UNOG - United Nations Office at Geneva

08/25/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/25/2026 02:48

Appel renouvelé du Secrétaire général des Nations Unies et de la Présidente du Comité international de la Croix-Rouge pour l’adoption de règles relatives aux systèmes d’armes[...]


Dans un appel conjoint publié aujourd'hui, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, et la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, renouvellent leur appel aux États à adopter de toute urgence de nouvelles règles internationales sur les systèmes d'armes autonomes.

Il y a trois ans, nous appelions les États à mettre en place des interdictions et des restrictions spécifiques concernant les systèmes d'armes autonomes. Aujourd'hui, nous renouvelons cet appel avec une urgence encore plus grande. Les préoccupations fondamentales demeurent inchangées, mais les risques se sont intensifiés. Nous sommes désormais dangereusement proches de franchir une ligne rouge morale : le ciblage autonome d'êtres humains par des machines.

Le développement des technologies d'armement a progressé à une vitesse inédite et soumet les cadres juridiques à une pression toujours plus grande. Depuis notre précédent appel, le fossé entre les capacités technologiques et les contraintes réglementaires s'est creusé, les technologies de pointe utilisées sur les champs de bataille amplifiant le risque de causer des dommages aux civils et aux infrastructures civiles, et aggravant les souffrances de la population civile dans les conflits armés.

Le développement et l'utilisation de systèmes d'armes autonomes constituent une nouvelle escalade, qui réduit le contrôle humain sur l'usage de la force. Les systèmes d'armes autonomes ne relèvent pas d'un avenir lointain : la course vers une plus grande autonomie des systèmes d'armes bat déjà son plein. Dans le même temps, les scientifiques et les ingénieurs qui élaborent ces systèmes tirent la sonnette d'alarme. Dès lors que les architectes de cette technologie eux-mêmes réclament des limites, les États ne peuvent se permettre de rester passifs.

Cette année doit marquer un tournant.

Les États ont posé des bases importantes dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies et du Groupe d'experts gouvernementaux relevant de la Convention sur certaines armes classiques. Des progrès notables ont été réalisés vers une compréhension commune du jugement et du contrôle humains requis, ainsi que concernant les mesures nécessaires pour garantir le respect du droit international humanitaire, répondre aux préoccupations éthiques et réduire les souffrances humaines.

Les États doivent faire preuve de courage politique et passer des discussions progressives à une action décisive. Les négociations doivent débuter dès maintenant afin d'adopter de toute urgence un instrument juridiquement contraignant visant à réglementer les systèmes d'armes autonomes au moyen d'interdictions et de restrictions claires. Ne pas agir rapidement et de manière décisive coûtera des vies. L'inaction laissera aussi aux générations futures un monde dans lequel l'absence d'interdictions et de restrictions claires et précises concernant ces armes ouvrira la voie à des pratiques qui éroderaient les protections que le droit international humanitaire est censé garantir. Un monde où l'obligation de rendre des comptes devient de plus en plus insaisissable, à mesure que la responsabilité en cas d'erreurs et de violations des règles applicables deviendrait plus difficile à déterminer.

Les États ont une responsabilité envers celles et ceux qui subissent déjà les conséquences des conflits actuels, et envers celles et ceux qui hériteront du monde qui se dessine aujourd'hui. Les générations futures se demanderont si les dirigeants ont agi alors qu'il était encore possible de fixer des limites, avant que ces armes ne prolifèrent de manière incontrôlée. La septième Conférence d'examen de la Convention sur certaines armes classiques, qui se tiendra en novembre, offre aux États la voie la plus claire pour décider d'entamer la négociation autour d'un instrument juridiquement contraignant. Le travail minutieux entrepris au cours des trois dernières années constitue la base idéale pour de telles négociations et ne doit pas être perdu.

Nous exhortons les États à saisir cette occasion.

Continuer à concevoir des systèmes d'armes qui simplifient la conduite de la guerre ne fera que saper nos efforts collectifs en faveur d'un monde plus pacifique.

La voie à suivre est claire. Il est urgent d'agir. L'innovation doit servir l'humanité, et non la mettre en danger.

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