06/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/16/2026 08:07
Reporters sans frontières (RSF) salue l'adoption par le Parlement européen d'une résolution sur la répression transnationale. Ce texte constitue un signal politique important. Toutefois, la protection des journalistes en exil exige des actions décisives non seulement de la part des institutions européennes, mais aussi des États membres.
Le Parlement européen a adopté ce mardi 16 juin une résolution sur la répression transnationale (TNR), reconnaissant que les journalistes en exil ne sont pas à l'abri en Europe et demeurent à la portée de régimes autoritaires. Les régimes autoritaires harcèlent, menacent et surveillent des journalistes au-delà de leurs frontières, y compris dans les pays d'accueil censés les protéger. Cette résolution analyse la répression transnationale comme une menace complexe pour les droits humains et la démocratie, et vise à renforcer une réponse de l'Union européenne.
"RSF salue cette résolution du Parlement européen comme un signal politique important. Toutefois, RSF met en garde contre une tendance à transférer la responsabilité uniquement au niveau européen. La protection des journalistes en exil exige des actions fermes à la fois des institutions européennes et des États membres. Des politiques publiques ambitieuses, notamment des dispositifs répressifs efficaces contre les auteurs de répression transnationale, sont nécessaires. Les journalistes en exil sont des alliés essentiels dans la lutte contre la propagande autoritaire et les ingérences étrangères. Les protéger relève donc non seulement de la défense de leurs droits individuels, mais aussi d'un objectif d'intérêt public majeur.
"Les menaces subies par un journaliste exilé en Bulgarie peuvent tout aussi bien toucher un reporter en Allemagne ou en France. La répression transnationale ne s'arrête pas aux frontières, y compris celles des pays d'accueil européens. Il est temps que l'Union européenne et ses États membres agissent de manière coordonnée pour protéger les journalistes qui travaillent chaque jour à défendre notre droit à une information fiable."
Noura Chalati, chargée de plaidoyer RSF
Il s'agit du deuxième rapport du Parlement européen qui traite de la répression transnationale comme un enjeu de droits humains. RSF a contribué à ce travail dans le cadre d'une consultation des parties prenantes à Bruxelles et d'échanges avec la rapporteuse, l'eurodéputée Hannah Neumann (commission des affaires étrangères - AFET). RSF salue en particulier l'appel explicite du rapport à renforcer la coordination entre les autorités européennes et nationales.
Le rapport reflète deux priorités de longue date de RSF :
Malgré ces avancées, RSF identifie également plusieurs limites :
RSF s'engage à permettre aux journalistes de poursuivre leur travail même après avoir fui leur pays. Les professionnels des médias en exil jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la désinformation et la défense du droit du public à une information fiable. RSF documente les cas de répression transnationale, plaide pour un renforcement des protections et apporte une assistance directe aux journalistes en danger.