06/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/28/2026 22:04
Le 4 juillet 2025, la journaliste indienne Sneha Barve, a failli mourir pour avoir voulu documenter un chantier illégal. Alors que son principal agresseur est en liberté sous caution, la reporter - qui a lancé son propre site d'information, Samarth Bharat, et sa chaîne YouTube - continue de travailler malgré les risques.
Le jour de l'agression, Sneha Barve se rendait dans la localité de Manchar, dans l'État du Maharashtra. Elle est alertée par des habitants au sujet d'un chantier illégal, situé dans le lit d'une rivière, menaçant de provoquer des inondations en aval. Une fois sur place, la journaliste, filmée par son caméraman, est encerclée par une dizaine de personnes, dont l'homme qui a entrepris les travaux, un propriétaire de bar et malfrat local, bénéficiant de relations politiques.
C'est là qu'une violence inouïe se déchaîne, Sneha Barve est frappée à la tête et dans le dos avec une barre de bois, comme en atteste une vidéo diffusée en ligne. Alors qu'elle est au sol, ses agresseurs continuent de s'acharner sur elle. Restée inconsciente près de 48 heures, la journaliste a été hospitalisée trois jours pour une commotion cérébrale et des blessures graves.
Malgré des images accablantes, la police de Manchar a d'abord refusé d'enregistrer la plainte de la journaliste ; elle n'a cédé qu'après l'indignation suscitée en ligne, sans toutefois retenir la qualification de tentative d'homicide. Son agresseur a été laissé en liberté sous caution et a terminé ses travaux illégaux. L'administration locale a promis une démolition qui n'a toujours pas eu lieu.
Aujourd'hui, la journaliste suit encore des séances de kinésithérapie pour se remettre des séquelles de son agression. Et la menace plane toujours. « J'ai peur constamment mais je continue mon travail », affirme Sneha Barve. Le fils de l'agresseur s'est rendu dans le village de la journaliste pour tenter d'obtenir des renseignements sur son domicile. Une nuit, des inconnus ont frappé violemment à la porte de sa maison et ont jeté des pierres avant de prendre la fuite à l'arrivée des policiers, appelés par la famille terrifiée. Aucune mesure de protection policière n'a été mise en place.
Depuis des années, Sneha Barve documente la corruption, la politique, les crimes et les atteintes à l'environnement. Déjà menacée à plusieurs reprises, notamment par un ancien député en 2024, puis alpaguée par des hommes qui ont tenté de la gifler devant son bureau, en 2025, après la publication d'un article sur le mauvais état de routes locales, elle n'a jamais renoncé. Au contraire. Son histoire dit le prix, très concret, du journalisme d'intérêt public en Inde, et l'urgence de mettre fin à l'impunité de ceux qui veulent le réduire au silence.
Cet article a été initialement publié dans le dernier album "100 photos pour la liberté de la presse" de Reporters sans frontières (RSF) dont les bénéfices sont intégralement reversés à l'organisation pour soutenir ses actions.