04/24/2026 | Press release | Archived content
À l'approche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, qui est célébrée le 25 avril, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé une avancée importante dans la lutte contre le paludisme, à savoir la préqualification du premier traitement spécifiquement conçu pour les nouveau-nés et les nourrissons pesant entre deux et cinq kilogrammes. La préqualification, qui atteste que le médicament satisfait aux normes internationales de qualité, d'innocuité et d'efficacité, permettra d'élargir l'accès à un traitement de qualité garantie pour l'un des groupes de patients et patientes les plus mal desservis.
Le traitement nouvellement préqualifié, l'association arteméther-luméfantrine, est la première formulation antipaludique conçue spécifiquement pour les plus jeunes patients atteints de paludisme. Jusqu'à présent, les nourrissons étaient traités au moyen de formulations destinées aux enfants plus âgés, ce qui augmentait les risques d'erreurs de dosage, d'effets secondaires et de toxicité. La préqualification par l'OMS permettra les achats par marché public, et contribuera ainsi à combler les lacunes de la couverture thérapeutique touchant de longue date quelque 30 millions de nourrissons nés chaque année dans les régions africaines d'endémie palustre.
« Pendant des siècles, le paludisme a arraché des enfants à leurs parents et privé les communautés de santé, de richesse et d'espoir », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS. « Mais aujourd'hui, le récit change. De nouveaux vaccins, tests de diagnostic et médicaments efficaces, notamment des formulations adaptées aux plus jeunes, ainsi que des moustiquaires de nouvelle génération, contribuent à inverser la tendance. Mettre fin au paludisme de notre vivant n'est plus un rêve - c'est une possibilité réelle, mais qui ne pourra devenir réalité qu'au prix d'un engagement politique et financier soutenu. Maintenant que nous le pouvons, c'est notre devoir d'y parvenir. »
Le 14 avril 2026, l'OMS a également préqualifié trois nouveaux tests de diagnostic rapide (TDR) conçus pour relever les nouveaux défis liés au diagnostic du paludisme. Les TDR les plus courants pour le paludisme à P. falciparum reposent sur la détection de la protéine HRP2. Or, selon des études et enquêtes menées dans 46 pays, certaines souches du parasite ont perdu le gène qui permet la production de cette protéine. Elles deviennent donc « invisibles » aux TDR reposant sur la détection de la protéine HRP2, ce qui conduit à des résultats faussement négatifs. Dans les pays de la Corne de l'Afrique, jusqu'à 80 % des cas passaient inaperçus, entraînant des retards de traitement, des formes graves de la maladie, voire des décès.
Les nouveaux tests remédient à ce problème en ciblant une autre protéine parasitaire (pf-LDH), que le parasite du paludisme ne peut pas facilement éliminer. Ils offrent ainsi une solution fiable et de qualité garantie là où les tests reposant sur la détection de la protéine HRP2 sont devenus inefficaces. L'OMS recommande désormais aux pays d'adopter ces TDR lorsque plus de 5 % des cas ne sont pas détectés en raison de la délétion du gène pf-hrp2. Cela permettra de garantir un diagnostic précis, un traitement approprié et de protéger les progrès durement acquis de la lutte contre le paludisme - en particulier pour les communautés les plus vulnérables.
Ces annonces interviennent à l'occasion du lancement, par l'OMS et ses partenaires, de la campagne de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, dont le thème pour 2026 - « Déterminés à éliminer le paludisme : maintenant que nous le pouvons, c'est notre devoir d'y parvenir » - est un appel à saisir la possibilité qui nous est donnée de protéger des vies dès maintenant et d'investir dans un avenir exempt de paludisme.
Selon le Rapport 2025 sur le paludisme dans le monde, on estime à 282 millions le nombre de cas de paludisme et à 610 000 le nombre de décès associés en 2024, chiffres en hausse par rapport à 2023. Bien que 47 pays aient été certifiés exempts de paludisme et que 37 pays aient signalé moins de 1000 cas en 2024, les progrès au niveau mondial sont au point mort. De nombreux facteurs menacent les gains réalisés, parmi lesquels la résistance aux médicaments, la résistance aux insecticides, les échecs de diagnostic et la réduction considérable de l'aide internationale au développement.
Malgré ces difficultés, des progrès substantiels ont été réalisés, quelque 2,3 milliards d'infections palustres ayant été évitées et 14 millions de vies ayant été sauvées dans le monde depuis 2000.
Vingt-cinq pays déploient aujourd'hui des vaccins antipaludiques, protégeant ainsi des millions d'enfants, et les moustiquaires de nouvelle génération représentent 84 % de l'ensemble des nouvelles moustiquaires distribuées. Ces avancées montrent ce qui est possible lorsque tous les partenaires unissent leurs forces pour innover et tenir les promesses en vue d'éliminer le paludisme partout dans le monde.
Consacrée au bien-être de toutes et de tous et guidée par la science, l'Organisation mondiale de la Santé est la cheffe de file et le porte-drapeau des efforts mondiaux visant à donner à chaque personne, où qu'elle se trouve, la chance de mener une vie sûre et en bonne santé. Elle est l'institution du système des Nations Unies chargée de la santé et forme le trait d'union entre les pays, les partenaires et les personnes en première ligne dans plus de 150 endroits pour diriger la riposte mondiale aux urgences sanitaires, prévenir les maladies, s'attaquer aux causes profondes des problèmes de santé et élargir l'accès aux médicaments et aux soins de santé. Sa mission est de promouvoir la santé, de préserver la sécurité mondiale et de servir les populations vulnérables.
« Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », le thème de la Journée mondiale de la santé 2026, marque une campagne d'un an visant à mettre en avant la science comme fondement de la protection de la santé et du bien-être dans le monde.