07/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/16/2026 10:28
Politique étrangère
Conférence de presse
Le : 16 juillet 2026
1 - Agenda du pôle ministériel
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot est depuis hier soir mercredi 15 juillet et jusqu'à ce soir à Rabat au Maroc aux côtés du Premier ministre et d'une dizaine de membres du gouvernement pour la 15e réunion de haut-niveau franco-marocaine. La dernière s'étant tenue à Paris en décembre 2019. Ce moment de dialogue politique revêt une importance toute particulière pour traiter tous les enjeux de notre partenariat avec le Maroc, permettant de valoriser de nouvelles priorités et ainsi alimenter l'agenda bilatéral des mois et années à venir, notamment en amont de la visite d'État prochaine du roi du Maroc en France. Le Premier ministre vient d'ailleurs de faire sa conférence de presse avec son homologue pour en présenter les conclusions.
À cette occasion, Jean-Noël Barrot, mais également Nicolas Forissier et Éléonore Caroit ont échangé avec leurs homologues marocains avant la réunion plénière et Jean-Noël Barrot est revenu sur la synthèse de cette feuille de route ambitieuse, impliquant la signature d'une vingtaine d'accords bilatéraux dans des secteurs prioritaires comme la coopération décentralisée, les transports et l'aménagement du territoire, ou encore l'enseignement de la langue arabe dans le réseau d'enseignement français.
Demain, vendredi 17 juillet, le ministre accompagnera le président de la République au Conseil des ministres franco-allemand, à Brühl, au château d'Augustusburg, près de Cologne en Allemagne après ce que l'on appelle le CFADS, le conseil franco-allemand de défense et de sécurité qui lui se sera tenu sur la base aérienne de Nörvenich.
M. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe sera également présent. Ce sera le 26e Conseil des ministres franco-allemand. C'est un temps fort de notre relation bilatérale pour notamment permettre de faire le point autour de la mise en œuvre de l'agenda de Toulon, tout en nous projetant sur les prochaines initiatives franco-allemandes.
Lundi 20 juillet, le ministre effectuera son premier déplacement en Islande, partenaire proche tant au sein de l'Espace économique européen que de l'OTAN. Sur place, aux côtés de son homologue Mme Thorgerdhur Katrin Gunnarsdottir, il posera les bases d'un partenariat franco-islandais renouvelé, dans un cadre européen robuste et toujours plus adapté aux transformations globales.
Il sera également question des coopérations de la France et de l'Islande sur l'Arctique, y compris sous l'angle de la sécurité et de la défense, et en matière d'enjeux globaux, notamment climatiques, comme de sécurité et de défense.
Le ministre délégué chargé de l'Europe, M. Benjamin Haddad, sera à Bordeaux lundi et mardi prochain dans le cadre d'un déplacement dédié au secteur spatial européen.
Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, M. Nicolas Forissier, rencontrera cette semaine les acteurs économiques français, notamment lors d'un déplacement dans le Bas-Rhin mercredi prochain.
La ministre déléguée à la Francophonie, aux partenariats internationaux et aux Français de l'étranger, Mme Éléonore Caroit, se rendra le mardi 21 juillet au Caire, en Égypte, pour approfondir la coopération franco-égyptienne dans les domaines de l'action humanitaire et de la santé.
2 - Propos liminaire
Déterminés à agir.
Ces quelques mots ont rythmé la séquence diplomatique qui s'est tenue à Paris ce lundi 13 juillet à l'occasion de la 16e réunion de la coalition des volontaires.
Une coalition qui continue de s'agrandir, avec l'arrivée récente de la Moldavie et de la Macédoine du Nord. On parle désormais de pays européens, et extra-européens, qui expriment un engagement déterminé : celui de converger vers un cessez-le-feu et une paix juste et durable en Ukraine.
Le président de la République, aux côtés du chancelier Merz, du premier ministre Starmer et du président Zelensky, a souhaité réunir la Coalition, à la veille du défilé du 14 juillet, pour marquer une dynamique bien perceptible : l'heure est à l'unité entre alliés.
