09/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/25/2026 10:50
Santé mondiale
Communiqué conjoint
Le : 24 septembre 2026
1. Nous, les ministres des Affaires étrangères et de la Santé, ainsi que les représentants du Brésil, de la France, de l'Indonésie, de la Norvège, du Sénégal, de l'Afrique du Sud et de la Thaïlande, nous sommes réunis à New York le 24 septembre 2026, dans le cadre de la quatre-vingt-unième session de l'Assemblée générale des Nations Unies (AGNU81).
2. Nous avons réaffirmé nos engagements communs envers la déclaration ministérielle d'Oslodu 20 mars 2007, intitulée « La santé mondiale : un enjeu urgent de politique étrangère de notre époque », ainsi qu'envers le communiqué ministériel du 22 septembre 2017, intitulé « Renouveler dix ans d'efforts concertés et se préparer à de nouveaux défis », qui soulignaient tous les deux le rôle essentiel de la politique étrangère dans l'amélioration des résultats en matière de santé.
3. Nous avons été heureux de célébrer le 20e anniversaire de l'initiative « Diplomatie et santé », et nous saluons son rôle de pilotage stratégique dans la sphère multilatérale, en tant que forum transrégional capable de présenter aux forums internationaux de santé les problèmes d'intérêt, en vue de bâtir le consensus sur leur résolution à travers la politique étrangère. Il s'agit d'un forum transrégional qui contribue à attirer l'attention sur les problèmes de santé mondiale et de proposer des actions multilatérales pour y faire face. La résolution annuelle du groupe « Diplomatie et santé » présentée à l'Assemblée générale des Nations Unies sur des sujets importants liés à la santé mondiale et de politique étrangère contribue chaque année à faire progresser l'agenda de la santé.
4. Nous avons souligné qu'un système de santé multilatéral renforcé est plus nécessaire que jamais pour améliorer notre prévention, notre préparation et notre réponse collectives aux pandémies et aux crises de santé publique, comme les récentes épidémies d'hantavirus, de Mpox et d'Ebola nous l'ont rappelé. Nous avons salué l'organisation de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies, qui s'est tenue le 25 septembre, en marge de la 81e session de l'Assemblée générale, et nous nous sommes réjouis de l'adoption d'une déclaration politique axée sur l'action.
5. Nous avons souligné les étapes importantes franchies lors des dernières années en matière de prévention, préparation et réponse aux pandémies, notamment la création du Fonds pandémies en 2022, l'adoption des amendements aux Règlement sanitaire international en 2024 et l'adoption de l'Accord de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les pandémies lors de la 78e Assemblée mondiale de la Santé. Les pays de l'initiative « diplomatie et santé » , en collaboration étroite avec l'OMS, se sont fortement engagés pour atteindre ces résultats, contribuant à une architecture mondiale de prévention, préparation et réponse aux pandémies plus cohérente.
6. Nous avons à nouveau insisté sur l'importance de la conclusion rapide de l'annexe relative au système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages de l'Organisation mondiale de la Santé (l'"Annexe PABS"), afin que l'Accord sur les pandémies puisse être ouvert à la signature et à la ratification, et entrer en vigueur sans délai, dans le but de permettre une réponse plus rapide aux futures pandémies et de favoriser un accès équitable. Nous avons réaffirmé notre engagement à poursuivre nos efforts dans ce sens, ainsi qu'en faveur de la mise en œuvre complète de l'accord.
7. Nous avons également souligné que la prévention, la préparation et la réponse efficaces aux pandémies nécessitent un accès équitable, abordable et rapide aux vaccins, aux traitements, aux diagnostics et aux autres produits de santé essentiels, en particulier pour les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire.
