UNHCR - Office of the United Nations High Commissioner for Refugees

06/04/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/04/2026 08:49

En Afrique de l'Est et australe, les réfugiés peuvent rester plus de 16 ans en exil

GENÈVE - Selon une nouvelle analyse du HCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, des réfugiés d'Afrique de l'Est et australe vivent en exil pendant une durée médiane de près de 16 ans, ce qui souligne l'urgence de développer des solutions.

Cette analyse, qui s'appuie sur les données recueillies par le HCR entre 2001 et 2025, démontre que les déplacements dans la région sont rarement de courte durée. À la fin de l'année 2025, 6,4 millions de réfugiés et de demandeurs d'asile étaient enregistrés dans le système du HCR à travers la région. Nombre d'entre eux avaient fui la guerre, l'instabilité et les persécutions dans des pays tels que le Soudan, le Soudan du Sud et la Somalie, et continuent d'être accueillis principalement par des pays voisins, notamment l'Ouganda, l'Éthiopie et le Kenya. Ces données figureront dans le rapport du HCR sur les tendances mondiales pour l'année 2025. Celui-ci présentera des chiffres actualisés sur les déplacements dans le monde et sera publié le 11 juin.

« L'asile sauve des vies, mais après près de 16 ans passés dans l'incertitude, les réfugiés ont besoin de plus qu'une simple aide ; ils ont besoin d'espoir, d'opportunités et de perspectives », a souligné Mamadou Dian Balde, Directeur régional du HCR pour l'Afrique de l'Est, la Corne de l'Afrique et les Grands Lacs. « Nous devons accélérer la mise en place de solutions concrètes, aider les réfugiés à rentrer chez eux lorsque la situation le permet et veiller à ce que ceux qui ne peuvent pas rentrer puissent étudier, travailler, subvenir à leurs besoins et contribuer au sein des communautés qui les accueillent. »

Les données indiquent que la plupart des réfugiés et des demandeurs d'asile enregistrés dans la région restent déplacés longtemps après la situation d'urgence initiale : trois sur quatre sont toujours déplacés après cinq ans et près de deux sur cinq restent en exil 20 ans plus tard.

Les enfants et les jeunes adultes sont parmi les plus touchés. Les réfugiés et les demandeurs d'asile enregistrés avant l'âge de cinq ans restent dans cette situation pour une durée médiane de plus de 18 ans. Ainsi, nombreux sont ceux qui passent leur enfance, leur scolarité primaire et secondaire, puis atteignent l'âge adulte sans perspective de solution.

« Aucun enfant ne devrait grandir dans l'incertitude », rappelle Mamadou Dian Balde. « Toute une génération d'enfants réfugiés entame sa vie d'adulte en exil. Les jeunes réfugiés doivent pouvoir accéder aux systèmes éducatifs nationaux, à des documents d'identité, à des compétences et à des opportunités qui leur permettront de réaliser leur potentiel où qu'ils se trouvent et de contribuer aux sociétés qui les accueillent. »

L'analyse révèle également que les familles nombreuses restent plus longtemps en exil, ce qui reflète la complexité de la recherche de solutions pour des groupes familiaux. Les personnes seules restent réfugiées ou demandeuses d'asile pendant un peu moins de six ans en moyenne, tandis que les familles de cinq personnes ou plus y restent près de 19 ans.

Les femmes et les filles restent également en situation d'asile pendant une durée médiane de près de 17 ans, contre un peu plus de 14 ans pour les hommes et les garçons ; une tendance qui reflète souvent des risques de protection différents, des responsabilités familiales et des obstacles à la mobilité. Pour le HCR ces conclusions démontrent que l'impact du déplacement sur les femmes et les enfants persiste sur une génération, voire plus, jetant ainsi les bases d'une dépendance multigénérationnelle à l'égard de l'aide.

Les pays d'accueil d'Afrique de l'Est et australe continuent de faire preuve de solidarité et d'offrir une protection à des millions de réfugiés malgré des ressources limitées. Le HCR appelle les donateurs, les acteurs du développement et le secteur privé à renforcer leur soutien afin que les réfugiés et les communautés qui les accueillent puissent se reconstruire et se développer ensemble dans la dignité.

Note à l'attention des médias

Cette analyse s'appuie sur les données issues des systèmes d'enregistrement et de gestion des dossiers du HCR portant sur les réfugiés et les demandeurs d'asile recensés en Afrique orientale et australe entre 2001 et 2025. Elle suit les personnes depuis leur premier enregistrement jusqu'à la clôture de leur dossier, que ce soit à la suite d'une solution durable, d'un changement de statut juridique, d'un décès ou pour une raison administrative.

Ces chiffres doivent être considérés comme indicatifs plutôt que précis. Les changements de statut sont souvent enregistrés lors d'exercices de vérification ou d'examens de la qualité des données d'enregistrement, ce qui signifie que la date de clôture dans le système ne correspond pas toujours exactement à la date à laquelle la situation d'une personne a changé.

Une analyse plus approfondie et des chiffres actualisés sur les déplacements dans le monde seront disponibles dans le prochain Rapport sur les tendances mondiales du HCR, qui sera publié le 11 juin.

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