06/12/2026 | News release | Archived content
Mis à jour le 17/06/2026
La valeur de prévisions météo fiables est inestimable pour de nombreux problèmes : de l'agriculture à la gestion des risques climatiques et la transition vers les énergies renouvelables. Depuis quelques années, des modèles d'intelligence artificielle générative comme Pangu-Weather (Huawei) ou GraphCast et GenCast (Google DeepMind) ont égalé ou surpassé les méthodes de simulation physique classiques, utilisées dans les grands centres météorologiques.
Des scientifiques de l'équipe-projet commune ARCHES proposent dans leur dernière publication un nouveau modèle basé sur l'IA générative permettant d'atteindre la même précision des prévisions tout en réduisant drastiquement les coûts de calcul. Leur modèle d'IA générative, baptisé ArchesWeatherGen, égale les performances des références actuelles et vise à rendre ces technologies plus accessibles à la recherche météorologique.
ArchesWeather atteint des performances similaires avec un budget de formation inférieur de plusieurs ordres de grandeur à celui d'autres modèles de pointe, comme GenCast.Commencé en septembre 2023, le projet ArchesWeatherGen repose sur une architecture originale en deux étapes. Le modèle déterministe ArchesWeather produit d'abord une prévision "moyenne" de l'état météorologique à venir. Puis un modèle génératif basé sur le flow matching, une technique utilisée notamment dans la génération d'images, vient affiner cette prévision. Ceci est appris par l'architecture en utilisant la base de données de réanalyses météorologiques ERA5. Le résultat : non plus un scénario unique, mais un ensemble de trajectoires météorologiques possibles, chacune physiquement plausible, capturant toute l'incertitude inhérente à l'atmosphère.
Les auteurs d'ArchesWeatherGen sont :
- Guillaume Couairon, membre d'ARCHES au moment des travaux, aujourd'hui chez Google DeepMind Paris
- Renu Singh, doctorant entre ARCHES et Google DeepMind Paris
- Anastase Charantonis, membre d'ARCHES
- Christian Lessig, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMM/ECMWF)
- Claire Monteleoni, responsable de ARCHES
Le problème est décomposé en faisant intervenir deux modèles successivement : un modèle déterministe, puis un modèle probabiliste, ce qui facilite l'apprentissage. D'autres choix d'architecture, notamment la représentation de la colonne atmosphérique par le modèle, permettent de réduire les exigences computatives du modèle. Au final, ArchesWeatherGen s'entraîne 20 à 50 fois plus vite que les modèles comparables, un gain de plusieurs ordres de grandeur qui change radicalement l'équation.
Les performances sont au rendez-vous : sur le tableau de bord international WeatherBench, référence mondiale d'évaluation des modèles météo, ArchesWeatherGen se positionne aux côtés des meilleurs modèles développés par les acteurs de l'industrie technologique.
Au-delà de la performance, l'ambition d'ArchesWeatherGen est aussi celle de l'accessibilité. L'ensemble du pipeline est disponible en open source, via le progiciel libre Geoarches, conçu pour faciliter sa prise en main par la communauté scientifique internationale.
Les perspectives sont nombreuses : amélioration de la résolution des prédictions, extension aux prévisions climatiques à plus long terme, ou encore utilisation comme modèle de base pour d'autres travaux de recherche. ArchesWeatherGen représente une étape importante vers la démocratisation des modèles de machine learning génératifs dans la recherche en prévisions météorologiques, jusqu'ici réservés aux acteurs disposant de supercalculateurs.
ArchesWeatherGen est le fruit de l'équipe-projet commune ARCHES (AI Research for Climate cHange and Environmental Sustainability), commune à Sorbonne Université, l'Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, le CNRS et Inria. Composée d'une vingtaine de chercheurs et chercheuses, l'équipe a été fondée à la suite du recrutement de sa responsable, Claire Monteleoni, dans le cadre du programme "Choose France".
Leurs travaux s'inscrivent dans une mission plus large : utiliser le machine learning et le deep learning pour mieux comprendre le climat, anticiper les événements extrêmes et accompagner la transition écologique. L'équipe collabore avec de nombreux partenaires académiques comme le CNES, mais également industriels, tels que Météo-France, EDF, AXA, ou encore Google DeepMind Paris.