05/08/2026 | News release | Distributed by Public on 05/09/2026 00:40
Le PAM prévient que près de six millions de personnes - soit environ un Somalien sur trois - sont désormais confrontées à une faim aiguë, dont deux millions se trouvent déjà à un niveau d'insécurité alimentaire d'urgence, à un pas seulement de la famine. Environ 1,9 million d'enfants souffrent de malnutrition aiguë.
Selon l'agence onusienne, la crise est exacerbée par des chocs économiques mondiaux liés à l'instabilité dans le détroit d'Ormuz et ses environs, ainsi qu'à la crise plus large qui touche le Moyen-Orient.
Les prix des denrées alimentaires ont grimpé de près de 70 % dans certaines régions de Somalie, tandis que ceux du carburant ont bondi de 150 %, faisant augmenter le coût du transport de l'aide et des biens de première nécessité.
Les voies d'approvisionnement ont également été perturbées, rendant les opérations humanitaires de plus en plus difficiles, alors même que des sécheresses à répétition, les conflits et les déplacements de population continuent de ravager les communautés à travers le pays.
M. Hollingworth a cité l'exemple de conteneurs d'aliments thérapeutiques destinés à la Somalie, dont l'arrivée a été retardée de 40 jours « en raison de l'impact sur le transport maritime mondial ».
Ce haut responsable - s'adressant aux journalistes à Genève - a décrit les conditions de vie critiques qui sévissent dans toute la Somalie, et plus particulièrement au Puntland, où l'assèchement des sources d'eau, l'effondrement des moyens de subsistance et l'échec successif des saisons des pluies contraignent les familles à fuir, dans une quête désespérée de nourriture et d'eau.
« La Somalie a désormais subi plusieurs saisons des pluies déficitaires - trois consécutives - ce qui a dévasté les récoltes, décimé le bétail, érode les moyens de subsistance et touche des millions de personnes », a-t-il déclaré.
Il a évoqué ses rencontres avec des familles qui avaient tout laissé derrière elles après avoir perdu leurs animaux, leurs exploitations agricoles et leurs sources de revenus, devenues incapables d'assurer leur subsistance.
La veille, à Mogadiscio, il a rencontré une famille nouvellement déplacée, arrivée dans la capitale après avoir fui le sud du pays : l'une des milliers de familles cherchant désormais de l'aide dans des zones urbaines surpeuplées.
Même les récentes précipitations n'ont apporté que peu de soulagement aux communautés qui ont déjà épuisé toutes leurs capacités de résilience, a-t-il averti.
Le PAM indique que les agences humanitaires sont désormais contraintes de faire des « choix impossibles » en raison de graves pénuries de financement.
L'agence a alerté sur le fait qu'elle ne parvient actuellement à venir en aide qu'à une personne sur dix ayant besoin d'assistance alimentaire ; une chute spectaculaire par rapport à l'année précédente, où plus de deux millions de personnes bénéficiaient d'une aide.
Au cours de sa visite au Puntland, M. Hollingworth s'est rendu dans un centre de santé où des mères avaient marché sur des centaines de kilomètres, accompagnées de leurs enfants souffrant de malnutrition, dans l'espoir d'obtenir des soins.
Une mère lui a raconté que son fils de trois ans n'avait bénéficié que de deux mois de soutien nutritionnel avant que l'aide ne soit interrompue, faute de ressources. « Elle est désormais contrainte de trouver par quel miracle elle parviendra à nourrir son enfant et d'autres enfants le mois prochain », a-t-il dit.
Dans cette même région, le nombre de centres de santé opérationnels est tombé de 12 l'année dernière à seulement trois aujourd'hui. Les programmes de nutrition préventive ont été totalement interrompus dans certaines structures, ne laissant place qu'aux soins d'urgence.
Le PAM a averti que, sans nouveaux financements urgents, ses opérations en Somalie pourraient cesser complètement d'ici le mois de juillet.
Les responsables humanitaires ont établi des parallèles saisissants avec l'année 2022, lorsque la Somalie était passée dangereusement près de la famine à la suite d'une sécheresse prolongée et de déplacements massifs de population.
À l'époque, une réponse humanitaire internationale de grande envergure avait permis d'éviter la catastrophe.
M. Hollingworth a souligné que le même dénouement restait possible aujourd'hui - mais uniquement si les gouvernements et les donateurs agissent sans délai.
« La famine est toujours évitable », a-t-il affirmé. « La prévention repose sur une action menée en temps opportun ».
Le PAM indique qu'il dispose déjà des systèmes et des infrastructures nécessaires pour intensifier rapidement son aide, notamment grâce à 1,7 million de personnes enregistrées biométriquement qui pourraient bénéficier immédiatement d'un soutien financier d'urgence.
Toutefois, les responsables ont mis en garde : sans une action internationale immédiate, la Somalie risque de sombrer dans une nouvelle catastrophe humanitaire dévastatrice.
« La faim progresse. Les mécanismes d'adaptation s'effondrent. Et la fenêtre d'opportunité commence à se refermer », a déclaré M. Hollingworth.