RSF - Reporters sans frontières

08/12/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/13/2026 02:26

Venezuela : RSF et six organisations partenaires signalent quatre années de restrictions sévères à la liberté de la presse

Alors que le Venezuela se prépare à son quatrième Examen périodique universel (EPU), un processus de l'organisation des Nations unies (ONU) qui évalue périodiquement le bilan en matière de droits humains de chaque État membre, Reporters sans frontières (RSF) et six organisations partenaires ont soumis aux à l'ONU un rapport conjoint faisant état des conditions désastreuses dans lesquelles le journalisme et la liberté d'expression a évolué au cours des quatre dernières années. Ces organisations montrent comment la répression, la censure, les restrictions d'accès à l'information et un environnement juridique de plus en plus hostile ont gravement entravé le journalisme indépendant depuis le dernier examen du Venezuela en 2022.

"Notre évaluation des quatre dernières années révèle un niveau alarmant de pression qui a progressivement étouffé le journalisme indépendant au Venezuela. La censure, les pressions judiciaires et les restrictions d'accès à l'information ont érodé le paysage médiatique et sévèrement limité la capacité des journalistes à remplir leur rôle essentiel d'information du public. Ce nouvel EPU constitue une occasion importante de renverser cette situation et d'obtenir des engagements concrets de la part des autorités vénézuéliennes afin de rétablir un environnement dans lequel les journalistes peuvent exercer leur métier librement, en toute indépendance et en toute sécurité."

Artur Romeu
Directeur du bureau Amérique latine de RSF

Le Venezuela face à un nouvel EPU, alors que les attaques contre les voix critiques s'intensifient et que les menaces pesant sur la liberté d'expression s'aggravent

Des organisations de la société civile ont présenté aux Nations unies des éléments de preuve démontrant l'aggravation de l'hostilité à l'égard de la presse indépendante au Venezuela. Les risques liés à l'exercice du droit à la liberté d'expression ont atteint des niveaux sans précédent, avec notamment l'incarcération de 26 professionnels des médias pour la seule année 2025.

Les contributions d'Artists at Risk Connection (ARC), du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), d'Espacio Publico, de l'Institut de la presse et de la société du Venezuela (IPYS Venezuela), de PEN International, de PEN Venezuela et de Reporters sans frontières (RSF) seront examinées au cours du quatrième cycle de l'Examen périodique universel (EPU), lors de la 54e session du groupe de travail de l'EPU, prévue en janvier-février 2027.

Le rapport conjoint souligne que l'État vénézuélien n'a pas pleinement mis en œuvre les recommandations qu'il avait acceptées lors du troisième cycle de l'EPU, qui s'est tenu en janvier 2022. Au contraire, au cours des quatre dernières années, la persécution des voix critiques à l'égard du gouvernement s'est intensifiée par le biais d'un cadre juridique qui viole les normes internationales et d'un système judiciaire devenu partie intégrante de l'appareil répressif de l'État.

En outre, les restrictions à l'accès à l'information ainsi que le blocage des médias et des plateformes numériques ont contribué à l'extension des "déserts de l'information" à travers le pays, touchant plus de la moitié de la population vénézuélienne.

Les organisations formulent, entre autres, les recommandations suivantes à l'État vénézuélien :

  • Abroger ou modifier les lois qui restreignent indûment la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique.
  • Lever immédiatement les blocages arbitraires imposés aux médias, aux sites web de la société civile et aux plateformes de communication numériques ; mettre fin à la surveillance numérique illégale et à la censure ; et garantir un accès sans restriction à Internet, conformément aux normes internationales en matière de droits de l'homme.
  • Mettre fin aux détentions arbitraires, aux disparitions forcées et au harcèlement judiciaire dont sont victimes les journalistes, les professionnels des médias, les artistes, les écrivains, les acteurs culturels et les défenseurs des droits de l'homme. Mener des enquêtes sur toutes les agressions commises contre la presse, traduire les responsables en justice et offrir des recours et des réparations effectifs aux victimes.
  • Veiller à ce que les journalistes, défenseurs des droits de l'homme, artistes et acteurs culturels vénézuéliens contraints à l'exil puissent bénéficier d'une protection internationale conformément à la Déclaration de Carthagène sur les réfugiés (1984), et s'abstenir de tout acte d'intimidation ou de représailles contre des journalistes résidant à l'étranger.

La mise en œuvre de ces mesures est essentielle pour inverser le climat de peur et d'autocensure dont il a été fait état, et pour garantir au Venezuela un environnement libre, pluraliste et sûr permettant l'exercice de la liberté d'expression, du journalisme et de la création artistique et culturelle.

Publié le 12.08.2026
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