04/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/24/2026 07:14
Reporters Without Borders (RSF) condemns in the strongest possible terms the killing of Lebanese journalist Amal Khalil, whose body was found on 22 April 2026 after Israeli airstrikes on the building where she had taken refuge in southern Lebanon. The strikes also injured her colleague, Zeinab Faraj. Despite warnings issued by RSF calling on Benjamin Netanyahu's government to allow emergency services to rescue the journalist, the Israeli army prevented help from reaching her in time. Targeting a civilian - a news professional - is a war crime.
"So long as impunity prevails, crimes will continue to be committed. Journalist Amal Khalil, wounded and trapped in a building targeted by Israeli strikes, lay dying for hours with rescue teams unable to reach her due to ongoing strikes by the Israeli army. These strikes continued despite appeals to the Israeli authorities to cease strikes in order to save her. We extend our condolences to the journalist's family and wish a swift recovery to her colleague Zeinab Faraj, who was also injured in the strikes and is currently hospitalised. The Israeli army has very likely committed two more war crimes on 22 April, by targeting journalists who were identified as such, obstructing rescue operations and continuing strikes that killed one journalist and injured another. Responsibility for these crimes also lies with Israel's allies, who continue to allow the Netanyahu government to commit them with impunity. We call on the international community to take firm measures to ensure that the Israeli government brings its massacre of journalists in Lebanon and Palestine to an end. We also call on the Lebanese government to investigate this crime, which took place on Lebanese territory, and will continue to work to ensure that justice is served for Amal Khalil and every single other journalist killed in Lebanon and the wider region."
La journaliste Amal Khalil était dans la ville d'al-Tayri d'ou elle couvre la guerre en cours avec Israel, lorsqu'un véhicule qui précédait la voiture dans laquelle elle se trouvait avec sa collègue, Zeinab Faraj, a été visé par une première frappe israélienne, selon les témoignages recueillis par RSF. Presque deux heures plus tard, les deux journalistes ont été elles même ciblées par une frappe sur un immeuble de trois étages situé à proximité, ou elles s'étaient réfugiées. Si les secouristes libanais ont réussi à évacuer Zeinab Faraj, de nouveaux tirs israéliens les auraient empêchés d'atteindre Amal Khalil, selon les témoins sur place. Dès 17h heure de Paris, RSF et d'autres ONG avaient alerté publiquement les autorités israéliennes et ses alliés de la situation des deux journalistes piégés dans l'immeuble. Sollicité par RSF en urgence pour arrêter les frappes et permettre aux secours d'arriver jusqu'à la journaliste, un porte-parole de l'armée israélienne avait répondu, à 17 h 30 heure de Paris par quelques mots : "Je vais regarder ça." Ce n'est que six heures plus tard que le corps sans vie de la journaliste a été retrouvé par l'armée libanaise et la Croix-Rouge.
RSF retrace la chronologie des faits :
Entre temps, à 20h, un compte officiel du porte-parole sur X confirme avoir ciblé les journalistes, les qualifiant d'"intrus": "Une fois établi qu'ils violaient l'accord de cessez-le-feu, l'armée de l'air a attaqué l'un des véhicules, puis a pris pour cible un bâtiment où les intrus s'étaient réfugiés." Or, les journalistes étaient identifiés comme étant des journalistes, et leur identité a été transmise au moins dès l'interpellation par le mécanisme, vers 14h30, avant la frappe sur le bâtiment, selon nos informations. Le gouvernement libanais à dénoncer des crimes de guerre ayant visé les journalistes.
Amal Khalil, le courage incarné
Cette correspondante de guerre de 42 ans, originaire elle-même du Sud-Liban, avait tenu bon dans le Sud depuis le début de la guerre avec Israël en 2023. Amal Khalil est toujours restée sur le terrain, pour couvrir sans relâche, les événements, malgré les dangers, qu'elle connaissait bien. Couvrant les agressions israéliennes pour le quotidien d'information libanais établiAl Akhbar - créé en 2006- dont la ligne éditoriale est favorable au mouvement de résistance contre l'occupation israélienne dans le Sud-Liban, notamment au Hezbollah, la journaliste chevronnée était devenue la cible de menaces israéliennes. En 2024, RSF avait appelé à sa protection, à la suite d'une menace de mort qu'elle avait reçue d'un numéro Israélien dont le propriétaire n'est pas, à date, identifié, en raison de sa couverture de la guerre en cours. "J'avais contacté Amal Khalil en septembre 2024 après les menaces de morts", raconte la correspondante de RSF Elissar Kobeissi. "Elle a insisté sur le fait qu'elle ne quitterait pas le sud. Malgré toutes les menaces, elle voulait continuer à travailler."