01/16/2026 | Press release | Archived content
Q - On vous a entendu tout à l'heure répondre à nos questions sur l'Iran, c'est vrai que nous viennent, notamment de la frontière turco-iranienne, de nombreux témoignages d'Iraniens qui se sont échappés et qui, en fait, sont désespérés et ont le sentiment d'avoir été abandonnés. Alors on vous a entendu rappeler que la France n'était évidemment pas favorable à une intervention militaire américaine ni à un changement de régime de l'extérieur, mais qu'est-ce que, du coup, vous pouvez dire, qu'est-ce que la France peut dire à ces Iraniens et à ceux qui les soutiennent en France, qui considèrent que, oui, on les abandonne ?
R - La France se tient aux côtés des Iraniennes et des Iraniens, comme elle le fait depuis si longtemps et lors des précédentes répressions, la France n'a laissé aucune place à l'impunité, en prenant et en soutenant la prise de sanctions à l'encontre des auteurs de ces répressions et le travail engagé par la Commission européenne pour qu'aucune impunité ne puisse subsister après cette répression, la plus violente de l'histoire contemporaine de l'Iran, que les responsables puissent être ciblés par des sanctions européennes. Par ailleurs, nous sommes très à l'écoute de la société civile iranienne, de ses représentants, et avons exploré de nombreuses pistes pour leur apporter assistance.
Q - Est-ce que vous pouvez détailler ces pistes ? Qu'est-ce que ça pourrait être concrètement pour aider les Iraniens ?
R - Lorsqu'elles seront mûres, lorsque nous aurons des éléments qui seront mis entre les mains de la société civile, à ce moment-là, je pourrai évidemment les détailler.
Q - C'est dans un second temps, mais la répression, elle va sans doute continuer parce que les manifestations, on a le sentiment qu'elles sont en train de reprendre et donc il y a l'après, il y a les sanctions après, mais sur le moment, qu'est-ce que vous faites ?
R - Notre action, elle s'inscrit dans l'actualité et que ce soit sur la sécurité de nos compatriotes en Iran et de nos agents, que ce soit sur les mesures de lutte contre toute forme d'impunité, que ce soit le soutien à la société civile iranienne ou encore l'anticipation de tout scénario qui pourrait conduire à un embrasement régional, nous sommes pleinement mobilisés.
Q- Est-ce qu'on peut avoir des nouvelles des ressortissants français ? Est-ce que certains sont blessés ? Est-ce que vous avez connaissance de ressortissants qui auraient été blessés pendant les manifestations ?
R - Nous avons pris contact avec chacun du millier de ressortissants français qui sont inscrits sur le Registre de l'ambassade à Téhéran, nous avons réussi à joindre un grand nombre d'entre eux, nous déplorons une franco-iranienne blessée, qui est aujourd'hui prise en charge et dont nous suivons l'évolution de la situation. Nous allons continuer à veiller à la sécurité de nos agents et de nos ressortissants, quelle que soit l'évolution de la situation dans les prochains jours.
Q - Elle est blessée grièvement, vous n'avez pas de détails sur son état physique, la personne qui est blessée ?
R - Elle est aujourd'hui prise en charge et nous suivons attentivement sa situation en lien avec ses proches.
Q- On peut passer à la Serbie ?
Q - Peut-être encore un mot, donc, Cécile Kohler et Jacques Paris, aujourd'hui à l'ambassade, la situation, quoi qu'il advienne, y compris judiciairement en France, la situation ne va pas pouvoir se régler (inaudible) pour eux, eu égard aux conditions qui sont celles à Téhéran aujourd'hui ?
R- Je souhaite que leur retour en France puisse se faire sans délai, indépendamment de la situation. Cela fait bientôt quatre ans que nous exigeons leur libération immédiate et leur retour en France, et c'est en ce sens que nous avons adressé des messages très fermes aux autorités iraniennes ces derniers jours en plus des messages condamnant la violence d'État et appelant à ce qu'elle cesse immédiatement.
