08/12/2026 | Press release | Archived content
Bonjour ou bonsoir,
La semaine dernière, je me suis rendu en République démocratique du Congo, où j'ai eu l'honneur de rencontrer Son Excellence le Président Félix Tshisekedi, ainsi que d'autres dirigeants et partenaires.
Ensemble, nous avons évalué la riposte à l'épidémie de maladie d'Ebola dans le nord-est du pays et les mesures à prendre pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés.
J'apprécie vivement le leadership du Président, qui s'engage à tout faire pour maîtriser cette épidémie.
C'est déjà la deuxième plus grande épidémie de maladie d'Ebola jamais enregistrée, et elle progresse plus rapidement que les épidémies précédentes.
Si la tendance actuelle se poursuit, elle sera plus importante que l'épidémie qui a sévi en Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016.
Officiellement, 4449 cas confirmés ont été signalés, dont 2061 mortels, dans cinq provinces et 53 zones de santé.
L'épidémie a pris une longueur d'avance considérable et nous tentons de rattraper notre retard.
C'est dans la province de l'Ituri, où l'on constate une transmission durable dans les villes de Bunia, Rwampara, Nizi et Lita, que surviennent 90 % des cas et 80 % des décès.
Le plus préoccupant, c'est qu'on constate une forte proportion de décès dans les communautés plutôt que dans les unités de traitement, en dehors des listes de contacts connues.
Cela nous indique qu'il existe des chaînes de transmission dont nous ignorons l'existence. Nous ne pourrons pas enrayer l'épidémie tant que nous ne connaîtrons pas toutes les chaînes et que nous ne les aurons pas brisées.
Dans la plupart des cas, la transmission se produit lorsque les personnes atteintes en sont à un stade avancé de la maladie et ne suivent pas de traitement, ou lors de la manipulation de leur corps après leur décès.
Des soins cliniques précoces et des enterrements dignes et sécurisés sont donc essentiels pour interrompre la transmission.
Les soins, comme les enterrements, dépendent de la confiance des communautés concernées, qui doivent donc absolument être mobilisées et prendre en main la situation. Il n'y a pas d'autre solution.
Donc, sous la direction du Gouvernement, nous intensifions désormais chaque élément de la riposte, avec pour objectif principal d'interrompre la transmission.
La surveillance est un enjeu opérationnel prioritaire.
Avec nos partenaires, nous cartographions et regroupons les ressources pour renforcer la surveillance communautaire, prendre en charge chaque cas suspect et parvenir à trouver 95 % des contacts afin d'interrompre la transmission - aujourd'hui, nous en sommes à environ 80 %.
Nous triplons également les capacités de traitement, en vue d'atteindre 3000 lits d'ici à 12 semaines.
Nous devons également recruter et former trois agents de santé pour chaque patient, ce qui représente des milliers de personnes supplémentaires par rapport aux effectifs actuels.
Malgré les nombreuses difficultés, nous avons réalisé des progrès significatifs.
Plus de 21 000 agents de santé communautaires ont été formés.
Dans les provinces touchées, il y a des centres de traitement, des équipes chargées des enterrements sécurisés, des laboratoires et des communautés mobilisées, ce qui permet d'atteindre des centaines de milliers de personnes,
et 886 patients se sont rétablis, même sans traitements spécifiques ni vaccins, dont les essais se poursuivent.
Pour la première fois, des essais d'innocuité de phase 1 chez l'être humain ont débuté pour deux vaccins spécifiques contre le virus Bundibugyo.
En outre, deux nouvelles études du vaccin contre le virus Ebola Zaïre - l'espèce la plus courante - chez l'animal donnent des indices prometteurs de protection croisée.
L'OMS a donc recommandé d'inclure ce vaccin dans un essai de phase 3, que nous espérons commencer dès que possible.
Nous ne savons pas si ce vaccin est efficace contre la maladie à virus Bundibugyo chez l'être humain.
