06/11/2026 | News release | Distributed by Public on 06/11/2026 10:51
Lorsque le ballon roulera jeudi à 13 heures, heure locale, sur la pelouse du légendaire stade Azteca de la ville de Mexico, pour le match d'ouverture de la Coupe du monde de football entre le pays hôte et l'Afrique du Sud, les regards du monde entier seront tournés vers le terrain. À l'occasion de cette Coupe du monde organisée conjointement par le Canada, les États-Unis et le Mexique, l'ONU profite de cette gigantesque scène planétaire pour attirer l'attention sur un autre match.
Celui qui se joue loin des tribunes, dans les camps de réfugiés, les écoles, les centres communautaires ou les zones de conflit. Celui où le football devient un langage commun pour parler d'intégration, de santé, d'égalité ou de droits de l'enfant.
Parmi les histoires que l'organisation souhaite raconter figure celle d'Alphonso Davies.
Aujourd'hui capitaine du Canada et l'un des visages de cette Coupe du monde, M. Davies est né dans un camp de réfugiés au Ghana après que sa famille a fui la guerre civile au Liberia. Son parcours est devenu l'emblème d'une campagne du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui a dévoilé avant le tournoi une équipe symbolique composée de joueurs ayant eux-mêmes connu l'exil ou issus de familles déplacées.
On y retrouve notamment Antonio Rüdiger, joueur allemand dont les parents ont fui le conflit en Sierra Leone ; Asmir Begović, le gardien de but bosniaque qui a fui le pays alors qu'il n'avait que quatre ans ; Awer Mabil,m joueur australien né dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya ; ou encore Ali Al-Hamadi, dont la famille a fui l'Iraq pour le Royaume-Uni alors qu'il avait un an.
À travers eux, le HCR cherche à rappeler qu'un enfant déplacé n'est pas seulement une victime de guerre ou une statistique humanitaire. Il est aussi un être en devenir.
© HCR/Pat Calderwood Alphonso Davies, ambassadeur de bonne volonté du HCR, joueur du Bayern de Munich et capitaine de l'équipe nationale du Canada.Cette lecture du football dépasse largement la seule question des réfugiés.
Dans une note publiée à l'occasion du tournoi, le Département des affaires économiques et sociales (DESA) des Nations Unies affirme que le football peut constituer un outil efficace pour réduire les inégalités, favoriser l'éducation, améliorer la santé et renforcer la cohésion sociale.
L'analyse repose sur les travaux de l'initiative onusienne « Football for the Goals », qui rassemble fédérations, clubs, associations et organisations de la société civile autour des objectifs de développement durable.
Les projets soutenus par cette initiative incluent notamment des programmes destinés aux réfugiés en Jordanie, des initiatives favorisant la pratique sportive des personnes handicapées dans le Pacifique, ou encore des bourses scolaires permettant à des adolescentes zimbabwéennes de poursuivre leurs études grâce au football.
Loin des milliards brassés par les grandes compétitions, l'ONU défend ici une vision plus discrète du sport : celle d'un terrain capable de rapprocher des populations que tout semble parfois séparer.
ONU Info Un championnat de football pour joueurs amputés s'est déroulé pendant quatre jours dans la bande de Gaza, en novembre 2025.Cette même conviction se retrouve dans l'annonce faite jeudi par l'UNICEF.
Quelques heures avant le coup d'envoi de la compétition, l'agence de l'ONU pour l'enfance a nommé le jeune prodige du football Lamine Yamal ambassadeur de bonne volonté.
Le choix n'est pas anodin. À 18 ans, la star du FC Barcelone et de la sélection espagnole est devenue l'un des sportifs les plus suivis de sa génération. L'UNICEF entend mettre cette notoriété au service d'une cause souvent reléguée au second plan : le droit des enfants à jouer.
« Je suis extrêmement fier de devenir ambassadeur de bonne volonté de l'UNICEF », a déclaré le joueur. « Durant mon enfance, je n'avais rien si ce n'est ma famille, un ballon, un parc et un rêve. Le football a structuré ma vie, m'a permis de me sentir à ma place et m'a donné foi en l'avenir ».
Cette nomination accompagne la publication d'un rapport dont les conclusions sont moins réjouissantes. Selon l'UNICEF, plus de 90 millions d'enfants de moins de cinq ans dans le monde ne disposent d'aucun objet pour jouer à leur domicile. Et 80 millions d'enfants âgés de deux à quatre ans ne jouent jamais avec un parent ou la personne qui s'occupe d'eux.
Dans les régions frappées par la pauvreté, les conflits ou les déplacements forcés, le jeu devient souvent l'une des premières victimes invisibles des crises.
« Dans un monde où bien trop d'enfants subissent les affres des conflits et de la pauvreté, l'engagement de Lamine nous rappelle avec force que chaque enfant mérite d'avoir la possibilité de jouer, de grandir et de s'épanouir », a déclaré la directrice générale de l'UNICEF, Catherine Russell.
© HCR/Rafael Greilberger Antonio Rüdiger, défenseur du Real Madrid et de l'équipe d'Allemagne, utilise sa plateforme pour soutenir les réfugiés et plaider en faveur des communautés déplacées.La Coupe du monde représente également un défi sanitaire.
Des millions de supporters doivent traverser les frontières au cours des prochaines semaines, alors que plusieurs pays surveillent encore les conséquences des récentes flambées d'Ebola en Afrique de l'Est et en Afrique centrale.
Le directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Europe, Hans Kluge, a toutefois voulu rassurer les voyageurs.
« Aucun des pays hôtes, ni la région européenne, ne compte actuellement de cas d'Ebola », a-t-il affirmé. « Il n'y a aucune raison de modifier vos projets. Voyagez normalement, restez informés et profitez du tournoi ».
L'OMS souligne que le risque demeure faible et rappelle que les mécanismes de surveillance mis en place permettent de limiter les risques de propagation internationale.
Le football est souvent présenté comme le miroir des rapports de force économiques et politiques contemporains. Les Nations Unies choisissent d'y voir autre chose.
À travers les parcours de réfugiés devenus capitaines de sélection, les programmes éducatifs financés par des clubs, les campagnes de santé publique ou la défense du droit des enfants à jouer, l'organisation tente de faire émerger un autre récit de la mondialisation.
Pendant un mois, la Coupe du monde produira son flot habituel de buts, de héros et de déceptions. Les Nations Unies tenteront d'utiliser cette attention mondiale pour rappeler qu'au-delà des trophées et des classements, le football demeure aussi un outil social, un espace de rencontre et, parfois, une promesse d'avenir.