Cette unité renforcée par les résultats très positifs du « moment Évian » salué par le président de la République lors du Sommet du G7.
Unité robuste incarnée par le soutien unanime des Européens à l'Ukraine lors du dernier Conseil européen.
Unité enfin confirmée à Ankara la semaine dernière, lors du Sommet de l'OTAN.
Les alliés partagent le même diagnostic : 1) le temps ne joue pas en faveur de la Russie ; 2) il est crucial d'imposer la fin des combats et de relancer les négociations.
Nous sommes donc déterminés à poursuivre, aussi longtemps qu'il le faudra, notre soutien à l'Ukraine tout en approfondissant notre travail autour des garanties de sécurité, qui seront autant de piliers au service d'une paix juste et durable.
C'est précisément le message que passent le président de la République et le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères : le travail conduit au sein de la coalition des volontaires, depuis plus de 2 ans, est opérationnel et concret. A cet égard, cette semaine, nous avons annoncé la tenue prochaine d'exercices dans les États voisins de l'Ukraine, afin de valider nos plans de déploiement. Une volonté affichée : démontrer que nous sommes prêts et crédibles, sur terre, dans les airs, et en mer.
La séquence de lundi illustre, notamment sur un plan militaire, ce que signifie, concrètement cette détermination.
Ici, au Quai d'Orsay, s'est tenue lundi la première coalition antibalistique réunissant 9 pays européens autour de l'Ukraine. Purement défensive, cette nouvelle coalition dessine les contours d'une coalition européenne industrielle antimissile. Sur le terrain, elle permettra de continuer à donner à l'Ukraine les capacités dont elle a besoin pour se défendre, tout en autorisant la production de capacités nouvelles sous licence. Après les intercepteurs américains, la France a autorisé des productions sous licence pour des produits français. Depuis Paris en début de semaine, nos efforts ont en effet permis de renforcer la défense antiaérienne de l'Ukraine, via l'acquisition, par Kyiv, d'une première série de batteries SAMP/T. Un projet d'acquisition de 16 Rafales a également été conclu (sur les 100 convenus en novembre 2025). Les premiers voleront dans le ciel ukrainien à l'horizon 2028-2029 et les formations débuteront dans les prochains mois avant la livraison de 4 premiers Rafale.
Déterminés à agir, donc, en continuant également à faire pression sur la Russie. J'ai l'occasion d'en parler régulièrement à ce pupitre : le levier des sanctions européennes est essentiel, et d'autant plus redoutable, quand il est activé en pleine concertation avec nos partenaires, notamment du G7. Nous n'avons aucun doute sur le fait qu'un 21e paquet sera très bientôt adopté par l'UE. Nous y travaillons. Je vous rappelle que lundi nous avons également dénoncé une vaste campagne cyber aux buts de sabotage, mais aussi d'espionnage conduite par la Russie dans une dizaine de pays européens dont la France, touchant certaines de nos infrastructures comme celles du ministère des armées. Comme le Ministre l'a annoncé, nous convoquons l'ambassade de Russie en France demain. Et nous avons pris, en Européens, des sanctions à l'encontre de neuf individus et de quatre entités responsables d'attaques cyber-malveillantes et liées au FSB, le Service de sécurité fédérale de la Russie.
3 - Questions/réponses
Q - Vous venez de parler d'espionnage et de cyberattaques, donc ça m'amène à ma première question. Il y avait ce matin une grande enquête de la part de Forbidden Stories. Bon, cela ne concerne pas directement d'abord la France, mais dans cette enquête, il est aussi mentionné que la France a envisagé d'acheter Pegasus. Donc si vous sanctionnez ceux qui utilisent ce genre de méthode, pourquoi la France a envisagé de le faire ?
