06/17/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/17/2026 02:58
N'Djamena, 15 juin 2026 - Plus de 400 000 ressortissants tchadiens sont désormais rentrés du Soudan, trois ans après le déclenchement du conflit, selon les données de la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce seuil, atteint plus rapidement que prévu, témoigne du coût humanitaire croissant de la crise et exerce une pression immense sur des communautés déjà fragilisées et sur des services limités dans tout l'est du pays.
« Je me suis assise avec des femmes retournées qui avaient marché pendant des semaines, portant parfois des enfants qui n'étaient pas les leurs, orphelins ou perdus en chemin. À leur retour, nous ne pouvons pas les laisser rester invisibles dans la réponse humanitaire », a déclaré SungAh Lee, Directrice générale adjointe de l'OIM chargée de la gestion et de la réforme, lors de sa visite dans le pays.
« Ces chiffres indiquent que la réponse doit aller au-delà de l'aide d'urgence à court terme ; elle doit également accorder la priorité à la protection, à la santé, à la dignité et à un soutien à plus long terme pour les femmes, les enfants et les communautés d'accueil. »
De nombreuses personnes retournées se sont installées dans des sites spontanés ou informels ou au sein de communautés d'accueil dans les provinces du Ouaddaï, du Wadi Fira, du Sila et du Salamat, souvent avec des ressources très limitées et des besoins urgents en matière d'abri, d'eau, d'articles ménagers essentiels (AME), de soins de santé et de protection. Le profil humain de la crise est particulièrement frappant : selon les données de l'OIM, 58 % des personnes retournées sont des femmes et 69 % sont des enfants.
L'est du Tchad était déjà sous pression avant le début de la crise au Soudan. Aujourd'hui, l'ampleur des nouvelles arrivées a intensifié la pression sur l'accès à l'eau, à l'abri, aux soins de santé et à d'autres services essentiels dans des provinces qui faisaient déjà face à des besoins humanitaires élevés.
Les personnes retournées comptent parmi celles qui ont supporté le plus lourd fardeau du conflit, et pourtant leur situation demeure parmi les moins visibles malgré leurs vulnérabilités. Elles retournent souvent dans des zones où elles n'ont ni terres, ni documents, ni réseaux sociaux ou familiaux.
Depuis le déclenchement de la crise, l'OIM travaille avec le Gouvernement du Tchad, les autorités locales, les communautés et les partenaires pour soutenir à la fois les personnes retournées et les communautés d'accueil. Cette assistance comprend des abris d'urgence, des interventions en eau, assainissement et hygiène (EAH), la distribution d'articles ménagers essentiels, une assistance en espèces polyvalente, des services de protection ainsi que des services de santé mentale et soutien psychosocial (SMSPS).
Toutefois, alors que la crise entre dans sa quatrième année, les limites d'une réponse axée uniquement sur l'urgence deviennent de plus en plus évidentes.
L'OIM appelle à un soutien renforcé en faveur de la réponse aux personnes retournées dans l'est du Tchad, notamment à travers la poursuite de l'aide humanitaire, parallèlement à des investissements dans les moyens de subsistance, les infrastructures communautaires et un relèvement dirigé par les acteurs locaux.
Les personnes retournées représentant désormais près d'un tiers de toutes les arrivées en provenance du Soudan au Tchad, les besoins ne sont plus temporaires, et la réponse ne peut rester limitée au seul cadre de l'aide d'urgence.
Pour plus d'informations, veuillez consulter le Centre médias de l'OIM.