8. Nous avons réaffirmé notre engagement envers l'approche "Une seule santé" intersectorielle, qui vise à reconnaître et à renforcer les liens entre la santé humaine, la santé animale, la santé des végétaux et la santé des écosystèmes, qui sont essentiels pour prévenir les maladies transmissibles et non transmissibles. Nous avons salué l'organisation du Sommet « Une seule santé » , qui s'est tenu à Lyon du 5 au 7 avril 2026, ainsi que le soutien politique croissant accordé à « Une seule santé » . Nous avons également souligné le rôle des organisations quadripartites, à savoir l'Organisation mondiale de la Santé, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'Organisation mondiale de la santé animale et le Programme des Nations unies pour l'Environnement, et leur collaboration et coopération continues, ainsi que le rôle des organisations régionales de santé publique. Nous avons insisté sur l'importance d'intégrer l'expertise scientifique et intersectorielle à l'interface entre les humains, les animaux et l'environnement dans les cadres normatifs et les politiques de santé, en particulier dans le domaine de la prévention, de la préparation et de la réponse aux pandémies.
9. À cet égard, nous avons salué l'inclusion d'une approche "Une seule santé" dans un instrument juridiquement contraignant au niveau international, pour la première fois, grâce à l'adoption de l'Accord sur les pandémies. Nous nous sommes engagés à œuvrer conjointement pour la mise en œuvre effective de cette approche intégrée, en proposant la première résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies sur "Une seule santé".
10. Nous avons réaffirmé que le multilatéralisme n'est pas une option parmi d'autres dans le domaine de la santé : les agents pathogènes ne connaissent pas de frontières, et aucun pays ne peut protéger sa population de manière isolée. Nous avons salué le rôle central de l'OMS, en tant qu'autorité directrice et coordonnatrice des activités internationales en matière de santé, ainsi que ses fonctions de définition de normes et de référence.
11. Nous avons dénoncé les tentatives de politiser la science et avons appelé à des efforts renforcés pour lutter contre la désinformation et la diffusion de fausses informations. Nous avons également reconnu que les recommandations scientifiques et fondées sur des preuves fournies par l'OMS constituent un bien public mondial, essentielles pour relever efficacement les défis de santé, favoriser un accès équitable et améliorer la santé de tous.
12. Nous avons constaté les nombreux défisauxquels est confronté actuellement l'écosystème mondial de la santé, notamment la diminution de l'aide au développement, l'intensification des impacts démographiques et climatiques, les contraintes budgétaires, la hausse des besoins en matière de santé, les conflits prolongés et les déséquilibres économiques, qui menacent de compromettre les progrès réalisés de haute lutte en matière de santé, de développement et de bien-être humain, et qui justifient une refonte profonde de l'architecture internationale de santé. Dans ce contexte, nous avons réaffirmé l'importance de lutter contre les inégalités persistantes en matière de santé et de veiller à ce qu'aucun pays ou population ne soit laissé pour compte dans les efforts visant à renforcer la santé mondiale. Nous nous sommes engagés à soutenir, au plus haut niveau politique, une réponsemultilatérale à ces défis etune architecture internationale de santé réformée qui, entre autres objectifs, devrait permettre une évolution fondamentale vers une plus grande autonomie des pays en matière de santé et préserver le rôle central de l'OMS au sein de cet écosystème, en tenant compte des discussions en cours sur l'évolution du système multilatéral de développement, de l'architecture financière mondiale et de l'initiative ONU80.
13. Nous avons reconnu les nombreuses initiatives mondiales, régionales et nationales qui ont vu le jour ces dernières années pour faire progresser la réforme de l'architecture internationale de santé. Nous avons également salué le processus de réforme conjoint et inclusif organisé par l'OMS, soulignant son rôle essentiel dans la promotion de la convergence et la construction d'un consensus entre les acteurs de la santé mondiale, afin de formuler des recommandations concrètes en matière de réforme en vue de la 80e Assemblée mondiale de la Santé.
14. Nous avons réaffirmé notre engagement à renforcer notre dialogue et à mieux coordonner nos actions sur le terrain, à New York et à Genève, dans le cadre desdits processus auxquels les pays membres du groupe « Diplomatie et santé » participent pleinement.
15. Nous avons exprimé notre gratitude envers la France pour ses efforts pendant sa présidence en 2026, et nous avons chaleureusement accueilli l'Indonésie en tant que pays président de l'initiative en 2027.