06/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/27/2026 18:20
Washington, DC: Le Conseil d'administration du Fonds Monétaire International (FMI) a conclu la troisième revue de l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que la deuxième revue de l'accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC), tous deux approuvés le 15 janvier 2025 (voir PR 25/003). La conclusion de la troisième revue du programme appuyé par la FEC a permis un décaissement équivalent à 190,4 millions de DTS (environ 258,2 millions de dollars américains), portant le total des décaissements à ce jour à 761,3 millions de DTS (environ 1 032,4 millions de dollars américains). La conclusion de la deuxième revue du programme appuyé par la FRD a permis un décaissement de 66,6 millions de DTS (environ 90,3 millions de dollars américains).
La situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC demeure volatile malgré les accords de Washington de décembre 2025, avec la poursuite des combats et des violations récurrentes des engagements de cessez-le-feu. La situation humanitaire reste critique, marquée par une insécurité alimentaire et des déplacements en masse des populations. L'accroissement des risques mondiaux, politiques et sanitaires - dont les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient, les tensions politiques internes croissantes et l'épidémie d'Ebola en cours - accentue les incertitudes et pourrait davantage entraver la mise en œuvre des politiques économiques.
L'activité économique est demeurée résiliente en 2025 et les perspectives sont favorables, portées par la solidité du secteur extractif et un regain de dynamisme du secteur non extractif. La récente émission d'un eurobond devrait soutenir des investissements prioritaires dans les infrastructures publiques à fort impact économique. Le secteur extérieur s'est renforcé en 2025 et devrait continuer de s'améliorer, soutenu par la robustesse des exportations minières, avec un rétrécissement du déficit du compte courant et une accumulation continue des réserves de change. L'inflation a fortement reculé à la suite de l'appréciation du franc congolais en octobre 2025, s'établissant à 2,5 % en glissement annuel à fin avril 2026. Les effets de la guerre au Moyen-Orient et de l'épidémie d'Ebola pèsent sur le budget, déjà sous pression en raison du conflit persistant dans la partie est de la RDC. Néanmoins, les perspectives de la dette publique demeurent stables.
Les résultats dans le cadre du programme appuyé par la FEC ont été globalement satisfaisants, malgré les pressions budgétaires liées à la détérioration de la situation sécuritaire. Tous les critères de performance (CP) à fin décembre 2025 ont été atteints, à l'exception du solde budgétaire intérieur et du CP continu relatif à la non-introduction ou à la non-modification de pratiques de taux de change multiples. Le premier n'a pas été atteint en raison de dépenses de sécurité plus élevées que prévu au dernier trimestre de l'année, et le second en raison de la modification par la Banque centrale du Congo (BCC) de la marge de change applicable aux opérations de change entre la BCC et le Trésor. Les autorités ont pris des mesures correctives pour remédier aux critères de performance non atteints. L'agenda de réformes structurelles progresse bien, la plupart des repères structurels ayant été atteints. Au titre de la FRD, la méthodologie d'évaluation climatique des investissements publics a été finalisée avant le délai imparti, tandis que les amendements au Code forestier ont été retardés en raison de facteurs hors de contrôle des autorités.
À la conclusion des discussions du Conseil d'administration, M. Okamura, Directeur général adjoint et président par intérim, a déclaré :
« L'activité économique en RDC demeure résiliente, soutenue par la solide performance du secteur minier. L'inflation est restée faible au début de 2026, et la position extérieure a continué de se renforcer, reflétant en grande partie des termes de l'échange favorables. Les perspectives à court terme demeurent favorables, mais sujettes à des risques importants, notamment la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, l'épidémie d'Ebola en cours, l'accroissement de l'incertitude politique et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
« Les perspectives budgétaires pour 2026 sont globalement gérables. La bonne performance dans la collecte des recettes, reflétant les cours favorables des matières premières et les mesures de politique économique, compense en grande partie les pressions persistantes sur les dépenses liées à la sécurité. Toutefois, le déficit budgétaire intérieur devrait s'élargir temporairement, reflétant l'effet de la guerre au Moyen-Orient et l'accommodation des investissements supplémentaires financés par les ressources de l'Eurobond. À moyen terme, le maintien de la discipline budgétaire, la poursuite des réformes destinées à moderniser la gestion des finances publiques et les efforts visant à renforcer la mobilisation des recettes intérieures contribueront à dégager des marges pour les investissements à fort impact économique et les dépenses sociales prioritaires.
« La BCC a maintenu une prudence monétaire appropriée. Compte tenu des incertitudes importantes entourant les perspectives, une pause dans tout assouplissement supplémentaire s'avère nécessaire, et la BCC devrait se tenir prête à resserrer la politique monétaire si nécessaire. La poursuite des efforts visant à accumuler des réserves internationales, tout en préservant le rôle du taux de change en tant qu'amortisseur des chocs, demeure essentielle pour renforcer la résilience extérieure.
« La mise en œuvre du programme de réformes au titre de la FRD progresse bien, avec une mesure de réforme achevée plutôt que prévu tandis qu'une a été retardée. La poursuite des réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence, à renforcer les cadres de lutte contre la corruption et de LBC/FT-y compris les progrès en vue d'une sortie de la liste grise du GAFI-et à améliorer le l'environnement des affaires, demeure essentielle pour soutenir le développement du secteur privé et promouvoir une croissance diversifiée et inclusive.
« Les consultations de 2026 au titre de l'article IV ont souligné l'importance de consolider les acquis durement acquis en matière de stabilité macroéconomique, grâce à une combinaison de politiques plus équilibrée à moyen terme. Cela implique un assainissement budgétaire graduel mais soutenu, une orientation prudente de la politique monétaire, la poursuite de l'accumulation de marges de manœuvre extérieures, ainsi que des réformes structurelles visant à favoriser la diversification des exportations et à assainir l'environnement des affaires. »