Q - Pour revenir à la Serbie, vous êtes ici à Belgrade, vous avez rencontré le président, le ministre des affaires étrangères, vous avez évoqué pendant la conférence de presse votre souhait que la Serbie adhère à l'Union européenne, mais avec toutes les précautions, les réformes qui s'imposent, etc. Vous avez rencontré également des personnes de la société civile. Est-ce que vous pouvez nous dire quelle est la température au sein de la population serbe vis-à-vis de cette adhésion ? Est-ce que vous avez échangé aussi avec votre homologue sur les droits de l'Homme ? On sait qu'il y a eu aussi, ici, en Serbie, des manifestations avec des arrestations. Il y a des procès en cours, notamment d'étudiants. Est-ce que ces questions-là, des droits de l'Homme, ont été précisément évoquées au cours de vos échanges ?
R - Effectivement, ma visite aujourd'hui, elle porte un double message, d'abord un message sur l'amitié et la relation étroite et singulière entre la France et la Serbie qui s'inscrit dans une histoire partagée et une fraternité d'armes et qui se construit aujourd'hui à partir de projets de coopération économique, dans les transports, l'environnement et le traitement des eaux, mais aussi les technologies et l'intelligence artificielle. Elle se construit aussi dans la relation entre les deux peuples et de ce point de vue-là, il était évidemment naturel et important que je puisse échanger avec les représentants de la société civile aujourd'hui, ici à Belgrade.
Et puis le deuxième message que je suis venu porter, c'est effectivement que dans le monde où nous vivions, où nous voyons s'installer la loi du plus fort, il nous faut nous défendre et c'est pourquoi il est essentiel que nous puissions construire une Europe indépendante, souveraine et forte pour pouvoir nous défendre. De ce point de vue-là, l'intégration progressive, puisque c'est un processus exigeant, des pays des Balkans occidentaux est une nécessité stratégique pour nous puisque soit nous exportons vers cette enclave au sein de l'Union européenne, la démocratie, la stabilité, l'état de droit, soit ce sont nos grands compétiteurs et nos adversaires qui prendront pied dans cette région pour venir porter atteinte à nos intérêts. C'est pourquoi depuis des années maintenant nous soutenons les efforts de la Serbie pour progressivement se rapprocher d'une adhésion à l'Union européenne.
Je le disais ce matin, c'est un chemin exigeant qui appelle de la part des pays concernés, la Serbie mais aussi les autres pays de cette région européenne, des efforts considérables pour modifier leur constitution, pour modifier leurs institutions de manière à se rapprocher de ce modèle européen qui est celui de la démocratie et de l'état de droit. Et ces échanges, aujourd'hui, ont été l'occasion, bien sûr, pour moi, de rappeler aux autorités serbes ce que sont les conditions qui ont été fixées par l'Union européenne et ses États membres pour que la Serbie puisse continuer sa progression vers l'Union européenne, et notamment des conditions qui tiennent au respect du pluralisme des médias, à leur indépendance, à l'indépendance de la justice, etc. Mais aussi de proposer aux autorités serbes, comme je l'ai fait d'ailleurs aux représentants de la société civile, notre soutien, notre aide pour que les uns puissent conduire les efforts de réforme leur permettant de progresser sur le chemin de l'Union européenne, et que la société civile puisse se sentir soutenue lorsqu'elle a un certain nombre de revendications à faire valoir.
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R- …dans cette région, que c'est en Serbie que se jouent un certain nombre de nos intérêts, de nos intérêts économiques - pour nos entreprises de défense, nos entreprises énergétiques et d'infrastructures -, mais aussi nos intérêts de sécurité. Je pense en particulier au narcotrafic qui fait l'objet d'une mobilisation au plus haut niveau du Gouvernement et que nous allons concrétiser dans cette région avec un projet, financé par le ministère des affaires étrangères, pour mettre en commun le renseignement et les informations recensées par les postes diplomatiques dans la région et par nos partenaires, pour pouvoir faire obstruction aux réseaux de criminalité organisée internationaux qui passent par les Balkans occidentaux pour atteindre l'Europe. S'ajoutera à cela des missions de conseil vis-à-vis des gouvernements de ces pays, pour qu'ils puissent à leur tour renforcer, sur le modèle de ce que nous avons fait en France, leur dispositif de lutte et de protection contre la criminalité organisée et le narcotrafic.