09/18/2026 | Press release | Archived content
Singapour , le 18 septembre 2026 - Des architectes, des designers, des ingénieurs, des universitaires et des membres de la communauté au sens large se sont réunis le 15 septembre au Musée des civilisations asiatiques à l'occasion de l'événement Au-delà des bâtiments : le Prix Aga Khan d'architecture , une soirée consacrée à la manière dont l'architecture peut renforcer les communautés, répondre au changement climatique et façonner les lieux où les gens vivent, travaillent et se sentent chez eux.
Organisé par le Prix Aga Khan d'architecture et Ismaili CIVIC Asie du Sud-Est , en partenariat avec le Musée des civilisations asiatiques, l'événement a réuni Farrokh Derakhshani , directeur du Prix Aga Khan d'architecture ; Wong Mun Summ, directeur fondateur de WOHA ; Sarah Ichioka , directrice fondatrice de Desire Lines ; le Dr Hossein Rezai , directeur mondial de la conception chez Ramboll et au Milan Research Lab ; ainsi que le professeur associé Gareth Doherty de l' Université nationale de Singapour .
La discussion a débuté par l'évocation de la vocation même du Prix Aga Khan d'architecture. Créé en 1977, ce Prix a été décrit non pas seulement comme une reconnaissance de constructions individuelles, mais aussi comme une forme d'infrastructure culturelle - qui invite les architectes, les maîtres d'ouvrage, les utsagers et les communautés à considérer l'architecture dans un contexte social, environnemental et culturel plus large.
Son cycle triennal permet d'examiner les projets une fois que les idées sont devenues des réalités concrètes. Des jurys indépendants composés d'experts examinent des centaines de candidatures avant que les projets présélectionnés ne fassent l'objet d'une évaluation approfondie sur place. Les examinateurs visitent les lieux, s'entretiennent avec les usagers et les contributeurs, examinent la construction et la qualité du travail artisanal, puis rendent compte de leurs conclusion à un jury multidisciplinaire.
« Le Prix n'a jamais porté uniquement sur bâtiment en lui-même », a déclaré Farrokh Derakhshani . « Nous examinons ce qui l'a précédé, ce qui se passe autour de lui et de ce qui en découle - le contexte social et culturel plus large dans lequel il s'inscrit. C'est pourquoi le processus est délibérément rigoureux et interdisciplinaire. »
Ce processus rassemble délibérément différentes formes d' expertise . Les architectes côtoient des ingénieurs, des spécialistes en sciences sociales, des universitaires, des artistes et des penseurs, qui abordent souvent un même projet sous des angles très différents . La valeur, ont fait remerquer les intervenants, ne réside pas dans l' élimination de ces différences, mais dans le fait de leur permettre d'affiner le jugement collectif.
Le pluralisme s' est imposé comme l'un des thèmes récurrents de la soirée. Plutôt que de considérer les divergeances d'opinion comme un simple mal nécessaire, la discussion a porté sur la manière dont les perspectives peuvent renforcer la compréhension - que ce soit au sein d'un jury de prix, d'une équipe de conception ou d'une communauté.
Pour Wong Mun Summ, l'influence du Prix s'est également étendue bien au-delà du moment de la remise. En revenant sur le Prix Aga Khan d'architecture décerné à WOHA en 2007, il a rappelé comment cette expérience a donné lieu à de nouvelles relations, des invitations et des opportunités professionnelles, notamment des liens à Dacca qui se sont maintenus pendant des années.
« Ce qui m'a marqué dans l'obtention de ce prix, ce n'est pas simplement la reconnaissance, mais les relations qui en ont découlé », a déclaré M. Wong. « Cela a ouvert la voie à des échanges, des amitiés et des opportunités dans des lieux que nous n'aurions peut-être jamais découverts autrement. C'est l'une des valeurs durables d'un prix comme celui-ci - il met en relation des personnes et des idées bien au-delà d'un seul projet. »
Le panel a également élargi la définition de l'architecture elle-même. Le paysage, les infrastructures, la conservation, l' emploi et les services sociaux ont été abordés non pas comme des préoccupations secondaires, mais comme faisant partie intégrante de l'impact plus large de l'environnement bâti.
Le maître de conférence Gareth Doherty a souligné l'importance de ce prix en tant que ressource pour les étudiants, notamment parce qu'il documente des projets menés dans des lieux qui, historiquement, se situaient en marge du canon architectural traditionnel.
« L'une des grandes forces du Prix réside dans le corpus de connaissances qu'il a réussi à créé autour de projets et de lieux qui se situaient souvent situés en marge du canon architectural conventionnel », a-t-il déclaré. « Pour les étudiants, ces exemples nous aident à réfléchir l'architecture à travers les personnes, la culture, le paysage et l'expérience vécue - et non pas simplement au travers de bâtiments en tant qu'objets. »
De la même manière, l'adaptation au changement climatique a été présentée comme allant au-delà d'une simple question technique. Les intervenants ont évoqué des projets utilisant des matériaux locaux, la construction modulaire, la végétalisation, l' ombrage et des aménagements paysagers pour répondre aux pressions environnementales tout en soutenant les moyens de subsistance et la résilience des communautés.
