06/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/27/2026 19:08
Débuter dans le monde professionnel est une phase charnière, porteuse d'attentes fortes. Après de longues études, le premier emploi est synonyme d'autonomie et d'entrée dans la vie adulte. Mais ces aspirations se heurtent souvent à une réalité plus complexe. Pression à la performance, injonctions à la réussite et difficulté à concilier vie personnelle et travail viennent désenchanter les plus jeunes actifs.
Ainsi, selon une étude Ipsos publiée en janvier 2025, 70 % des 20-21 ans estiment que le monde du travail est plus stressant qu'épanouissant. Une enquête de l'Institut Montaigne, de la Mutualité française et de l'Institut Terram publiée en septembre 2025 montre que 75 % des 15-29 ans se disent stressés par leur travail.
Pour beaucoup, ce stress est renforcé par la précarité des débuts de carrière. Contrats courts, intérim, alternance ou temps partiels subis compliquent la construction de projets à long terme. Même lorsqu'ils bénéficient d'une certaine stabilité professionnelle, beaucoup de jeunes actifs ont le sentiment qu' ils doivent constamment démontrer leur valeur. Certains ont l'impression qu'ils doivent tout accepter et prouver continuellement leur utilité.
Les transformations récentes du travail ne sont pas étrangères à la dégradation de la santé psychique des jeunes salariés. Messageries instantanées, notifications et visioconférences entretiennent un sentiment de disponibilité permanente. S'il offre davantage de souplesse, le télétravail peut aussi favoriser l'isolement professionnel. Le développement de l'intelligence artificielle peut également susciter des inquiétudes sur l'avenir de certains métiers.
Un certain niveau de stress est normal lorsqu'on débute un premier emploi. On souhaite alors donner le meilleur de soi-même afin de décrocher un CDI après une période d'essai. Le problème apparaît lorsque le stress devient chronique. Les premiers signes sont souvent :
Des symptômes physiques comme des maux de tête, des douleurs musculaires ou des troubles digestifs peuvent également apparaître. Un recours accru au café, au tabac ou à l'alcool pour « tenir » constitue aussi un signal d'alerte.
La souffrance au travail peut prendre différentes formes chez tous les salariés. Toutefois les jeunes sont de plus en plus susceptibles de souffrir de burn-out en raison des pressions liées à la réussite professionnelle et aux attentes élevées de leur entourage.
Le burn-out se manifeste par une fatigue permanente, un détachement émotionnel, une perte d'efficacité, des oublis, ou encore la sensation de fonctionner en pilote automatique. Il ne fait pas partie des maladies prises en charge au titre des affections professionnelles.
D'autres peuvent vivre un conflit de valeurs en raison de tâches perçues comme absurdes ou d'un décalage entre les discours de l'entreprise et la réalité du terrain. Harcèlement moral, manque de reconnaissance, conflits répétés ou sentiment d'être constamment jugé peuvent également fragiliser durablement l'estime de soi. Le bore-out n'est pas reconnu médicalement ou juridiquement.
Dans une culture professionnelle qui valorise la performance, reconnaître sa souffrance peut rimer avec un aveu de faiblesse. Mais prendre soin de sa santé mentale n'est pas un signe de faiblesse, c'est une condition essentielle pour construire sa vie professionnelle. La première étape consiste pourtant à reconnaître ce que l'on ressent et à ne pas rester isolé. Par peur de décevoir ou de perdre leur emploi, beaucoup de jeunes n'osent pas poser leurs limites. Apprendre à dire non et clarifier les attentes est indispensable, même si cela n'est pas toujours simple.
Parler de sa charge de travail à un collègue ou à un manager bienveillant peut permettre de prendre du recul. Au quotidien, prendre de vraies pauses, hiérarchiser les priorités et demander de l'aide sont autant de stratégies pour préserver sa santé mentale. Il est également primordial de conserver des activités extérieures au travail et des temps de récupération.
Lorsque la souffrance s'installe, le médecin du travail, soumis au secret médical, peut conseiller et proposer des aménagements de poste. Le médecin généraliste peut également évaluer la situation et orienter vers un psychologue ou un psychiatre si nécessaire. Les représentants du personnel ou les services de santé au travail peuvent aussi apporter un accompagnement adapté. Le site Psycom propose des informations fiables sur la santé mentale au travail, les risques psychosociaux et les dispositifs d'aide. En cas de détresse psychique importante ou d'idées suicidaires, le 3114 est accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.