, saluait ses partisans lors de son procès à la Haute Cour de Dar es Salaam, en Tanzanie, le 6 novembre 2026. © 2026 AP Photo/Florence Majani

Le 6 novembre, la Haute Cour de Tanzanie a condamné Tundu Lissu, chef du principal parti d'opposition, Chadema (« Chama Cha Demokrasia Na Maendeleo » - Parti de la démocratie et du développement), pour «incitation » à commettre une infraction, le condamnant à quatre ans de prison. Les juges l'ont acquitté de l'accusation de trahison, passible de la peine de mort.

Les autorités l'ont accusé d'avoir planifié d'inciter d'inciter la population à faire obstruction aux élections d'octobre 2025, en se fondant sur des propos qu'il avait tenus lors d'un rassemblement organisé le 3 avril 2025 à Dar es Salaam. Le Chadema appelait le gouvernement à entreprendre des « réformes électorales fondamentales » dans le cadre de sa campagne intitulée « Pas de réformes, pas d'élections ». Avant sa condamnation, Tundu Lissu était détenu depuis son arrestation le 9 avril 2025, sans possibilité de libération sous caution.

La procédure engagée contre Lissu a soulevé de graves préoccupations en matière de droits humains. Son procès a connu des retards répétés, et il s'est défendu lui-même après avoir déclaré que les autorités lui avaient refusé tout accès privé à ses avocats.

En mai 2025, les autorités tanzaniennes ont enlevé, battu et torturé des activistes venus du Kenya et de l'Ouganda à Dar es Salaam pour observer le procès, avant de les expulser. La présidente Samia Suluhu Hassan a ensuite ordonné aux services de sécurité tanzaniens de prendre des mesures contre les ressortissants étrangers ayant, selon elle, « [entrent dans le pays] et s'ingèrent dans nos affaires ».

La condamnation de Tundu Lissu est le dernier exemple en date de la répression exercée par la Tanzanie à l'encontre de ses opposants politiques. Depuis des années, les autorités arrêtent et inculpent arbitrairement des figures de l'opposition pour incitation présumée à manifester, ou à des actes de terrorisme. Elles ont intensifié ces arrestations à la suite des violences généralisées lors des élections d'octobre 2025 ; le gouvernement avait alors accusé les dirigeants de opposition, dont Tundu Lissu, d'avoir fomenté ces violences.

En mai 2026, des inconnus ont enlevé et passé à tabac l'assistant personnel de Tundu Lissu, David Djumbe, à Dar es Salaam, avant qu'il ne parvienne à s'échapper. La police a nié toute implication et annoncé l'ouverture d'une enquête, mais n'a ensuite procédé à aucune arrestation.

Le 25 juillet, le parti Chadema a déclaré que 51 de ses responsables avaient été arrêtés et inculpés de terrorisme depuis le 26 juin, lorsque le gouvernement a interdit tous les rassemblements politiques avant la tenue d'un rassemblement de jeunes le 7 juillet. En octobre, les autorités ont arrêté John Pambalu, un responsable du Chadema, puis l'ont inculpé de trahison. Elles ont aussi arrêté Coletha Clavery Ntidyicha, présidente d'une section régionale de la jeunesse du parti ; le 3 novembre, elles l'ont inculpée d' « incitation à commettre des actes terroristes ».

Le gouvernement tanzanien devrait mettre fin à sa répression contre les opposants politiques et leurs partisans, et cesser d'utiliser le système pénal comme une arme pour faire taire la dissidence.

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