Ensuite, sur le Liban, il y avait la déclaration du ministre des Affaires étrangères sur la volonté de la France de participer à une coalition internationale à soutenir l'armée libanaise. Est-ce que le gouvernement à Beyrouth a demandé ça ? Est-ce que les Américains ont demandé ça ? Et en relation avec ça, aussi, il y avait le rendez-vous entre les Israéliens et les Libanais à Rome avec ce projet pilote. Et notamment, il persiste toujours cette problématique, comment l'armée libanaise va entrer dans ces zones là où Tsahal va se retirer, avec l'idée qu'il faudra avoir aussi une force internationale qui va les accompagner. Or, les Américains, ils ont dit « pas de troupes sur le terrain ». Les Israéliens disent « pas ONU, pas FINUL, rien de ce genre ». Est-ce que la France a proposé ses services ?
Et une dernière question, si je peux. La visite du président en Syrie, il y avait cette annonce que la France va rendre à Damas 50 millions d'euros, l'argent de l'oncle de M. Bachar al-Assad. À qui exactement on va donner cet argent ?
R - Sur ce dernier point, c'est effectivement le cas. C'est en fait la mise en œuvre pour la première fois de la loi de 2021, vous savez, sur l'aide publique au développement. Il s'agissait en fait de fonds qui ont été gelés, qui appartenaient à Rifaat al-Assad, 51 millions d'euros exactement, et qui vont être ensuite déployés en termes d'aide publique au développement. Nous avons pris cette décision, nous l'avons formalisée, on a fait un accord avec les autorités syriennes lors du déplacement du président de la République. Comment et sur quels programmes ils vont être mis en place, c'est cela qui va être discuté désormais.
Ce qui est très important, c'est que cet argent revienne au peuple syrien et au développement du peuple syrien. C'est cela qui nous guide. Cet argent a été gelé au départ. C'est la mise en œuvre de cette loi de 2021. Ensuite, place au déploiement opérationnel de l'accord trouvé lors du déplacement du Président de la République.
Concernant votre question sur Pegasus. Le sujet a été sorti en 2021, si vous vous en rappelez, nous nous sommes exprimés à l'époque. Je n'ai pas plus de commentaires à faire, d'autant plus que désormais, il y a une enquête. C'est l'aspect judiciaire qui prime et ce sont les autorités judiciaires qui analyseront et traiteront cette affaire. Je n'ai pas de commentaires non plus sur ce qui est allégué vis-à-vis des autorités françaises là-dessus. Ce qu'ensuite, je veux redire, c'est la qualité des échanges qui ont eu lieu ce matin, ce midi, et qui continuent encore en début d'après-midi dans le cadre de la réunion de haut niveau avec le Maroc. Il y a eu une vingtaine d'accords qui ont été signés et présentés à ce moment-là. Il y a eu notamment un élément dont je voudrais vous faire part, que vous avez en tête, c'est le projet de signer un traité bilatéral entre la France et le Maroc, qui est un peu l'équivalent du traité d'Aix-la-Chapelle avec l'Allemagne, qui sont ces grands traités bilatéraux que le Gouvernement veut signer. Ce serait, auquel cas, la première fois que nous signons un tel traité avec une puissance hors de l'Union européenne. Cela montre la qualité et la proximité des liens entre la France et le Maroc. Plusieurs options qui ont été présentées, les négociations doivent désormais se dérouler.
Q - Donc la France ne peut pas dire « non, on n'a pas envisagé. » ?
R - Je veux dire, je n'ai pas de commentaires sur ces allégations.
Ensuite sur le Liban et la réunion qui se passe en ce moment à Rome. Notre objectif, c'est la souveraineté libanaise. Donc, nous ne faisons rien sans l'accord, évidemment, des autorités libanaises. Pourquoi c'est notre objectif ? Parce que c'est ce qui aussi, non seulement, garantira un État fort, mais aussi, à terme, la sécurité du nord de l'État d'Israël. Alors, nous espérons que ce nouveau cycle de discussions entre les Israéliens et la partie libanaise ouvert hier à Rome permette des avancées dans la mise en œuvre de l'accord du 26 juin dernier. L'enjeu est de permettre que cet exécutif libanais et l'armée libanaise avancent dans le sud du Liban et assurent cette souveraineté sur place.
