10/20/2026 | Press release | Archived content
Depuis leur prise de pouvoir en août 2021, les Talibans imposent à la population afghane un régime de terreur, derépression systématiqueet deviolations massives des droits fondamentaux.
Les femmes et les filles sont exclues de l'éducation, de l'emploi, de la vie publique et de l'espace social. La Cour nationale du droit d'asile les a reconnues comme groupe social justifiant à lui seul leur protection. Monsieur le ministre des affaires étrangères, vous leur assuriez, lors de votre prise de fonction, que la France se tiendrait à leurs côtés. Un engagement diplomatique fort avec lequel la France se doit d'être en cohérence.
Les défenseurs et défenseuses des droits humains, les journalistes, les anciens agents publics, les opposants au régime, les personnes LGBTI+ ou encore les minorités ethniques et religieuses sont exposés à des risques graves de persécutions. Pour beaucoup d'entre eux et elles, la France représente un refuge et l'espoir de voir leurs droits et leur dignité protégés. Les données de l'Ofpra en témoignent. En 2025, l'Afghanistan demeure le premier pays d'origine des personnes ayant sollicité l'asile, et le troisième dans le classement des nationalités se voyant le plus octroyer une protection internationale.
Un retour dans ce contexte expose les personnes concernées à un risque très élevé de persécution et d'atteinte à leur intégrité physique et psychique. Un rapport de 2025 des Nations Unies et un autre de 2022 de l'Agence européenne de l'asile (EUAA) documentent des cas d'arrestations arbitraires, de détentions et de tortures visant les personnes retournées dans le pays, en particulier depuis des pays occidentaux.
Enfin, le simple fait d'ouvrir un canal de discussion avec les Talibans peut leur donner accès à des données personnelles qui pourraient mettre en danger les personnes présentes sur le territoire comme celles restées en Afghanistan. En Allemagne et en Norvège, la présence de représentants talibans au sein de représentations diplomatiques afghanes a fait redouter que les Talibans puissent identifier des opposants et les exposer à des représailles. La France doit prévenir tout risque de cette nature.