UNOG - United Nations Office at Geneva

04/21/2026 | News release | Distributed by Public on 04/22/2026 00:36

Colombie : l’ONU appelle à un coup d’accélérateur sur la réforme rurale

La réforme rurale est fondamentale pour consolider une paix et une sécurité durables en Colombie, a affirmé, mardi, l'envoyé de l'ONU dans ce pays lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

Cette réforme vise à étendre la présence de l'État, à remédier aux inégalités qui ont alimenté le conflit et à ouvrir des perspectives économiques viables, a expliqué Miroslav Jenča, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie et Chef de la Mission de vérification des Nations Unies dans ce pays, dans un exposé devant les quinze membres du Conseil.

Signé en novembre 2016, l'accord de paix en Colombie a mis fin à plus de 50 ans de conflit armé entre le gouvernement et la guérilla des FARC-EP. Ce processus a permis le désarmement de quelque 13.000 combattants mais sa mise en œuvre reste complexe, marquée par des défis de sécurité et la persistance de violences dans certaines régions.

Photo de l'ONU / Loey Felipe
Miroslav Jenča, Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

Communautés marginalisées

Selon l'envoyé de l'ONU, « les efforts visant à élargir l'accès à la terre, dans le cadre de la réforme rurale intégrale, suscitent l'espoir au sein de régions et de communautés marginalisées qui ont cruellement souffert durant le conflit armé ».

Notant que des efforts soutenus demeureront nécessaires pour atteindre les objectifs définis par la réforme rurale, il a salué l'étape importante franchie avec la promulgation, en mars dernier, d'une loi statutaire régissant le fonctionnement de la juridiction agraire.

« J'ai bon espoir que cette institution majeure, chargée de trancher les litiges fonciers, deviendra bientôt pleinement opérationnelle grâce à l'adoption, actuellement en cours au Congrès, de textes législatifs complémentaires », a dit M. Jenča.

Photo de l'ONU / Loey Felipe
Olga Lucía Quintero Sierra, coordinatrice générale de l'Association paysanne du Catatumbo, s'adresse au Conseil de sécurité lors d'une réunion sur la situation en Colombie.

Les attentes des communautés rurales

Une représentante de la société civile a également pris la parole devant le Conseil de sécurité. « Le pays mérite d'avancer vers une coexistence fondée sur le respect, la diversité, le dialogue et la réconciliation », a affirmé Olga Lucia Quintero Sierra, Coordinatrice générale de l'association paysanne de Catatumbo.

Elle a réclamé l'application pleine et urgente de l'Accord de paix final qui, « pour ceux d'entre nous qui vivent dans la campagne colombienne », représente une véritable opportunité de transformation.

Elle a lancé « un appel ferme et respectueux » à la Mission de vérification des Nations Unies pour qu'elle poursuive la vérification de l'Accord de paix final de manière globale.

Elle a demandé au nouveau Congrès de Colombie qu'il règlemente la juridiction agraire comme instrument fondamental pour traiter les conflits fonciers et garantisse la justice dans la campagne colombienne. Elle a aussi demandé au prochain gouvernement colombien qu'il fasse de la mise en œuvre globale de l'Accord de paix final une priorité nationale.

La Colombie peut représenter un modèle de consolidation de la paix avec une participation active et significative des communautés, en particulier des victimes et des femmes, a promis Mme Quintero.

Lors de leurs interventions, les Etats membres du Conseil de sécurité ont souligné les risques liés à la violence politique, au narcotrafic et aux déplacements internes. Plusieurs délégations ont alerté sur la protection des civils, des candidats et des signataires de l'accord de paix, ainsi que sur les inégalités structurelles affectant les zones rurales.

Les États-Unis ont insisté sur la lutte contre les groupes armés et la cocaïne, tandis que la France et le Panama ont appelé à la vigilance électorale. Le Libéria, la République démocratique du Congo et la Somalie ont mis en avant les impacts humanitaires et l'exclusion.

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