Un deuxième objectif, c'est effectivement de formuler une offre de services française et européenne pour participer à la mise en œuvre de cet accord dans deux axes. Le premier, c'est la vérification de la mise en œuvre de l'accord avec à la fois le désarmement du Hezbollah par les forces armées libanaises et le retrait progressif des forces armées israéliennes, qui nécessitera un effort sur la durée, bien au-delà du départ de la FINUL qui est acté, comme vous le savez, au 31 décembre 2026. Il y a des discussions qui se tiennent aujourd'hui à l'ONU au niveau des membres du Conseil de sécurité des Nations unies. La France est prête à se mobiliser aux côtés du Liban, en appui des États-Unis, en appui de ses partenaires européens. Vous savez que l'on en a fait une des annonces en franco-italien lors du sommet d'Antibes il y a quelques semaines. Nous proposons donc de déployer, à l'invitation du Liban, une coalition internationale ad hoc pour appuyer cette armée libanaise. Le deuxième élément, c'est d'être prêts à mobiliser la communauté internationale au profit de la souveraineté du Liban et donc d'organiser à Paris dans les semaines à venir, cela demande du travail, c'est pour cela que je ne peux pas encore vous donner de date aujourd'hui, ça demande du travail avec nos partenaires de la région, nos partenaires européens et les partenaires internationaux pour avoir cette conférence en soutien aux forces armées libanaises et aux forces de sécurité intérieure.
Q - j'ai un petit follow-upà la question de ma consœur sur le Maroc. Est-ce que vous pouvez nous dire si les informations qui ont été révélées ce matin sont discutées ou ont été discutées au Maroc au cours de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu ou entre les ministres des Affaires étrangères ? Est-ce que vous avez également des informations sur la discussion potentielle du cas du journaliste franco-marocain qui a été récemment arrêté et dont on n'a pas pour l'instant, je crois, de précisions sur les circonstances exactes de son arrestation. Est-ce que vous pourriez fournir des éléments là-dessus également ?
Et un tout autre sujet, je voulais savoir si vous aviez des commentaires à faire sur les propos tenus par Marco Rubio dans une tribune du Wall Street Journal à propos de la Cour pénale internationale. Je voulais savoir ce que ça a inspiré côté français, les critiques très très fortes de Marco Rubio. Je crois que c'est tout pour le moment.
R - Sur le cas de M. Ali Lmrabet, nous avons pris connaissance lors de cette arrestation de son cas. Il était arrivé sur le territoire marocain le 13 juillet dernier en fin de journée à Tanger. Nous avons été informés de la décision du parquet marocain de le libérer, qui a été annoncée hier matin par le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de Casablanca. Nos services, ceux du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, suivent cette situation avec attention et sont en contact avec son épouse. La France rappelle son attachement à la liberté d'expression, à la liberté de la presse partout dans le monde.
Sur votre première question sur Pegasus, je ne vais pas donner davantage d'éléments. C'est une affaire dont l'essentiel a été dit en 2021. On s'est exprimé à l'époque. Les faits sont désormais sous une enquête judiciaire depuis 2022. C'est donc désormais dans ce cadreque se déroulent les discussions.
Concernant votre dernière question relative aux déclarations de Marco Rubio sur la Cour pénale internationale. Nous avons vu ces déclarations et le communiqué de presse du Département d'État. Cela ne change rien à la position de la France de soutien à la Cour pénale internationale, à sa résilience, à sa lutte contre l'impunité et contre les crimes les plus graves. Les attaques, les menaces contre les personnels, contre les élus, contre tous ceux qui concourent aux travaux de la Cour pénale internationale sont inacceptables. La CPI ne constitue pas une menace à la souveraineté des États : elle exerce sa juridiction sur des individus qui se rendent coupables des crimes les plus graves à travers le monde. On ne vise pas ici des États, mais des individus. Et c'était l'une des grandes avancées de la fin du XXe siècle, à laquelle la France avait pris part. .
