RSF - Reporters sans frontières

07/17/2026 | Press release | Archived content

Les États-Unis imposent des restrictions drastiques en matière de visas aux journalistes étrangers, entravant la couverture internationale de l’actualité américaine

Le 16 juillet, le gouvernement américain a annoncé qu'il réduirait considérablement la durée des visas accordés aux journalistes étrangers, la limitant pour la plupart à huit mois au lieu de permettre des séjours pouvant aller jusqu'à cinq ans. Bien que les journalistes puissent présenter une nouvelle demande pour une période supplémentaire de 240 jours, cette nouvelle politique instaure un cycle administratif de renouvellement fastidieux. Les journalistes chinois sont soumis à des restrictions encore plus strictes, leur visa étant limité à 90 jours. Reporters sans frontières (RSF) met en garde contre le fait que ces changements rendront plus difficile le travail de reportage indépendant des correspondants internationaux aux États-Unis et les exposeront à une pression politique accrue.

"Ce changement prive les journalistes étrangers de la possibilité de couvrir l'actualité depuis les États-Unis et rend extrêmement difficile, voire impossible, le travail des médias internationaux sur le territoire américain. Cela impose des contraintes personnelles, juridiques et financières inutiles aux journalistes et à leurs médias, et cela constitue une nouvelle sanction contre la presse de la part de l'administration Trump et du ministère de la Sécurité intérieure, qui n'a de comptes à rendre à personne. Le cycle incessant des renouvellements de visas restreint la liberté de la presse, car les journalistes se sentiront contraints d'éviter de s'attirer les foudres de l'administration, de peur que leurs demandes ne soient rejetées. Les États-Unis ont toujours été les champions de la liberté d'expression et de la presse, mais cette politique viole directement ces valeurs. Les États-Unis sont le lieu où les journalistes devraient pouvoir couvrir l'actualité sans subir de censure gouvernementale ni de pression politique. Le Congrès doit agir pour garantir que les journalistes étrangers puissent travailler librement et, par là même, faire des reportages aux États-Unis qui touchent leur public dans leur pays d'origine.

Ben Grazda
Responsable du plaidoyer du bureau Amérique du Nord de RSF

Une nouvelle politique ouvre la voie aux abus politiques

Les correspondants internationaux rendent compte de l'actualité politique aux États-Unis pour des millions de personnes à travers le monde. Leur travail ne doit pas dépendre des décisions arbitraires d'une quelconque autorité. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a déjà refusé à plusieurs reprises l'entrée sur le territoire américain à des personnes en raison de leurs propos, et il pourrait désormais utiliser le nouveau système de visas pour sanctionner de manière sélective les reportages critiques.

Le gouvernement avait proposé ces règles plus strictes en août 2025. Le DHS justifie sa décision en affirmant que les titulaires de visa doivent faire l'objet d'une vérification plus approfondie. RSF avait appelé le DHS à abandonner cette proposition l'année dernière, affirmant qu'elle imposerait une charge excessive aux journalistes et créerait un système présentant un fort risque d'abus de la part du gouvernement. RSF avait également pris la tête d'un groupe comprenant 17 autres organisations de défense de la liberté de la presse pour demander au DHS de renoncer aux modifications proposées et avait soumis des observations publiques sur ces restrictions.

Cette politique en matière de visas s'inscrit dans une série de mesures prises par l'administration Trump visant à contrôler la couverture médiatique et à accroître encore la pression sur les médias qui lui déplaisent. La semaine dernière encore, le ministère de la Justice a adressé des citations à comparaître à plusieurs journalistes du New York Times, les obligeant à témoigner devant un grand jury au sujet de leurs articles sur les problèmes de sécurité liés à l'avion Air Force One offert par le Qatar. Le journal a riposté en demandant l'annulation de ces citations à comparaître. L'avocat de la rédaction, David McCraw, les a qualifiées d'"abusives et irrecevables".

Publié le 17.07.2026
RSF - Reporters sans frontières published this content on July 17, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on July 21, 2026 at 14:27 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]