01/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/23/2026 15:08
Sohrab Barkat, journaliste du média Siasat, est visé par trois procédures pénales successives en vertu de la loi pakistanaise sur la cybercriminalité (PECA) pour son travail de journalisme, et sa dernière audience de libération sous caution a été reportée à plusieurs reprises. Reporters sans frontières (RSF) dénonce l'acharnement judiciaire dont il est victime et demande l'abandon immédiat de ces charges fallacieuses.
"Sohrab Barkat est la cible de poursuites manifestement abusives, destinées à le faire taire. L'acharnement judiciaire contre lui est symptomatique d'une stratégie visant à intimider les journalistes par l'utilisation de la loi sur la cybercriminalité et l'accumulation de charges, avec des accusations manifestement infondées. RSF demande aux autorités pakistanaises la libération immédiate de Sohrab Barkat, l'abandon des plaintes fallacieuses contre lui.
Poursuivi depuis plus d'un an à son insu
Alors qu'il s'apprêtait à prendre son vol pour le Brésil le 26 novembre 2025, afin de couvrir événements organisés à l'issue de la COP 30, Sohrab Barkat, journaliste de 31 ans du site d'information Siasat.pk - dont l'accès a été bloqué dans le pays en 2023 - et animateur de sa chaîne YouTube, a été arrêté à l'aéroport d'Islamabad, capitale du pays, par l'Agence fédérale d'investigation (Federal Investigation Agency, FIA), puis transféré à l'Agence nationale d'investigation sur la cybercriminalité (National Cyber Crime Investigation Agency, NCCIA) à Lahore dans le nord-est du pays. Il faisait alors l'objet de deux plaintes, en vertu notamment de la loi pakistanaise sur la cybercriminalité - la Prevention of Electronic Crimes Act (PECA) - plaintes dont il n'avait jamais été informé, selon les informations de RSF.
Un premier rapport d'enquête (First information report ou FIR), daté du 26 août 2024, l'accuse de "discours de haine", de "diffamation" et de "cyberharcèlement" pour avoir critiqué des institutions de l'État. Un deuxième FIR, enregistré le 5 août 2025, vise une interview d'une activiste du PTI et l'accuse notamment de "cyberterrorisme", "diffamation" et diffusion de "fausses informations".
Alors que le journaliste se trouvait en détention provisoire, un troisième FIR a été déposé le 5 décembre par la NCCIA, pour "cyberterrorisme", "discours de haine" et "fausses informations"au titre de la loi PECA, cette fois pour des publications liées à sa couverture de manifestations au Cachemire et à la sélection de la militante des droits humains Mahrang Baloch comme candidate au prix Nobel de la paix 2025.
Si les demandes de libération sous caution ont été acceptées en décembre 2025 pour deux des affaires, les audiences relatives à sa demande de mise en liberté sous caution dans la troisième ont été systématiquement reportées, prolongeant de manière arbitraire sa privation de liberté. Le 22 décembre le juge s'est récusé, sans motif précis. Le 26 décembre, l'Agence fédérale d'enquête ne s'est pas présentée devant le tribunal. L'audience a été ajournée au 5 janvier 2026, puis finalement au 21 janvier 2026. Le 22 janvier, le juge n'a toujours pas rendu sa décision.
Le site Siasat.pka été bloqué par les autorités au Pakistan en septembre 2023, mais diffuse toujours dans le pays sur ses réseaux sociaux. Sous pression à la suite de la détention prolongée de Sohrab Barkat, le média a annoncé la fermeturede son bureau d'Islamabad.