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04/29/2026 | Press release | Archived content

Allocution du Directeur général de l’OMS lors de la réunion préparatoire à l’Assemblée mondiale de la Santé tenue avec le groupe des ambassadeurs francophones – 29 avril 2026

Je remercie l'Ambassadeur Omar Zniber et l'Ambassadeur Henri Eli Monceau,

Excellences, Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs.

C'est un grand plaisir de vous accueillir de nouveau à l'OMS.

Je remercie l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Groupe des Ambassadeurs francophones pour leur engagement continu dans cet échange, et pour l'avoir rendu possible en couvrant les frais d'interprétation.

Ce geste témoigne de l'esprit de partenariat qui définit notre relation.

La communauté francophone rassemble 87 États et gouvernements, répartis dans toutes les Régions du monde.

Ensemble, vous représentez bien plus d'un tiers des États Membres de l'OMS.

Comme vous le savez, l'année écoulée a été difficile pour la santé mondiale, comme l'a mentionné Son Excellence.

Des coupes soudaines et drastiques de l'aide ont perturbé les systèmes et les services de santé dans de nombreux pays, y compris de nombreux pays représentés dans cette salle.

L'OMS apporte son soutien à ces pays pour maintenir les services et sortir progressivement de la dépendance à l'aide extérieure, au profit d'une autonomie durable et de la souveraineté.

Parallèlement, l'OMS a elle-même été touchée, et malheureusement, nous avons dû nous séparer d'un grand nombre de collègues.

Bien que l'année écoulée ait été difficile pour l'OMS, c'est un risque que nous avions anticipé, et avec le soutien des États Membres, nous avons pris plusieurs mesures pour y faire face.

Lorsque nous avons lancé la transformation de l'OMS il y a presque neuf ans, nous avions constaté que la dépendance excessive de l'OMS à l'égard d'un nombre restreint de donateurs traditionnels constituait un risque majeur, nous exposant à des chocs comme celui auquel nous avons été confrontés l'année dernière et mettant en péril notre indépendance.

Sur la base de notre proposition en 2022, les États Membres ont approuvé un plan visant à augmenter progressivement les contributions fixées, passant de 14 % à 50 % du budget de base.

Les États Membres ont désormais approuvé les deux premières augmentations, intervenues en mai 2023 et en mai 2025, et les trois prochaines augmentations sont prévues en 2027, 2029 et 2031.

Je remercie les États Membres francophones pour votre soutien et votre contribution, et nous sollicitons votre engagement pour les trois prochaines augmentations des contributions fixées.

Il s'agit d'une solution stratégique à long terme visant à protéger l'OMS contre des chocs comme celui que nous avons connu l'année dernière et à garantir son indépendance.

Les deux premières augmentations nous ont permis, dans une certaine mesure, de nous protéger contre ce choc. Sans celles-ci, l'impact aurait été bien pire. Mais bien entendu, elles ne pouvaient pas nous protéger intégralement.

Néanmoins, nous avons considéré ce choc comme une occasion de définir nos priorités et de garantir un alignement de nos activités.

Ce processus est désormais achevé, et l'OMS, désormais allégée, poursuivit son évolution. Par conséquent, nous sommes stables et nous avançons.

Nous continuerons à affiner notre structure, et nous savons désormais clairement comment nous allons parvenir à un équilibre.

Comme vous le savez, deux questions spécifiques seront examinées à l'Assemblée mondiale de la Santé le mois prochain. Elles présentent un intérêt pour les États Membres francophones, et nous avons besoin de votre soutien.

La première concerne le Système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation, ou Système PABS, qui est une annexe à l'Accord de l'OMS sur les pandémies.

Je tiens particulièrement à saluer le rôle de premier plan joué par l'Ambassadrice Anne-Claire Amprou de la France, coprésidente de l'organe intergouvernemental de négociation établi dans le cadre de l'Accord sur les pandémies, et de l'Ambassadeur Amr Ramadan de l'Égypte, membre du bureau de l'organe de négociation.

L'annexe PABS est la dernière pièce manquante du puzzle que constituent les nombreuses initiatives que nous avons lancées avec les États Membres en réponse aux enseignements tirés de la pandémie de COVID-19.

Nous avons renforcé la veille sanitaire, le financement, la production locale, le partage d'échantillons et la gouvernance.

J'exhorte les États Membres francophones à œuvrer ensemble ainsi qu'avec les autres États Membres pour trouver un terrain d'entente, non pas une situation où tout le monde gagne tout, mais plutôt où chacun gagne suffisamment pour construire quelque chose de durable ensemble.

La deuxième question clé à examiner à l'Assemblée mondiale de la Santé le mois prochain concerne la réforme de l'architecture de la santé mondiale.

Je tiens à remercier le Président Emmanuel Macron d'avoir convoqué une réunion de haut niveau sur l'architecture de la santé mondiale qui s'est tenue à Lyon le mois dernier, avec le Président Mahama du Ghana, le Président Boko du Botswana et le Premier ministre Hun du Cambodge.

Comme vous le savez tous, nous faisons face à une convergence de pressions en santé mondiale : démographiques, économiques, environnementales, épidémiologiques et géopolitiques.

Ces pressions présentent des défis et des opportunités pour nous tous.

Toutefois, nous devons être honnêtes : l'architecture de la santé mondiale doit faire l'objet de réformes pour relever ces défis et maximiser les opportunités.

En février dernier, les États Membres ont confié à l'OMS l'organisation d'un tel processus conjoint de réforme, centré sur les pays, inclusif et transparent.

En collaboration avec un large éventail de partenaires, nous mettons au point ce processus conjoint, que nous présenterons pour examen à l'Assemblée mondiale de la Santé le mois prochain.

Je tiens à souligner que l'OMS aborde ce processus avec humilité, dans le cadre de son rôle fédérateur, rassemblant différentes parties prenantes sur un pied d'égalité.

Notre objectif n'est pas de lancer une nouvelle initiative, mais de rassembler les travaux existants de manière cohérente.

Enfin, je souhaiterais porter à votre attention un autre point.

Beaucoup d'entre vous savent que le Cambodge est sur le point d'éliminer le paludisme.

Il s'agit d'une réalisation remarquable, fruit de décennies de volonté politique soutenue et d'investissements dans la santé publique.

C'est précisément le type de succès qui mérite d'être célébré et amplifié.

Alors que le Cambodge se prépare à assurer la présidence de l'OIF et à accueillir le sommet de l'OIF en novembre, il existe une réelle opportunité de placer le paludisme à l'ordre du jour de la Francophonie.

Le monde francophone supporte une part disproportionnée de la charge mondiale du paludisme.

L'Afrique de l'Ouest à elle seule représente près de la moitié de tous les cas et décès liés au paludisme dans le monde.

Un engagement formel du sommet de l'OIF enverrait un message clair de solidarité et contribuerait à mobiliser une volonté politique et financière significative.

L'OMS est prête à soutenir toute forme que prendra cet engagement.

Nous espérons que vous serez nombreuses et nombreux, en tant qu'ambassadrices et ambassadeurs des États Membres de l'OIF, à relayer cette discussion dans vos capitales respectives et auprès de vos collègues à Phnom Penh.

Le Groupe francophone a toujours été une voix pour le multilatéralisme, pour la science et pour les personnes les plus vulnérables.

C'est exactement ce qu'exige ce moment que nous vivons. J'attends avec intérêt vos questions, votre point de vue et votre partenariat.

Merci beaucoup.

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