Q - Trois sources viennent de déclarer à Reuters que les Iraniens auraient demandé au mouvement houthi au Yémen de se tenir prêt à bloquer la route pétrolière de la mer Rouge si les États-Unis venaient à frapper les infrastructures électriques iraniennes. Quelle est votre réaction à cette nouvelle menace sur l'approvisionnement énergétique mondial ?
R - Notre réaction, elle est toujours la même. Elle est que l'escalade doit cesser, que nous revenions dans le cadre du cessez-le-feu signé le 17 juin à Versailles. Il y a désormais 60 jours qui ont été ouverts, nous n'y sommes pas, 60 jours de négociations dans lesquelles les parties doivent pouvoir avancer à la fois sur l'ouverture du détroit d'Ormuz et sur les paramètres plus généraux, plus globaux des négociations sur le programme nucléaire iranien, sur son programme balistique et sur son programme de proxies. Il faut être aussi clairs sur la nature de la responsabilité initiale. Il y a à peu près moins d'une semaine, ce sont les Iraniens qui ont choisi de mener des frappes qui étaient à la fois à l'encontre du droit international, mais à l'encontre aussi du propre texte qu'ils avaient eux-mêmes signé. Et qui a ensuite entraîné un cycle escalatoire de représailles. Donc notre souhait, c'est que les différentes parties puissent revenir à cette négociation et à cette discussion. Nous avons fait, nous, des travaux avec cette mission multinationale depuis, en réalité, le 2 mars dernier, le sommet du 17 avril à l'Élysée, ramenant une trentaine d'États autour d'un consensus sur une capacité strictement défensive, à faire du déminage, à faire de la protection. Nous travaillons désormais de manière très opérationnelle, notamment avec le sultanat d'Oman, pour garantir que ses eaux territoriales et souveraines soient sûres pour la navigation, avec à la fois des capacités qui sont désormais sur place de déminage, de protection et de sécurité.
Enfin, tout accord qui sera conclu ou qui sera discuté entre l'Iran et les États-Unis devra prendre en compte nos intérêts de sécurité. Et c'est l'un des éléments que nous avons fait savoir très vite, parce qu'un des éléments, si un accord était trouvé, ce serait la levée des sanctions, que ce soit européennes ou onusiennes, et c'est notre accord qui sera sollicité à ce moment-là.
L'urgence à très court terme est de pouvoir à la fois non seulement faire redescendre cette escalade, rouvrir le cessez-le-feu et rouvrir le détroit. C'est ce à quoi, opérationnellement, nous nous employons à la fois dans nos prises de parole avec nos homologues, comme avec nos moyens sur place. Et nous avons, mais ça, vous le savez, c'est inutile quasiment de le rappeler, toujours condamné toute frappe contre infrastructures civiles qui étaient contraires au droit international.
S'agissant plus précisément de la chose, je vous ai parlé de notre force multinationale sur la partie dudétroit d'Ormuz, mais également sur la partie mer Rouge. Il y a déjà une force qui existe qui s'appelle Aspides, qui est une force européenne à laquelle la France, à travers plusieurs bâtiments, prend part depuis longtemps et qui a montré aussi tout son caractère opérationnel et effectif.
Q - Première question sur les pourparlers à Rome, est-ce que vous avez eu un retour des Libanais ou un rapport sur les garanties qu'ils ont eues pour un retrait dans les prochains jours de ce qu'on appelle les zones pilotes ? Parce qu'il y a eu une information pareille qui a circulé sans vraiment une source officielle dans les médias libanais. Je sais que vous n'êtes pas à Rome, mais vous parlez, vous discutez avec les Libanais.
