IOM - International Organization for Migration

04/14/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/14/2026 03:47

Communiqué 14 avril 2026 Trois ans après le début du conflit au Soudan, le système d’aide humanitaire subit une forte pression face aux besoins croissants

Genève, 14 avril 2026 - Alors que le conflit au Soudan entre dans sa quatrième année, la réponse humanitaire est soumise à une pression croissante, face aux besoins qui ne cessent d'augmenter dans le pays et dans l'ensemble de la région. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) met en garde contre l'ampleur et la complexité des mouvements de population qui, combinées aux chocs environnementaux et aux contraintes opérationnelles, exercent une pression considérable sur les systèmes humanitaires.

« À l'heure actuelle, les besoins dépassent notre capacité de réponse - et cet écart se mesure en vies humaines », a déclaré la Directrice générale de l'OIM, Amy Pope. « Chaque jour de retard dans la fourniture de l'aide expose des familles à un manque de nourriture, d'eau et de sécurité. Un soutien international rapide et constant s'impose pour répondre aux besoins des populations avant que davantage de vies ne soient mises en danger ».

Cette pression s'explique principalement par l'ampleur des déplacements et des retours qui ont lieu dans tout le pays. Le Soudan reste le théâtre de la plus grande crise de déplacement au monde, avec près de 9 millions de personnes actuellement déplacées à l'intérieur du pays. Dans le même temps, près de 4 millions de personnes sont retournées dans des zones qu'elles jugent relativement plus sûres afin de reconstruire leur vie.

Malgré ces mouvements, les besoins humanitaires restent généralisés. Tant les populations déplacées que les migrants de retour continuent de faire face à des difficultés importantes pour accéder aux services de base. Bon nombre de familles de retour dans des maisons endommagées ou abandonnées sont confrontées à de graves pénuries en matière de logement, d'eau potable, de soins de santé et de moyens de subsistance, laissant des millions de personnes dépendantes de l'aide humanitaire pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.

Les mouvements de population à travers le Soudan restent très dynamiques. Des déplacements à grande échelle se poursuivent dans certaines parties du Darfour, du Kordofan et de l'État du Nil Bleu, où l'insécurité persiste. Parallèlement, d'importants mouvements de retour ont été enregistrés, notamment à Khartoum. Ces retours sont souvent dus à une combinaison de facteurs, à savoir l'amélioration perçue de la sécurité, les pressions économiques, le regroupement familial, les services limités dans les sites de déplacement et les difficultés rencontrées par les Soudanais vivant dans les pays voisins.

Dans le même temps, les chocs liés au climat aggravent les besoins humanitaires. Les fortes pluies, les inondations et la chaleur extrême ont exacerbé l'insécurité alimentaire et accru le risque de maladies d'origine hydrique dans des communautés qui peinent déjà à faire face aux effets du conflit et des déplacements.

La crise exerce également une pression croissante sur les pays voisins. Depuis le début du conflit, environ 4,5 millions de personnes ont fui le Soudan pour trouver refuge dans les pays voisins. Le Tchad, le Soudan du Sud, la Libye et l'Égypte ont accueilli la majorité de ces déplacés.

À ce jour, plus de 1,3 million de personnes sont accueillies au Soudan du Sud, tandis qu'un nombre similaire est arrivé au Tchad. Un nombre important de ceux qui traversent les frontières sont des ressortissants de retour, dont plus de 900 000 personnes rentrant au Soudan du Sud et près de 393 000 au Tchad, ce qui accroît encore la pression sur des systèmes humanitaires et de services publics déjà fragiles.

L'OIM continue d'intensifier ses interventions pour répondre à ces besoins croissants. En 2025, l'Organisation est devenue la première agence des Nations Unies à rétablir sa présence à Khartoum, où elle a depuis soutenu la mise en place d'un centre interagences permettant aux partenaires des Nations Unies d'étendre leur présence opérationnelle dans la capitale soudanaise. L'Organisation gère également un centre d'aide humanitaire interagences à Farchana, au Tchad, qui a servi de zone de transit pour 39 opérations d'aide transfrontalières vers le Darfour.

Cependant, les opérations humanitaires sont confrontées à des défis croissants en matière de financement et de logistique. Les perturbations des chaînes d'approvisionnement régionales, liées en partie à l'escalade des hostilités au Moyen-Orient, ont affecté les voies aériennes et maritimes utilisées pour l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces perturbations ont entraîné des retards et une augmentation des coûts opérationnels, compliquant davantage les efforts visant à atteindre les communautés en situation de vulnérabilité au Soudan et dans la région.

Alors que les besoins ne cessent de croître, un soutien international accru reste essentiel. L'OIM lance un appel de fonds d'un montant de 277 millions de dollars américains pour venir en aide aux populations les plus vulnérables touchées par la crise au Soudan et dans les pays voisins, et pour renforcer les systèmes nécessaires au maintien et à l'extension de l'intervention humanitaire et de relèvement.

L'OIM appelle la communauté internationale à accroître son soutien en faveur des interventions humanitaires, du renforcement de la résilience et des efforts de relèvement afin de garantir que les personnes touchées par la crise reçoivent l'aide dont elles ont besoin.

Pour plus d'informations, veuillez consulter le Centre des médias de l'OIM. 

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