06/26/2026 | News release | Distributed by Public on 06/26/2026 13:32
« La Charte est née de la catastrophe - et du courage de bâtir un monde meilleur », a rappelé le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors d'une réunion informelle de l'Assemblée générale consacrée au thème « Plus forts, ensemble. Une Charte. Un avenir ».
Adoptée en 1945 au lendemain de deux guerres mondiales, la Charte portait un engagement fondateur : « sauver les générations futures du fléau de la guerre », réaffirmer les droits humains fondamentaux et promouvoir le progrès social. Mais dans un monde marqué par les conflits, les crises climatiques, les inégalités croissantes et les tensions géopolitiques, cet engagement est confronté à des défis sans précédent.
« Aujourd'hui, cette promesse est testée jusqu'au point de rupture », a averti António Guterres. Il a cité les guerres qui se prolongent, la famine utilisée comme arme, les civils pris pour cibles, les cessez-le-feu brisés et l'affaiblissement du respect du droit international.
Pour le chef de l'ONU, la réponse ne peut être un retrait derrière les frontières nationales. « Aucun pays ne peut gouverner l'intelligence artificielle seul, mettre fin à une pandémie seul, ou protéger sa population contre les chocs mondiaux seul », a-t-il insisté, rappelant que « dans un monde de dangers partagés, la coopération n'est pas de la naïveté ».
La Présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, a elle aussi défendu le rôle unique de l'Organisation. « Les Nations Unies sont un miracle de l'humanité », a-t-elle déclaré, soulignant que réunir aujourd'hui 193 États membres autour de principes communs, malgré leurs différences politiques, économiques et militaires, serait difficilement imaginable sans l'héritage de 1945.
Mais elle a reconnu que l'ONU devait évoluer. « Une organisation qui a grandi pendant huit décennies, avec des structures qui se chevauchent, plus de 40.000 mandats et 27.000 réunions par an, a besoin d'une réforme profonde pour être plus agile et plus efficace », a-t-elle dit, appelant à faire de l'initiative ONU80 un véritable outil de transformation.
Pour autant, elle a mis en garde contre ceux qui utilisent les faiblesses de l'Organisation pour remettre en cause son existence. Les Objectifs de développement durable, les droits humains et l'action humanitaire, a-t-elle rappelé, « sont les fondamentaux » de la Charte, et non des missions secondaires.
Le Secrétaire général a également appelé à renforcer les institutions multilatérales, notamment à travers une réforme du Conseil de sécurité et de l'architecture financière internationale. « La réforme doit renforcer l'Organisation des Nations Unies - pas l'affaiblir », a-t-il affirmé.
UN Photo/Manuel Elias Les États membres signent le préambule de la Charte des Nations Unies pour commémorer le 75e anniversaire (photo d'archives).Car malgré ses limites, l'ONU continue de produire des résultats concrets, ont insisté les deux dirigeants onusiens. Les Casques bleus protègent les civils, les convois humanitaires apportent une aide vitale aux populations affamées, les campagnes de vaccination sauvent des millions de vies et les médiateurs maintiennent ouverts des espaces de dialogue lorsque toutes les autres portes semblent fermées.
« Le multilatéralisme fonctionne chaque jour », a déclaré António Guterres, rappelant que ses succès sont souvent invisibles. Une guerre évitée grâce à la diplomatie préventive ou une famine empêchée ne font pas toujours les gros titres, mais constituent pourtant le cœur de la mission de l'ONU.
La voix de la jeunesse a également marqué la cérémonie. Mariam Solika, Jeune leader des Objectifs de développement durable de l'ONU et fondatrice de la plateforme numérique The Good News, a appelé à ne pas laisser la peur dominer le récit mondial.
« La seule force plus forte que la peur est l'espoir », a-t-elle déclaré, partageant des histoires de résilience de jeunes confrontés aux crises, notamment celle de Tala, une adolescente palestinienne qui transforme les débris de sa maison détruite en matériaux de reconstruction, ou celle de Nour, une avocate palestinienne qui a créé des espaces d'apprentissage pour des enfants déplacés.
« L'espoir est le courage. L'espoir est la survie », a-t-elle lancé.
Alors que la Charte entre dans sa neuvième décennie, le message porté à l'Assemblée générale est clair : le monde n'a pas besoin de moins de coopération, mais d'une coopération plus forte, fondée sur les principes qui ont guidé la création de l'ONU.
« La Charte est une promesse de continuer à essayer, surtout lorsque les vents contraires sont les plus forts », a conclu Annalena Baerbock.