Et ma deuxième question concerne le Conseil Affaires étrangères à Bruxelles. Donc cette semaine, il n'y a pas eu de majorité pour restreindre ou suspendre le commerce avec les colonies israéliennes. Il y a 11 États membres qui soutiennent l'option d'un vote via majorité qualifiée et c'est un chiffre qui ne change pas depuis des semaines, si on peut dire. Donc c'est difficile de voir une majorité émerger à ce stade, ce qui me pousse à poser cette question qu'on pose depuis très longtemps, allez-vous avancer au niveau national ? Et donc prendre des mesures comme l'a fait l'Espagne, comme l'a fait la Slovénie. Je sais que vous allez sortir l'argument de l'efficacité, que c'est plus efficace au niveau de l'Union européenne. Donc ma deuxième question est : ne pensez-vous pas que c'est aussi une question de principes à ce stade ? C'est une question de respect du droit international, d'être du côté de ceux qui le défendent par des actes. Et donc attendre que l'Union européenne ait une majorité, c'est vraiment laisser les choses faire et ce qui se passe, que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza, vraiment est incroyable. Ça ne s'arrête pas.
R - Alors, sur les conclusions, ce que disent ou pas les Libanais, c'est à eux de les rendre publiques s'ils le souhaitent. Je ne vais pas faire de commentaires. Effectivement, une des parties des discussions qui se tiennent, c'est l'application de l'accord du 26 juin et la mise en œuvre ou pas de ces zones sur lesquelles l'armée israélienne doit se retirer et les forces armées libanaises doivent prendre contact. Mais je ne vais pas donner plus de commentaires sur ce qu'on échange en bilatéral avec les autorités libanaises.
Sur le Conseil des Affaires étrangères à Bruxelles, il y a eu des avancées. Il y a eu des avancées déjà parce que, comme nous l'avions demandé dans le papier franco-suédois sur lequel vous nous aviez interrogé à juste titre, il y a eu des avancées. La Commission a proposé un papier aux différents États membres pour avancer sur ce sujet. Il n'y a effectivement pas eu de majorité qualifiée à ce moment-là, parce que c'était des débats.. Ce n'est pas un sujet de PSDC, c'est un sujet de nature commerciale qui peut se régler ou pas à la majorité qualifiée. Ça, c'est le premier élément. Deuxième élément, c'est que l'on a eu ce premier papier de la Commission qui a permis d'avoir des échanges et des travaux. C'est donc là-dessus que nous allons continuer à avoir des manières d'opérationnaliser ou pas cela. Et effectivement, vous le dites à ma place, mais vous le dites très bien, sur des sujets de nature commerciale et de nature d'importations, c'est au niveau européen que c'est plus efficace. Non seulement parce que la compétence est au niveau de l'Union européenne, mais aussi parce que la masse critique est au niveau des 27 États membres. Nous continuerons de nous mobiliser pour que cette majorité qualifiée d'États membres soutienne l'adoption de ces mesures conformément au régime de vote en vigueur.
Q - Vous pensez que vous allez aboutir à une majorité ? C'est ce que vous espérez ?
R - En tout cas, nous nous mobilisons en ce sens et notre position est claire pour arriver là-dessus. Pourquoi ? Parce que lon ne peut pas accepter que l'Europe, directement ou indirectement, vienne par son commerce soutenir des activités illégales qui compromettent par leur existence la possibilité d'une paix entre Israël et la Palestine et qui compromettent la solution à deux États à laquelle, vous savez, nous sommes extrêmement attachés.
Q - Vous disiez ça avant sur le ministre Ben-Gvir aussi et vous avez fini par prendre des mesures nationales. Donc, si jamais il n'y a pas de majorité…
R - Avec des si, on mettrait Paris en bouteille.
Q - Vous n'avez pas répondu, ce n'est pas une question de principes ?
R - Non, voici en l'espèce où est-ce que l'on en est. Nnous avons toujours privilégié des sujets de manière efficace et à impact. C'est vraiment ce qui nous guide. Et le travail, je vous l'ai dit, sur l'aspect commercial, il est essentiellement au niveau européen.
