08/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/24/2026 07:24
L'accélération de la transformation numérique dans l'enseignement conduit à l'utilisation de plus en plus fréquente d'outils collaboratifs en ligne (il peut s'agir d'espaces numériques de travail (ENT) ou d'outils alternatifs aux ENT). Ces outils permettent la mise à disposition de services s'appuyant souvent sur l'informatique en nuage (cloud computing) qui facilitent la collaboration entre les personnels administratifs et enseignants, les élèves et leurs responsables légaux. Ces services impliquent, dans la très grande majorité des cas, des traitements de données personnelles, tels que :
Pour pouvoir les utiliser, les responsables de ces traitements doivent s'assurer de leur conformité à la réglementation en matière de protection des données. Ils pourront, pour ce faire, s'appuyer sur les conseils de leur délégué à la protection des données.
La transformation numérique dans l'enseignement a pour objectif de moderniser le service public de l'éducation en développant les usages du numérique dans les établissements scolaires.
Depuis la loi du 8 juillet 2013, un service public du numérique éducatif et de l'enseignement à distance accompagne cette évolution. Il a pour missions notamment de :
Lorsque l'utilisation d'outils collaboratifs dans un cadre pédagogique entraîne des traitements de données personnelles, le responsable de traitement ne pourra mettre en œuvre ce dispositif qu'après avoir déterminé la base légale de chacun d'entre eux.
Si les traitements répondent aux missions de service public des établissements scolaires, qu'ils soient publics ou privés, (et en particulier du service public du numérique éducation (article L.131-2 du code de l'éducation), le responsable du traitement peut s'appuyer sur la base légale de l'exécution d'une mission d'intérêt public.
D'une manière générale, le consentement semble difficilement pouvoir être retenu comme base légale pour ces traitements, car pour constituer une base légale valable, le consentement doit notamment être libre, c'est-à-dire ni contraint ni influencé (par exemple par la position d'autorité du responsable de traitement). Les personnes concernées (telles que l'élève, et/ou dans la grande majorité des cas son responsable légal, ou le personnel administratif et enseignant) doivent se voir offrir un choix réel, sans avoir à subir de conséquences négatives en cas de refus.
Certains traitements sont réalisés par le fournisseur de l'outil collaboratif pour son propre compte. Le responsable de traitement doit s'assurer que l'outil n'a pas recours à des traceurs publicitaires, ces derniers étant en principe interdits, au regard du principe de neutralité du service public de l'éducation, incluant la neutralité commerciale.
Si toutefois l'outil collaboratif utilise des dispositifs tels que des traceurs de suivi à des fins d'exploitation publicitaire ou de profilage par exemple, le responsable de traitement devra désactiver ces fonctionnalités.
Les personnes concernées (les élèves, leurs responsables légaux et le personnel administratif et enseignant) doivent être informées de tous les traitements de données les concernant mis en œuvre via ces outils collaboratifs en ligne.
L'information doit être concise, transparente, compréhensible et aisément accessible (articles 12, 13 et 14 du RGPD) et doit notamment préciser :
Cette information doit être adaptée en fonction des personnes concernées.
Ainsi, pour les mineurs, l'information doit être simple et pédagogique, adaptée à cette tranche d'âge. À titre d'exemple, les mentions d'information peuvent être écrites en langage clair (normes ISO 24495-1:2023 et ISO 24495-2:2025) ou s'inspirer de la méthode « facile à lire et à comprendre » (FALC) pour les usagers en situation de handicap ou présentant des difficultés de lecture et de compréhension du français.
Pour aller plus loin sur les méthodes de conception d'une information adaptée :