UNOG - United Nations Office at Geneva

05/08/2026 | News release | Distributed by Public on 05/09/2026 00:40

Au Liban, une trêve fragile sous les bombes

Le fragile cessez-le-feu au Liban n'a pas empêché la poursuite de frappes aériennes, de destructions et de déplacements, des villages du sud du pays étant devenus totalement méconnaissables après les frappes israéliennes, ont rapporté vendredi des agences humanitaires.

Selon les autorités libanaises, plus de 2 700 personnes ont été tuées depuis le 2 mars, dans un contexte d'affrontements entre des combattants du Hezbollah et l'armée israélienne. Le Hezbollah - une milice pro-iranienne - a commencé à tirer des roquettes vers le nord d'Israël après le début des bombardements américano-israéliens sur l'Iran, le 28 février.

Jeudi, l'ONU a indiqué qu'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit contre la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise, avait provoqué une nouvelle vague de déplacements parmi les civils.

Il s'agissait de la première attaque contre Beyrouth depuis l'annonce, le 17 avril, d'un cessez-le-feu entre le Liban et Israël.

« Il s'agit manifestement d'une évolution très alarmante », a déclaré, jeudi, le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, depuis New York. « Nous sommes également profondément préoccupés par les informations faisant état de civils tués lors de cette attaque, parmi lesquels figurent des enfants ».

© UNICEF Une ambulance endommagée à Tebnine, dans le sud du Liban.

Redonner espoir

Les femmes représentent 25 des plus de 380 personnes tuées au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu du 17 avril, ce qui souligne les dangers auxquels elles sont confrontées « alors qu'elles tentent de regagner leurs domiciles, confiantes dans la sécurité apparente offerte par le cessez-le-feu », a déclaré Moez Doraid, Directeur régional d'ONU Femmes pour les États arabes.

« La poursuite des frappes aériennes israéliennes, les ordres d'évacuation, les interdictions de retour dans certaines zones et les restrictions de mouvement signifient que la plupart des gens ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. On estime ainsi que plus d'un demi-million de femmes et de filles demeurent déplacées », a-t-il confié aux journalistes.

S'exprimant depuis Beyrouth par liaison vidéo, M. Doraid a exhorté la communauté internationale à « se tenir aux côtés de ces femmes et de ces filles, de ces hommes et de ces garçons, afin de redonner espoir ».

Contrairement aux guerres et conflits passés que le peuple libanais a endurés au cours des dernières décennies, « ce conflit actuel a érodé l'espoir chez beaucoup, alors que des foyers et des terres du sud du Liban ont été détruits », a insisté le responsable de l'ONU.

Il a raconté comment une femme avait été contrainte « de glaner des herbes sauvages pour nourrir sa famille », dans un contexte d'insécurité alimentaire croissante.

Ce témoignage inquiétant concorde avec les évaluations d'experts reconnus en matière d'insécurité alimentaire. Celles-ci étayent les estimations selon lesquelles 144.000 femmes et filles supplémentaires devraient être confrontées à une faim de niveau critique - voire pire - dans les mois à venir, portant le total à environ 639.000 personnes.

Des services de base fragilisés

Aujourd'hui au Liban, l'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins de santé, à l'éducation et aux services de base a été dangereusement perturbé. Quelque 1,2 million de personnes ont été déplacées, des communautés entières ayant été déracinées par des ordres d'évacuation israéliens couvrant une part du pays plus importante que jamais auparavant.

Alors que le cessez-le-feu est en vigueur mais qu'aucune paix n'est encore établie, des milliers de personnes rentrent chez elles dans des conditions difficiles, confrontées à d'importants dégâts matériels et aux risques liés aux munitions non explosées.

Depuis le début de ce conflit, le Programme alimentaire mondial (PAM) a négocié le passage de 19 convois vers le sud du Liban, apportant un soutien à 84.500 personnes. « Mais cela ne représente qu'une fraction des convois approuvés », a déclaré Matthew Hollingworth, Directeur exécutif adjoint chargé des opérations de programme au sein du PAM.

« En règle générale, moins de 50 % [des demandes de convois adressées à Israël] obtiennent une approbation. Nous souhaiterions donc pouvoir acheminer beaucoup plus de convois de ce type - impliquant plusieurs agences et des ONG - vers les zones difficiles d'accès... Nous devons tout simplement en faire beaucoup plus », a-t-il affirmé.

Depuis le 2 mars, ONU Femmes a apporté un soutien direct à plus de 15.000 femmes et filles, touchant indirectement plus de 70.000 personnes au sein de leurs communautés.

« Dans des conditions aussi dramatiques, j'ai également été témoin de l'incroyable résilience dont font preuve les femmes et les organisations de femmes dans leur réponse à la crise. Elles fournissent une aide humanitaire, soutiennent les moyens de subsistance et renforcent la cohésion sociale à travers tout le Liban », a souligné M. Doraid, d'ONU Femmes.

L'agence soutient plus de 500 femmes leaders « pour aider les communautés à traverser la crise, orienter les personnes vers les dispositifs d'aide, identifier les besoins urgents, apaiser les tensions et veiller à ce que la voix des femmes soit entendue dans les efforts locaux de réponse et de relèvement », a-t-il précisé.

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