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IndustriALL Global Union

05/20/2026 | News release | Distributed by Public on 05/21/2026 08:09

Botswana : une entreprise diamantaire bafoue les droits des travailleurs

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20 mai, 2026Le Syndicat des travailleurs du diamant du Botswana (BDWU) a annoncé l'ouverture officielle d'un litige chez Genesis HB Botswana, une entreprise spécialisée dans la taille et le polissage de diamants propriété exclusive de HP Antwerp, acteur belge du domaine des technologies associées au secteur du diamant. Le gouvernement du Botswana, qui s'efforce d'accroître la participation du pays dans sa propre industrie diamantaire, détient des parts dans HP Antwerp.

Le syndicat, affilié à IndustriALL, affirme que la direction impose des suppressions d'emplois tout en refusant de négocier honnêtement avec les syndicats. Les négociations se sont soldées par un échec à la mi-mars. Le syndicat négocie désormais à reculons, estimant que les règles ne sont pas respectées, mais il entend bien ne pas renoncer et ne laissera pas ses membres sans protection.

Manque de transparence de la direction

Au cœur de ce différend, une requête pourtant simple : montrez-nous les chiffres. Le syndicat affirme que la direction a refusé de communiquer les comptes audités, les registres de paie, les détails relatifs à la structure de l'entreprise et les procès-verbaux du conseil d'administration. Sans ces informations, les travailleuses et travailleurs ne peuvent pas évaluer si les suppressions d'emplois sont réellement nécessaires ou s'il existe des alternatives. L'article 25 de la loi sur les syndicats et les organisations patronales (Trade Unions and Employers Organizations Act) oblige la direction à communiquer ces informations. Genesis HB s'en garde, rendant toute négociation sérieuse impossible.

Les dirigeants syndicaux sont-ils pris pour cible ?

Sept travailleurs sont menacés de licenciement. Quatre d'entre eux siègent au comité syndical. Pour le syndicat, ce n'est pas une coïncidence. Cibler des représentants syndicaux dans le but d'affaiblir la voix collective des travailleurs constitue une pratique antisyndicale, qui plus est illégale. Le BDWU a fait savoir à la direction qu'il ne laisserait pas passer cela.

Une crise qui s'envenime

Les suppressions d'emplois surviennent au pire moment possible. L'industrie diamantaire du Botswana génère près de 80 % des recettes d'exportation du pays et finance un tiers des dépenses publiques de même que les écoles, les hôpitaux et les services publics dont dépendent plusieurs millions de personnes. Le marché des diamants de laboratoire fait aujourd'hui peser de fortes pressions sur cette industrie : des pierres synthétiques dont la composition chimique est identique à celle des gemmes extraites, mais pour seulement une fraction du coût de celles-ci. On estime qu'en quelques années à peine, ils ont conquis 15 à 20 % du marché mondial de la joaillerie, portant un coup dur à la demande de diamants naturels.

Même De Beers, l'une des entreprises les plus puissantes du commerce du diamant et le partenaire industriel le plus important du Botswana, a enregistré une forte baisse de ses ventes de diamants bruts en 2023 et a elle-même commencé à commercialiser des pierres synthétiques. C'est là un signe clair que les problèmes rencontrés par ce secteur sont profonds et durables, et pas juste temporaires. Dans ce contexte, chaque emploi de la chaîne de valeur du diamant compte. Le BDWU estime que la direction devrait collaborer avec les travailleuses et travailleurs à la recherche de solutions, et non les licencier.

Que réclame le syndicat ?

Le syndicat appelle Genesis HB à mettre fin dès à présent au processus de licenciement et à rencontrer les travailleurs en vue d'élaborer une politique de licenciement équitable, recherchant véritablement des alternatives aux suppressions d'emplois. Si la direction refuse, le syndicat portera le litige devant la Commissaire au travail et à la sécurité sociale ou cherchera à obtenir auprès du tribunal du travail une ordonnance d'urgence afin de suspendre le processus.

Les travailleurs ne se laisseront pas réduire au silence

« Genesis HB pense pouvoir réduire les travailleurs au silence en s'en prenant aux dirigeants syndicaux, mais le syndicat va riposter, »

a déclaré Dominic Mapoka, président du BDWU.

Paule-France Ndessomin, secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a replacé ce différend dans son contexte plus large.

« Dans les pays qui dépendent du diamant, on assiste déjà à une hémorragie d'emplois au profit des pierres synthétiques. Les entreprises qui réagissent en écrasant les syndicats ajoutent l'injustice au préjudice. Les licenciements doivent être gérés de manière transparente, de façon à protéger à la fois les syndicats et les emplois. »

IndustriALL Global Union published this content on May 20, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on May 21, 2026 at 14:09 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]