Q - La semaine dernière, les autorités turques, alliées de la France sur de nombreux dossiers politiques et économiques, ont interdit à un paquebot de croisière, vous savez, d'accoster dans leur pays un paquebot qui transportait notamment des passagers LGBT+. Les autorités turques ont justifié cette décision en invoquant, je les cite, des comportements qui ne correspondent pas à la structure de notre société et à nos valeurs morales. Cette décision intervient, vous le savez sans doute aussi, alors que des marches, vous savez, des prides, des marches de la fierté sont interdites depuis 2015, sont réprimées par la police de manière très violente et font l'objet de répressions, notamment associatives, etc. tandis que la France dit vouloir faire de la lutte contre la LGBT-phobie une de ses priorités sur le terrain diplomatique, ma question c'est celle-ci. La première question, c'est : est-ce que la France qualifie donc de discrimination anti-LGBT+ cette décision turque ? Est-ce que la France la condamne explicitement ? Est-ce qu'une démarche a été effectuée auprès d'Ankara ?
R - Nous suivons ces cas avec beaucoup d'attention. La liberté de manifester, la liberté d'expression individuelle ou à titre collectif constituent des pierres angulaires de l'état de droit et de la démocratie. Il importe que la Turquiese conforme auxengagements internationaux qu'elle a librement souscrits.
Q - Peut-être rappeler que M. Macron était à Ankara le 7, le 8 pour le sommet de l'OTAN, donc le lendemain, le surlendemain de cette action, de cette décision que vous soulignez être contraire aux conventions européennes des droits de l'Homme signées par la Turquie depuis 1954. Est-ce que M. Macron en a parlé à M. Erdogan ?
R - Je n'ai pas plus de commentaires à faire. Je n'étais pas là-bas avec lui, mais il y était dans le cadre du sommet de l'OTAN, comme une trentaine de chefs d'État et de gouvernement.
Q - Vous n'étiez pas avec lui, mais c'est quand même une... Sur ce terrain-là, il y a quand même de plus en plus de personnes queerdans ce pays qui sont de plus en plus en danger d'exister, tout simplement.Quel est le travail de la France, puisqu'elle se dit défendre ce terrain-là, sur le terrain diplomatique, vous êtes le représentant de la France diplomatiquement devant moi, vous pouvez me dire quoi comme action concrète pour que la France aide ces personnes-là ?
R - Je n'ai pas plus de commentaires à vous faire.
Q - Aucun commentaire ?
R - Non, je n'ai aucun commentaire, j'ai déjà dit des choses.
Q - Alors concrètement ?
R - Je vous ai déjà dit des choses, je n'ai pas plus de commentaires à faire, c'est ça la différence. Ce sont des sujets que nous suivons à titre général, à titre bilatéral avec les différents pays.Encore une fois, le président de la République, la ministre de la Défense, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, étaient sur place pour participer au sommet de l'OTAN, dont on a d'ailleurs rendu compte à ce pupitre.
Q - L'OTAN qui, vous le savez, défend aussi les libertés individuelles. Donc la question n'est pas bête de vous demander si ce sujet...
R - Je ne dis pas que vos questions sont bêtes, je vous dis juste « voilà ma réponse » et ce n'est pas parce vous allez me reposer trois fois la question que la réponse sera différente.
Q - Je la reposerai plus tard sans doute, merci.
Q - Vous avez évoqué un travail très concret sur les capacités de déminage avec le sultanat d'Oman. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce travail-là ? Est-ce que des opérations de déminage ont pu concrètement commencer vu la situation ? Qu'est-ce qui se passe ?
R - Nous avons déployé effectivement des solutions de déminage. Vous savez que la France est forte de plusieurs capacités dans le domaine. Après, évidemment, je ne vais pas rentrer dans plus de détails sur un tel sujet.
Merci à tous et à toutes. À la semaine prochaine.