03/07/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/07/2026 13:06
Violence et harcèlement au travail
À l'occasion de la JIF 2026, l'Organisation internationale du Travail met en lumière le parcours inspirant de Marie-Thérèse Tapé, syndicaliste engagée contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail et mobilisée pour des lieux de travail sûrs pour les femmes en Côte d'Ivoire.
7 mars 2026
ABIDJAN (OIT Infos) - En Côte d'Ivoire, la lutte contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail trouve des visages engagés. Celui de Marie-Thérèse Tapé, travailleuse du secteur formel et syndicaliste déterminée, en est un exemple marquant.
Depuis plusieurs années, elle consacre son énergie à défendre les droits des travailleuses et des travailleurs, avec une attention particulière portée aux femmes, souvent les premières exposées aux violences et au harcèlement dans leur environnement professionnel.
Dans le pays, ces violences touchent aussi bien les secteurs formel et informel que les milieux public et privé. Pourtant, de nombreuses victimes restent silencieuses. Le manque d'information sur les droits, l'insuffisance de mécanismes juridiques, la difficulté d'apporter des preuves ou encore la méconnaissance des lois expliquent en grande partie cette situation.
Face à cette réalité, Marie-Thérèse Tapé a fait le choix de l'engagement. Pour elle, briser le silence est une étape essentielle pour construire un monde du travail plus sûr et plus digne.
« Le silence protège les violences. Informer, organiser et mobiliser les travailleuses est essentiel pour que chaque femme puisse exercer son travail dans la dignité et la sécurité », souligne-t-elle.
Le silence protège les violences. Informer, organiser et mobiliser les travailleuses est essentiel pour que chaque femme puisse exercer son travail dans la dignité et la sécurité
Marie thérèse Tapé
Se former pour mieux défendre les droits
Son engagement s'est renforcé grâce à l'accompagnement technique de l'Organisation internationale du Travail, notamment à travers le Bureau pour les activités des travailleurs (ACTRAV). Ces formations lui ont permis de renforcer ses compétences en plaidoyer, en leadership syndical féminin, en protection sociale, en économie sociale et solidaire, ainsi qu'en sécurité et santé au travail, aujourd'hui reconnue comme un droit fondamental.
Elle s'est également approprié les principes de la Convention 190 de l'OIT, un instrument international majeur visant à garantir un monde du travail exempt de violence et de harcèlement.
Forte de ces connaissances, Marie-Thérèse Tapé occupe aujourd'hui plusieurs responsabilités syndicales importantes. Elle est notamment présidente du Comité intersyndical pour la ratification de la Convention 190 en Côte d'Ivoire (CIRC190-CI), secrétaire générale du Comité intersyndical des jeunes (CIJ-CI) et membre du Bureau exécutif de l'Intersyndicale Sécurité et Santé au Travail (IsSST-CI).
Sensibiliser, mobiliser et faire évoluer les pratiques
Aux côtés de ses collègues syndicalistes, elle mène des actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer pour mieux protéger les travailleurs et travailleuses.
Ces initiatives contribuent progressivement à renforcer la prise de conscience sur plusieurs enjeux majeurs : la protection des femmes contre toutes les formes de violences, l'autonomisation des travailleuses, la nécessité d'un engagement syndical uni et la responsabilité des employeurs d'améliorer les conditions de travail.
Même si la Côte d'Ivoire n'a pas encore ratifié la Convention 190 de l'OIT, des progrès sont observés. De nouveaux mécanismes de lutte contre les violences basées sur le genre émergent, tandis que certaines entreprises intègrent davantage la santé et la sécurité au travail dans leurs politiques internes.
Dans un contexte où les violences faites aux femmes continuent de préoccuper les sociétés, y compris les féminicides, Marie-Thérèse Tapé lance un message clair : les femmes doivent occuper pleinement leur place dans le mouvement syndical.
« Un monde du travail sans violence ne se décrète pas : il se construit par l'action collective, le dialogue social et l'engagement des femmes dans le mouvement syndical », affirme-t-elle.
Pour elle, l'engagement collectif reste la clé. Car lorsque les femmes font entendre leur voix, elles contribuent à transformer durablement le monde du travail - pour qu'il devienne plus sûr, plus juste et plus digne pour toutes et tous.