09/15/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/15/2026 03:38
L'OIT et le Canada ont lancé une nouvelle initiative pour lutter contre le travail forcé aux Philippines. Celle-ci contribuera à renforcer les institutions, les politiques et les partenariats, à améliorer la protection des travailleurs et leur accès à la justice, et à promouvoir des pratiques commerciales responsables afin d'aider les Philippines à lutter contre le travail forcé dans leurs chaînes d'approvisionnement.
15 septembre 2026
Promoting responsive institutions and mechanisms to eliminate forced labour in the Philippines
(PRIME PH)
MANILLE, Philippines (OIT Infos) - Le travail forcé constitue un grave problème en matière de droits humains et de travail décent aux Philippines, avec des risques accrus par l'informalité, les lacunes de la protection des travailleurs et les pressions économiques.
L'Organisation internationale du Travail (OIT) reconnaît l'élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire comme l'un des principes et droits fondamentaux au travail, essentiel au travail décent, à la justice sociale et à la dignité humaine.
«Le travail forcé n'a pas sa place dans nos sociétés. L'élimination de cette pratique est fondamentale pour parvenir au travail décent, à la justice sociale et à la dignité humaine», a déclaré Khalid Hassan, Directeur du Bureau de pays de l'OIT pour les Philippines.
Les risques de travail forcé aux Philippines concernent particulièrement les secteurs produisant des biens destinés au commerce, notamment l'agriculture, l'industrie manufacturière et les activités minières. Cette pratique est souvent cachée, ce qui rend difficile d'en mesurer l'ampleur réelle et d'identifier les travailleurs qui ont besoin de protection. La question a également des implications croissantes pour le commerce et les entreprises du pays, qui cherchent à garantir des pratiques commerciales responsables tout au long de leurs chaînes d'approvisionnement.
Dans ce contexte, l'OIT et le gouvernement du Canada ont uni leurs forces pour lancer un nouveau projet de quatre ans visant à promouvoir des institutions et des mécanismes efficaces pour éliminer le travail forcé aux Philippines (PRIME PH). Cette initiative est soutenue par le Programme du travail d'Emploi et Développement social Canada et se poursuivra jusqu'en février 2030.
PRIME PH travaillera avec le gouvernement philippin, les organisations de travailleurs et d'employeurs et d'autres partenaires afin de renforcer les politiques et les institutions, de mettre en place des mesures pour prévenir et combattre le travail forcé, de protéger les travailleurs et d'améliorer l'accès à la justice et aux voies de recours. Le projet vise également à renforcer le respect des normes internationales du travail par le pays, tout en promouvant le travail décent et des pratiques commerciales responsables. L'industrie manufacturière et l'agriculture, qui exportent notamment des produits vers le Canada, figurent parmi les secteurs ciblés par le projet.
«La protection contre le travail forcé est fondamentale pour le travail décent, la dignité humaine et une concurrence équitable. Les Philippines sont à l'avant-garde de cet effort, avec des normes du travail solides qui protègent les travailleurs, défendent les droits humains et renforcent notre place dans le commerce mondial», a déclaré Francis Tolentino, secrétaire au Travail et à l'Emploi des Philippines.
«Le Canada accorde une grande importance à sa solide relation commerciale avec les Philippines, notamment dans des secteurs clés tels que l'industrie manufacturière et l'agriculture. Alors que nous explorons la possibilité d'un accord de libre-échange entre nos deux pays et poursuivons les négociations en vue d'un accord de libre-échange avec l'ASEAN, cette initiative témoigne de notre engagement commun à protéger les droits des travailleurs et à faire respecter les normes internationales du travail. En travaillant ensemble, le Canada et les Philippines peuvent renforcer les perspectives des travailleurs comme des entreprises, en plaçant les droits des travailleurs au cœur de notre partenariat économique et en créant des bénéfices durables pour les communautés de nos deux pays», a déclaré Patty Hajdu, ministre de l'Emploi et des Familles du Canada et ministre responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario.
«Le travail forcé est une grave violation des droits humains qui exige une réponse ciblée, et le Canada s'engage à travailler avec ses partenaires pour le prévenir et protéger les travailleurs. Le projet PRIME PH fera progresser les efforts dans les secteurs philippins produisant des biens destinés au commerce afin de prévenir le travail forcé et de renforcer la protection des travailleurs. Grâce à ce type de partenariats, nous pouvons contribuer à créer des lieux de travail plus équitables tout en veillant au respect des droits des travailleurs», a ajouté John Zerucelli, secrétaire d'État au Travail du Canada.
Les Philippines et le Canada prennent la question du travail forcé très au sérieux. Les deux pays ont ratifié la convention (nº 29) sur le travail forcé, 1930, et la convention (nº 105) sur l'abolition du travail forcé, 1957, de l'OIT. Les Philippines ont également adopté plusieurs cadres d'action, notamment le Plan d'action stratégique national contre la traite des personnes 2023-2027 et le Programme philippin contre le travail des enfants 2023-2028. En outre, la législation philippine interdit la traite des personnes à des fins de travail forcé. Depuis 2020, le Canada interdit l'importation de marchandises extraites, fabriquées ou produites, en tout ou en partie, par le travail forcé et a récemment mis en place un nouveau cadre législatif visant à renforcer cette interdiction.
Malgré les lois et politiques existantes, les Philippines continuent de rencontrer des difficultés pour identifier les cas de travail forcé, prévenir l'exploitation des travailleurs, protéger les victimes du travail forcé, renforcer l'application de la législation et garantir sa mise en œuvre effective. Le nouveau projet PRIME PH contribuera à combler ces lacunes, tout en favorisant des pratiques commerciales responsables et une coopération accrue entre le gouvernement, les travailleurs, les employeurs, la société civile et d'autres partenaires.
«Grâce à ce partenariat, nous investissons dans des institutions plus solides, un dialogue social constructif et une action collective qui défendent les droits des travailleurs et protègent les plus vulnérables », a souligné Khalid Hassan, Directeur du Bureau de pays de l'OIT. « Nous voulons faire en sorte que chacun puisse travailler dans la liberté et la dignité. C'est cet avenir que l'OIT s'engage à promouvoir aux côtés des gouvernements, des travailleurs et des employeurs.»
Près de 100 représentants de gouvernements, d'organisations de travailleurs et d'employeurs, de la société civile, de partenaires du développement, du monde universitaire et du secteur privé ont participé au lancement et réaffirmé leur engagement en faveur du travail décent et de l'élimination du travail forcé.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Minette Rimando
Bureau de pays de l'OIT pour les Philippines
[email protected]
0917 5353 162
Jennylyn Aguinaldo
OIT PRIME Philippines
[email protected]
0917 324 9599