09/01/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/02/2026 07:12
Alors que le président Arévalo a reconnu la "dette historique" de l'État envers les personnes contraintes à l'exil, parmi lesquelles des journalistes, et annoncé la création d'un mécanisme interinstitutionnel destiné à les soutenir, Reporters sans frontières (RSF) et neuf organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains appellent les autorités à traduire cette reconnaissance en mesures concrètes. Elles proposent sept recommandations qui visent à protéger les journalistes en exil, à créer les conditions d'un retour en toute sécurité et à prévenir de nouveaux cas de criminalisation et d'exil.
Au cours de la dernière décennie, les journalistes guatémaltèques enquêtant sur la corruption, les abus de pouvoir et d'autres sujets d'intérêt public ont été confrontés à des poursuites pénales, à des pressions judiciaires et économiques, à la stigmatisation, au cyberharcèlement et à des menaces. Ces formes de persécution ont contraint des journalistes à quitter le pays, et la persistance de risques judiciaires et sécuritaires empêche nombre d'entre eux d'y retourner en toute sécurité. Selon les informations recueillies par RSF, beaucoup sont réfugiés au Mexique, en Espagne ou dans d'autres pays.
Le président Arévalo a reconnu, le 14 août dernier, la "dette historique" de l'État envers les personnes contraintes à l'exil et annoncé la création d'un mécanisme interinstitutionnel destiné à soutenir celles qui demeurent à l'étranger et à mettre en œuvre un plan permettant un retour sûr et digne à celles qui souhaitent rentrer au pays.
"Reconnaître la réalité de l'exil constitue une étape importante, mais cette reconnaissance doit désormais ouvrir une nouvelle phase d'action institutionnelle. Il ne s'agit pas seulement de créer les conditions permettant aux journalistes qui le souhaitent de retourner au Guatemala en toute sécurité. Il faut également s'attaquer aux causes qui les ont contraints à quitter le pays, garantir leurs droits tant qu'ils demeurent en exil et instaurer des garanties de non-répétition. L'objectif doit être clair : plus aucun journaliste ne doit être contraint de quitter le Guatemala pour avoir fait son travail.
Cette reconnaissance du président Arévalo est intervenue à l'issue de la présentation du rapport "La Vérité de l'exil : éthique, criminalisation et lutte pour la justice au Guatemala (2014-2025)" au Palais national de la Culture, à Guatemala City, la capitale. Réalisé par une équipe de recherche indépendante dirigée par l'expert en droits humains Carlos Martin Beristain, avec le soutien de l'organisation civile Casa Centroamérica, le rapport s'appuie sur 132 témoignages et documente les mécanismes de criminalisation et de persécution qui ont contraint à l'exil, au cours de la dernière décennie, au moins 16 journalistes, représentants de la justice, défenseurs des droits humains et autres voix critiques.
À la suite de la présentation du rapport et des engagements annoncés par le président Arévalo, RSF et neuf autres organisations appellent les institutions guatémaltèques à traduire cette reconnaissance en garanties durables pour les journalistes qui demeurent en exil et ceux qui souhaitent rentrer au pays.
Parmi les mesures mises en avant par les organisations figurent :
L'exil des journalistes en Amérique centrale
La situation au Guatemala s'inscrit dans un phénomène régional plus large. En avril 2026, RSF a organisé à Guatemala City la conférence régionale "Dialogues sur le journalisme et l'exil en Amérique centrale", qui a réuni quelque 120 participants venus de dix pays, parmi lesquels des journalistes, des médias, des organisations de la société civile, des institutions publiques et des organisations internationales. La conférence s'est penchée sur les difficultés auxquelles les journalistes sont confrontés avant, pendant et après l'exil, ainsi que sur la nécessité de réponses coordonnées englobant l'assistance juridique et migratoire, la protection, la pérennité du journalisme en exil et les conditions nécessaires à un retour sûr et volontaire.
Lire le communiqué conjoint dans son intégralité (en espagnol)
Liste des signataires :
Asociación por la Democracia y los Derechos Humanos, ASOPODEHU (Honduras)
Asociación de Periodistas de El Salvador, APES (Salvador)
Fundación para la Libertad de Prensa (Colombie)
Fundación Periodistas Sin Cadenas (Équateur)
Periodistas y Comunicadores Independientes de Nicaragua, PCIN (Nicaragua)
Prensa Comunitaria Km.169 (Guatemala)
Red Latinoamericana de Periodistas en el Exilio (RELPEX)
Reporters Without Borders (RSF)
Robert & Ethel Kennedy Human Rights Center
Inter American Press Association (IAPA)