09/02/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/02/2026 05:09
Mongbwalu, République démogratique du Congo - Dans la chaleur étouffante de l'Hôpital général de référence (HGR) de Mongbwalu, le bruit des seaux d'eau chlorée résonne, les pas pressés des soignants se croisent, et l'odeur de désinfectant flotte dans l'air. Au milieu de cette effervescence, Nadège Esangowale Yangala, spécialiste en prévention et contrôle des infections (PCI), et en eau, assainissement et hygiène (EAH), avance avec calme et détermination. Consultante de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans le cadre de la réponse à la maladie à virus Ebola, ses gestes sont précis, forgés par 13 années d'expérience. « Quand je quitte une structure de santé en sachant que le personnel est mieux protégé et en sécurité pour effectuer son travail, je sais que nos efforts collectifs sauvent directement des vies », confie-t-elle.
Depuis le début de l'épidémie, Nadège est en première ligne pour sécuriser les structures de santé. Son rôle est essentiel : protéger ceux qui soignent, protéger ceux qui sont soignés, et maintenir la confiance des communautés. « La PCI/EAH constitue le premier rempart et le pilier central de la lutte contre le virus Ebola », rappelle-t-elle avec gravité. « Sans mesures strictes, les hôpitaux risquent de devenir des foyers de transmission. »
Lorsque l'épidémie frappe, les structures de santé deviennent des lieux à haut risque. Les soignants, exposés à chaque instant, doivent compter sur des règles rigoureuses : port correct des équipements de protection individuelle (EPI), hygiène des mains, tri strict des patients. Nadège veille à ce que ces gestes deviennent des réflexes, car ils sont la clé pour briser la chaîne de transmission.
Chaque jour, Nadège observe, réorganise, sécurise. Elle sépare les zones propres des zones contaminées, installe des stations d'hygiène et des points de tri à l'entrée, et veille à ce que chaque patient suive un circuit sécurisé. Lors d'une visite à l'HGR Mongbwalu, elle découvre un poste de tri placé dans une salle d'attente bondée. En quarante-huit heures, avec l'équipe locale et en collaboration avec l'OMS et d'autres partenaires, notamment Médecins Sans frontière (MSF), Action contre la faim (ACF) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), elle transforme l'espace. Désormais, un tri obligatoire à l'entrée, des lavabos à pédale et une zone d'isolement temporaire sont installés. Quelques jours plus tard, un cas suspect est isolé dès son arrivée, évitant tout contact avec les autres patients et le personnel non protégé.
Mais son travail ne s'arrête pas aux infrastructures. Nadège consacre une grande partie de son temps à la formation et le mentorat. Elle accompagne le personnel soignant dans la détection précoce, l'isolement immédiat, le port et le retrait sécurisé des EPI, la gestion des déchets et la décontamination. Elle ne se contente pas de former : elle observe, corrige, encourage. « Chaque formation dispensée, chaque protocole appliqué, c'est une chaîne de transmission évitée », dit-elle avec conviction.
Avec l'appui de l'OMS, elle anime les formations pratiques sur le terrain, distribue du matériel PCI, améliore l'accès à l'eau potable et renforce la gestion sécurisée des déchets hospitaliers. Les résultats parlent d'eux-mêmes : en huit semaines, dans la zone de santé de Mongbwalu, 13 structures sanitaires ont été remises aux normes PCI, 428 agents de santé formés et accompagnés, dont des prestataires de soins, des tradipraticiens, des superviseurs PCI-WASH, ainsi que des équipes de décontamination et celles en charge des enterrements dignes et sécurisés.
Les obstacles restent nombreux : ruptures d'approvisionnement en eau, savon, chlore ou EPI, fatigue du personnel, résistance au changement. Mais Nadège Esangowale continue, convaincue que chaque geste compte.
Au fil des semaines, Nadège constate une transformation : l'hygiène des mains et la désinfection du matériel deviennent des réflexes. Les flux de patients sont désormais clairement identifiés et maîtrisés dans la quasi-totalité des formations sanitaires appuyées. Le personnel soignant ne voit plus la PCI comme une contrainte, mais comme une protection vitale pour eux-mêmes et leurs proches. Elle se souvient d'un infirmier réticent, qui jugeait les nouvelles pratiques trop lourdes. Quelques semaines plus tard, elle le voit former ses collègues avec rigueur et passion. « Ces gestes simples sauvent des vies », répète-t-il. Pour Nadège, ce basculement est une victoire humaine autant que professionnelle.
L'engagement de Nadège dépasse les chiffres. Il s'incarne dans la confiance retrouvée, la solidarité entre collègues, les sourires des soignants rassurés. Derrière chaque point d'eau installé, chaque formation dispensée, chaque supervision réalisée, il y a une conviction simple : sécuriser les structures de santé, c'est sauver des vies.
Discrète mais indispensable, Nadège incarne le rôle essentiel de la PCI dans la lutte contre Ebola. Elle veille à ce que les soignants puissent exercer en sécurité, que les patients soient pris en charge sans crainte, que les communautés gardent confiance dans leurs structures de santé. Son histoire est celle d'une professionnelle engagée, dont le travail empreint de patience et de persévérance sauve des vies chaque jour.