La conversation a également remis en question les mesures conventionnelles du retour sur investissement, en suggérant que la santé, le bien-être, la valeur sociale et la résilience climatique devraient faire partie intégrante de l'évaluation du développement.
« Lorsque nous parlons de conception adaptée au climat, nous devons regarder au-delà des rendements financiers initiaux d'un bâtiment », a déclaré Sarah Ichioka . « Le véritable retour sur investissement inclut également la santé, la capacité de résilience, l'équité sociale, les moyens de subsistance et la qualité de vie que nous créons au fil du temps. Si nous commençons à accorder de la valeur à ces résultats, nous prendrons des décisions très différentes concernant les lieux que nous construisons. »
Le Dr Hossein Rezai a apporté le point de vue de l'ingénierie à la discussion, soulignant à la fois la valeur de la collaboration interdisciplinaire et les opportunités - ainsi que les responsabilités - engendrées par les technologies émergentes.
L'intelligence artificielle, a fait remarquer le panel, modifie déjà la façon dont les architectes et les ingénieurs analysent les options et élaborent des solutions. Mais si les tâches techniques de routine peuvent être de plus en plus automatisées, la responsabilité humaine, l'interprétation, la vérification et le jugement éthique demeurent essentiels.
« L'IA va sans aucun doute changer la façon dont les architectes et les ingénieurs travaillent, tout comme l'ont fait avant elles les calculatrices et les ordinateurs », a déclaré M. Rezai. « Ce qu'elle ne supprime pas, c'est la responsabilité. Nous aurons toujours besoin du jugement humain pour poser les bonnes questions, interpréter les réponses, les vérifier et comprendre les conséquences des choix que nous faisons. »
Pour Zain Fancy, président du Conseil ismaili pour l'Asie du Sud-Est , cette rencontre reflétait un intérêt commun pour la relation entre l'environnement bâti et la qualité de vie des communautés.
« Ce qui est ressorti tout au long de la soirée, c'est l'idée que les lieux que nous créons doivent, en fin de compte, être au service des personnes et renforcer les communautés », a-t-il déclaré. « Cela correspond tout à fait à l'esprit d' Ismaili CIVIC - rassembler les gens, travailler au-delà des différences et se demander comment chacun de nous peut contribuer à des communautés plus inclusives, résilientes et solidaires. »
La soirée n'a proposé aucun modèle unique à reproduire pour Singapour. Au contraire, les intervenants ont souligné l'importance de comprendre le contexte : en se demandant comment des idées développées ailleurs pourraient éclairer les enjeux locaux liés à la densité, au climat, à l'espace public, au patrimoine et à la communauté, sans se contenter de copier des solutions.
La discussion est revenue à plusieurs reprises sur une idée simple - à savoir que l'architecture ne se résume pas, en fin de compte, à des bâtiments, elle va bien au-delà . Il s'agit de relations, de moyens de subsistance, de souvenirs et de possibilités qui se développent autour d'eux.
Alors que le Prix Aga Khan d'architecture s'apprête à fêter son 50e anniversaire en 2027, la soirée a également été l'occasion de se tourner vers l'avenir. Plutôt que de considérer cette étape uniquement comme une rétrospective, les intervenants ont réfléchi à la manière dont le prix pourrait continuer à offrir un espace de dialogue, d' optimisme et de nouvelles façons d'imaginer les lieux dont les générations futures hériteront.
Photographies à l'usage des médias : Photos AKAA sept. 2026
Pour plus d'informations, veuillez contacter :
Akbar Makani
Ismaili CIVIC
+65 9007 7843
[email protected]
NOTES
Le Prix Aga Khan d'architecture est un programme du Fonds Aga Khan pour la culture (AKTC), qui mène un large éventail d'activités visant à préserver et à promouvoir le patrimoine matériel et spirituel des sociétés musulmanes. L'AKTC fait partie du Réseau Aga Khan de développement (AKDN), un groupe d'agences de développement privées œuvrant pour l'autonomisation des communautés et des individus, souvent en situation de précarité, afin d'améliorer leurs conditions de vie et leurs perspectives d'avenir, en particulier en Asie du Sud et centrale, en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient.
Ismaili CIVIC est une initiative mondiale de la communauté ismailie. Les membres des communautés ismailies du monde entier s'unissent autour d'une mission visant à servir l'humanité en rendant service pour améliorer la qualité de vie des communautés dans lesquelles ils vivent, reflétant ainsi l'éthique ismailie d'engagement civique et de bonne citoyenneté.