UNOG - United Nations Office at Geneva

06/18/2026 | News release | Distributed by Public on 06/18/2026 11:23

Accord entre les États-Unis et l'Iran : les travaux techniques peuvent commencer, selon l'AIEA

Le chef de l'agence de surveillance nucléaire des Nations Unies a salué jeudi la signature du protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis, estimant que cela ouvrait désormais la voie à la mise en place des travaux techniques nécessaires à la mise en œuvre de cet accord.

« C'est une bonne chose que ce protocole d'accord ait été conclu. Le travail technique commence maintenant », a déclaré lors d'un point de presse à Genève, Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Selon les informations parues dans la presse, le protocole d'accord paraphé mercredi prévoit un délai maximal de 60 jours de négociations pour parvenir à un « accord final » sur des questions telles que l'enrichissement d'uranium par l'Iran, qui doit également réaffirmer qu'il n'a pas l'intention de développer une arme nucléaire.

Parmi les autres exigences énoncées dans le texte du protocole figurent la réouverture du détroit d'Ormuz à toute la navigation et un assouplissement des sanctions imposées par les États-Unis et le Conseil de sécurité de l'ONU à ce pays du Moyen-Orient. La « cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban » figure également sur le mémorandum de 14 points.

La reconnaissance du rôle clé de l'AIEA

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Genève, le chef de l'AIEA a affiché la volonté de son agence à « s'asseoir à la table des négociations » avec les deux parties afin de les aider à mettre en place des mesures concrètes, notamment la vérification du programme nucléaire iranien.

« Nous estimons que la reconnaissance du rôle indispensable de l'AIEA constitue un bon point de départ », a déclaré Rafael Mariano Grossi. « Il nous appartient désormais de nous asseoir avec nos collègues américains et iraniens pour commencer à définir les mesures concrètes qui devront être prises. Je pense donc que c'est une bonne chose que ce mémorandum existe. Le travail technique commence maintenant ».

Et ce « travail technique » consiste désormais à traduire les principes généraux des accords « en mesures concrètes à mettre en œuvre ». Il a souligné que l'ampleur du travail de l'AIEA serait déterminée par les dispositions finales de l'accord, et que les discussions techniques viseraient à préciser les principes généraux.

Négociations menées de bonne foi

« Donc les possibilités sont là (…). Vous avez vu que les textes mentionnent la possibilité d'un travail technique de l'abaissement de niveau d'enrichissement. Mais à partir de cela, il y a plusieurs, plusieurs possibilités qui s'ouvrent », a insisté M. Grossi, relevant « un moment d'énorme responsabilité » pour son organisation.

Le chef de l'agence onusienne chargée des inspections des installations nucléaires en Iran a refusé de spéculer sur d'éventuels blocages « car nous sommes sur le point de commencer et nous devons entamer toute négociation en partant du principe que nous sommes tous engagés de bonne foi et que nous voulons réussir ».

Mais le fait que les Etats-Unis et l'Iran précisent que cela se fera sous la supervision et le contrôle de l'AIEA est « très important ».

« Nous allons définir ce que nous devons voir et ce à quoi nous devons avoir accès », a détaillé M. Grossi, soulignant qu'il fallait désormais faire preuve de « prudence » et s'abstenir de tout commentaire anticipant les événements.

Une mission « très complexe »

Le chef de l'AIEA admet que pour ce vaste chantier demeure « une opération très complexe », et dans laquelle chaque « détail » comptera. « Nous devrons donc être très, très précis. Nous mettrons en place le dispositif technique nécessaire, ni plus, ni moins. Nous savons exactement ce qui est nécessaire et nous le ferons », a-t-il insisté.

Répondant à une question sur une éventuelle réduction convenue du niveau d'enrichissement de l'uranium par l'Iran, le chef de l'AIEA a noté que « de très nombreuses possibilités » pourraient être explorées.

« Il existe de nombreuses alternatives différentes… Le stock iranien actuel présente différents niveaux d'enrichissement et nous verrons ce qui sera convenu. »

Lors de ce face à face avec la presse internationale, le directeur général de l'AIEA a reconnu que l'accès de l'agence à l'ensemble des installations nucléaires iraniennes n'est « pas encore au niveau souhaité ni dans tous les sites où il devrait l'être ».

Mais les contacts avec les autorités de Téhéran se poursuivent et l'agence a « une assez bonne idée » des « éléments et lieux spécifiques » auxquels ses équipes devraient avoir accès. « C'est maintenant, je dirais, que le travail technique peut véritablement commencer. », a conclu M. Grossi.

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