03/11/2026 | News release | Distributed by Public on 03/12/2026 00:06
La résolution, présentée par Bahreïn au nom des six pays du Golfe persique et de la Jordanie, a été adoptée par 13 voix pour et deux abstentions, celles de la Russie et de la Chine. Au total, 135 États membres des Nations Unies ont soutenu l'initiative.
Le texte condamne « avec la plus grande fermeté » les attaques de missiles et de drones menées par l'Iran contre ces États et exige qu'elles cessent immédiatement, tout en dénonçant les menaces que fait peser Téhéran sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, artère essentielle du commerce mondial par laquelle transite un quart du pétrole mondial acheminé par voie maritime.
Ce vote intervient alors que le conflit, initialement centré sur l'Iran, s'est rapidement étendu à l'ensemble de la région.
Le 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé une campagne de frappes contre des installations militaires, nucléaires et balistiques iraniennes, visant notamment des sites liés au programme stratégique du pays.
La riposte iranienne a transformé la confrontation en crise régionale. En représailles, Téhéran a tiré missiles et drones contre des bases américaines et des installations situées au Bahreïn, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Oman, au Qatar et en Jordanie, considérant que les infrastructures militaires américaines présentes sur leur territoire pouvaient être des cibles légitimes.
Depuis lors, interceptions de missiles, frappes sur des installations civiles et perturbations du trafic maritime ont fait craindre une extension incontrôlée de la guerre, tandis que les Nations Unies alertent sur le risque d'un conflit régional aux conséquences potentiellement graves pour les civils et la stabilité régionale.
Pour les États du Golfe, directement visés par les frappes iraniennes, le texte adopté mercredi vise avant tout à envoyer un signal politique.
« L'adoption de cette résolution aujourd'hui envoie un message clair », a déclaré le représentant du Bahreïn devant le Conseil. « Les attaques de missiles et de drones perpétrées par la République islamique d'Iran constituent des violations flagrantes de la Charte des Nations Unies et du droit international ».
Le diplomate bahreïni a insisté sur l'enjeu mondial du conflit : « Protéger la sécurité de la région n'est pas seulement une question régionale, c'est une responsabilité de la communauté internationale […] étroitement liée à la stabilité de l'économie mondiale et à la sécurité énergétique ».
Pour Washington, le vote du Conseil marque un isolement croissant de Téhéran. « Aujourd'hui, 135 pays sont à vos côtés », a déclaré le représentant des États-Unis devant le Conseil. « Nous condamnons à l'unisson les attaques aveugles de l'Iran contre des civils ».
La France a notamment soutenu sans ambiguïté la résolution. « Le Moyen-Orient, une fois encore, est plongé dans la guerre », a déclaré son ambassadeur français au Conseil. « Cette guerre porteuse de risques graves pour la sécurité régionale doit cesser au plus vite ».
Paris a directement mis en cause la République islamique. « Dans cette escalade et l'extension de cette guerre, l'Iran a pris une responsabilité majeure », a-t-il insisté..
Le diplomate français a également accusé Téhéran de porter « une grave atteinte à la liberté de circulation maritime » en perturbant le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part essentielle du pétrole mondial.
La Russie, grande alliée historique de Téhéran, et la Chine ont choisi de s'abstenir, tout en estimant que la résolution passait sous silence l'événement déclencheur du conflit : les frappes israélo-américaines contre l'Iran.
« Parler des attaques contre les pays de la région sans évoquer les causes initiales de cette escalade - l'agression des États-Unis et d'Israël contre la République islamique d'Iran - est impossible », s'est impatienté l'ambassadeur russe.
Moscou a ensuite présenté son propre projet de résolution, appelant « toutes les parties » à une cessation immédiate des hostilités et à une reprise des négociations, sans désigner de responsables.
Mais ce texte n'a pas convaincu. Rejeté par le Conseil, il n'a recueilli que quatre voix favorables, contre deux oppositions - celles des États-Unis et de la Lettonie - et neuf abstentions.
L'Iran a lui aussi vivement dénoncé l'adoption de la résolution. Son représentant, Amir Saeid Iravani, a qualifié le texte de « biaisé et politisé », accusant les États qui l'ont soutenu de suivre les « directives » de Washington. « L'objectif du texte est d'inverser les rôles entre l'agresseur et la victime », a-t-il déclaré.
Selon le diplomate iranien, la racine du conflit remonte aux frappes israélo-américaines du 28 février contre la République islamique. « C'est une attaque non justifiée », a-t-il affirmé, accusant Washington et Tel-Aviv d'avoir commis des « crimes de guerre » et défendant le droit de son pays à la légitime défense. « Nous ne ciblons que des cibles militaires », a-t-il assuré, rejetant également les accusations selon lesquelles Téhéran chercherait à fermer le détroit d'Ormuz.
Au-delà du vote, l'épisode révèle la dynamique diplomatique à l'œuvre autour de la guerre en Iran.
La riposte iranienne contre plus d'une douzaine de pays du Moyen-Orient - dont plusieurs États qui n'étaient pas directement impliqués dans les frappes initiales - a suscité une réaction inhabituelle au sein de la communauté internationale : une large coalition d'États prêts à condamner Téhéran.
Mais les divisions entre grandes puissances demeurent intactes.
Pour Washington et ses alliés européens, le vote de mercredi constitue une mise en garde adressée à l'Iran face à l'extension du conflit.
Pour Moscou et Pékin, il s'agit au contraire d'une lecture sélective d'une guerre déclenchée par l'intervention militaire israélo-américaine.
Entre ces deux narratifs, une certitude s'impose. En moins de deux semaines, la guerre contre l'Iran s'est transformée en crise régionale majeure - et le Conseil de sécurité tente désormais d'en contenir les conséquences diplomatiques.