04/15/2026 | News release | Distributed by Public on 04/14/2026 23:05
À Bordeaux, le café-cantine associatif Le Petit Parc est un terrain d'expériences pour les personnes cérébro-lésées du Centre d'accueil de jour (CAJ) voisin. Elles tissent des liens, racontent leurs trajets de vie, retrouvent confiance et une place dans la ville, grâce au projet artistique porté par Paul Peinture et soutenu par le dispositif L'un est l'autre du département de la Gironde, avec l'ARS et la DRAC.
Un chocolat chaud mousseux, une ardoise qu'on remplit à la craie, des gestes répétés, précis. Au Petit Parc, ce matin-là, rien n'est tout à fait ordinaire. Autour du comptoir, trois bénévoles du CAJ reprennent pied dans un quotidien bouleversé. L'artiste Paul Peinture et Cyril Berthet, son acolyte, enregistrent des sons, des fragments de vie, et racontent autrement les trajectoires. Ici, chaque geste compte, chaque échange aussi. En soutenant ces projets croisés entre culture et médico-social, le Département porte une inclusivité qui passe par l'expérience sensible et le dépassement d'une approche purement sanitaire.
Kate malaxe une pâte d'haricots rouges sous l'œil du chef, Katia prépare un chocolat chaud, Kevin écrit le menu du jour.
« Je sers à quelque chose, » confie-t-il.
Au Petit Parc, café-cantine ancré dans le quartier du Grand Parc, ces temps de bénévolat ne sont pas anodins. Ils permettent à des personnes traumatisées crâniennes ou cérébro-lésées, accueillies au CAJ de l'AFTC Gironde, de retrouver une utilité sociale, hors du cadre médico-social.
« On crée des souvenirs par l'émotion, » explique Estelle Durupt, accompagnante éducative et sociale au CAJ. « La mémoire est souvent fragile, alors on tricote des situations où chacun peut éprouver plaisir, utilité et lien. Ici, on n'est pas défini par son handicap : on est serveur, commis, collègue. »
Une manière de reprendre sa place dans le mouvement du monde et d'être pleinement citoyen.
Pour Pauline Berlioz, directrice du lieu, ce partenariat est une évidence :
« Le Petit Parc est un lieu de mélange, une rébellion joyeuse contre les espaces excluants. »
Entre habitants, cuisine solidaire et bénévoles, les différences se rencontrent et se conjuguent pour faire ensemble.
Le projet s'attache aux trajets visibles et invisibles : du domicile au CAJ, mais aussi de leur vie d'avant à celle d'aujourd'hui, marquée par la rupture, puis la reconstruction. Certains viennent de loin, en train ou en tram, preuve d'une autonomie reconquise.
« Je suis capable, » sourit Kate venue de Langon.
Une victoire discrète mais immense.
« Ce n'est pas le résultat qui compte, mais le trajet ensemble, » insiste Paul Peinture. « Créer, c'est d'abord rencontrer, écouter, faire émerger ce qui relie. »
Au travers d'illustrations sonores et récits, il capte des fragments de parcours, parfois jusque dans les déplacements du quotidien. Dans le voyage, se nichent les histoires.
Le projet interroge notre regard : qu'est-ce qui nous rassemble dans et au-delà du handicap ?
« On laisse des traces pour être perçus autrement, » souligne Estelle Durupt.
Une exposition, prévue du 16 au 31 octobre 2026 à l'Hôtel Ragueneau à Bordeaux, mêlera sons, images et trajectoires. Une invitation à entrer, toutes et tous, par la même porte.