L'essai de phase 3 est la meilleure façon de garantir la disponibilité d'un vaccin sûr et efficace dès que possible pour cette flambée et les flambées futures.
Nous appelons tous les partenaires à soutenir et à accélérer cet essai.
Parallèlement, nous avançons rapidement pour produire des données concernant les traitements.
Cent patients participent désormais à l'essai PARTNERS, parrainé par l'OMS.
Cet essai montre que, malgré la complexité de la flambée, il est possible de mobiliser les chercheurs rapidement et de façon responsable.
Aucun de ces travaux n'est réalisé uniquement par l'OMS, par le Gouvernement ou par le CDC-Afrique. Nous collaborons tous, et je tiens à remercier en particulier les États-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni.
Le plus dur sera maintenant de mettre en œuvre ces interventions à l'échelle et à la vitesse voulues pour aller plus vite que la flambée - et cela dépend du financement.
Sur les 518 millions de dollars des États-Unis (USD) nécessaires pour financer le Plan de préparation et de riposte pour le continent africain, 264 millions USD, soit un peu plus de la moitié, ont été déboursés.
Nous avons besoin d'un financement rapide, durable et à fort impact.
Et nous devons aussi avoir accès en toute sécurité aux zones touchées pour mener la riposte efficacement et sans danger, car, comme vous le savez, l'est de la RDC est en proie à des conflits armés.
Je tiens tout particulièrement à remercier les professionnels de santé qui se mettent en danger chaque jour pour sauver des vies et enrayer l'épidémie.
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Cette semaine, le Gouvernement des États-Unis d'Amérique a annoncé un changement important dans sa politique de vaccination des enfants.
Tous les parents veulent protéger leurs enfants, et les vaccins sont parmi les outils les plus efficaces pour y parvenir.
L'OMS s'inquiète du fait que les modifications apportées à la politique de vaccination aux États-Unis d'Amérique ne soient pas conformes aux meilleures données scientifiques.
Les données produites pendant des décennies ont montré à quel moment les enfants sont les plus vulnérables aux maladies, quand les vaccins offrent la meilleure protection, combien de doses sont nécessaires et quels vaccins peuvent être administrés en même temps en toute sécurité.
Ces éléments factuels sont examinés en continu à mesure que de nouvelles données apparaissent dans le monde entier.
Et les données actuelles sont sans équivoque : les vaccins - y compris le vaccin ROR - sont sûrs et ne causent pas l'autisme.
Retarder la vaccination ou séparer inutilement les doses n'améliore pas l'innocuité et peut priver les enfants de protection.
La politique vaccinale devrait reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non sur une influence politique.
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Enfin, nous célébrons aujourd'hui la Journée internationale de la jeunesse.
Les jeunes sont en général les membres de la société en meilleure santé, mais ils sont particulièrement exposés à des risques, notamment les troubles mentaux, la solitude, la violence et les accidents de la route.
Il est essentiel de répondre à leurs besoins afin de parvenir à la santé pour toutes et tous.
Depuis neuf ans, l'OMS déploie des efforts concertés pour tenir compte des opinions et des idées des jeunes dans ses activités et de sa transformation.
Nous savons que les jeunes tirent profit de nos activités et qu'ils constituent des partenaires indispensables pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de santé.
C'est pourquoi nous avons créé, en 2023, le Conseil des jeunes de l'OMS, un réseau pour conseiller l'OMS et s'assurer que leurs opinions sont non seulement entendues, mais aussi jouent un rôle essentiel pour influer sur les politiques et l'action.
Grâce à ce Conseil, l'OMS souhaite trouver avec les jeunes des solutions qu'ils dirigent, qu'ils orientent et qu'ils adaptent à leurs besoins de santé spécifiques.
Nous nous engageons à développer des capacités, y compris des programmes de mentorat pour des jeunes issus de régions et de milieux divers, surtout dans les zones défavorisées.
Tarik, c'est à vous.