UN - United Nations

10/12/2026 | Press release | Distributed by Public on 10/12/2026 15:04

À la Quatrième Commission, des visions divergentes se confrontent à propos des situations de Gibraltar, des Îles Falkland (Malvinas) et du Sahara occidental

Ce matin, la Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, s'est penchée sur les questions de Gibraltar, des Îles Falkland (Malvinas) et du Sahara occidental, dans le contexte plus large des processus de décolonisation en cours dans les territoires non autonomes. Dix-sept figurent encore sur la liste établie par l'ONU en 1946.

À propos de Gibraltar, le Royaume-Uni a rappelé que le peuple du Rocher jouit du droit à l'autodétermination. Sa Constitution en date de 2006 permet selon la délégation un partenariat « mature et moderne » avec Londres, qui n'a aucune intention d'entrer dans des arrangements par lesquels la population locale passerait sous la souveraineté d'un État tiers contre sa volonté.

Le représentant britannique s'est par ailleurs félicité de l'accord conclu en juillet entre le Royaume-Uni et l'Union européenne à propos de Gibraltar, sans modification des positions respectives de Londres et de Madrid sur la souveraineté et la juridiction du territoire, qui demeurent inchangées.

Gibraltar est une « colonie qui affecte l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Espagne », a rétorqué la délégation de ce pays. C'est pourquoi l'Assemblée générale de l'ONU appelle, depuis 1964, à faire en sorte que cette question soit réglée par le biais de négociations: « Il n'existe pas d'autre solution qu'un processus négocié sur la question de Gibraltar », a insisté l'Espagne.

Le Royaume-Uni a également réaffirmé sa souveraineté sur les « Îles Falkland », les Îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes. Les activités liées aux hydrocarbures menées sur le plateau continental sont réglementées par le droit des « Îles Falkland », a argué la délégation britannique, conformément au droit international. La décision de soumettre cette question à un arbitrage au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer constitue à ses yeux la « dernière tentative » d'altérer les moyens de subsistance des habitants des « Îles Falkland ».

Autant d'arguments rejetés par l'Argentine, qui a considéré ces îles, « occupées illégalement », comme faisant partie intégrante de son territoire. L'Assemblée générale a adopté 10 résolutions qui l'établissent, a fait valoir la délégation. La décision d'initier un arbitrage au titre de la Convention démontre au contraire selon elle son respect du droit international à propos d'un différend que Londres « préfère ignorer ». La délégation argentine a retiré tout fondement au droit à l'autodétermination des habitants des « Îles Malvinas », qui sont à ses yeux une population « implantée ».

Comme la Chine, la Colombie et la République dominicaine, le Honduras a pris fait et cause pour l'Argentine au sujet de ce différend territorial, saluant au passage l'engagement de Buenos Aires en faveur du droit international et du règlement pacifique des contentieux.

En ce qui concerne les Îles Vierges britanniques, le Royaume-Uni a indiqué qu'il compte aider ce territoire à obtenir son indépendance, en poursuivant les négociations entreprises en vue d'une réforme constitutionnelle.

La question du Sahara occidental est l'illustration des défis auxquels se heurte la décolonisation, a noté le Zimbabwe. Le « long retard » pris dans l'organisation du référendum prévu par le Plan de règlement, approuvé tant par l'ONU que par l'Union africaine, a « perpétué l'incertitude et privé le peuple sahraoui de son droit de décider de son propre avenir ». La délégation zimbabwéenne a exhorté la Commission à maintenir le Sahara occidental sur la liste des territoires non autonomes, tout en soutenant l'appel du Conseil de sécurité en faveur de la reprise du processus politique.

Pour la Guinée-Bissau, suivie sur ce point par le Burundi, Djibouti et la Jordanie, la résolution 2797 (2025) du Conseil marque un « réajustement significatif » de l'approche de cet organe, en reconnaissant la proposition d'autonomie du Maroc en tant que base d'une solution politique durable. Pour tirer parti de la dynamique créée par cette résolution, la Guinée-Bissau a encouragé les parties prenantes à s'engager de bonne foi dans ce processus.

Ce différend régional « freine la coopération régionale et prive le continent africain d'importantes opportunités de développement », a observé le Togo. C'est pourquoi il a réitéré son appui au plan marocain d'autonomie. Dans cette même veine, le Bénin a exhorté le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Front POLISARIO à poursuivre leur participation à ce processus, afin de parvenir à une solution définitive à ce différend « qui n'a que trop duré ».

« L'autodétermination du peuple sahraoui n'est pas négociable », a déclaré la République-Unie de Tanzanie. « On ne peut pas célébrer la décolonisation de l'Afrique si le Sahara occidental n'occupe toujours pas la place qui lui revient dans le concert des nations », a-t-elle renchéri, avant d'inciter les parties à reprendre les négociations.

La Namibie a considéré tout règlement qui ne prendrait pas en compte la volonté légitime du peuple sahraoui comme nul et non avenu. En conséquence, elle a invité la communauté internationale à se ranger du « bon côté de l'histoire », en s'abstenant de tout engagement qui aurait pour effet de perpétuer l'appropriation illicite des ressources de ce territoire. Pour la Chine, les parties à la question du Sahara occidental doivent fonder leurs actions sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Haïti a jugé regrettable que les « séquelles profondément douloureuses » laissées par les « systèmes colonialiste et esclavagiste » soient souvent ignorées. Ce pays s'est en revanche félicité de la création de la commission mixte franco-haïtienne d'historiens chargée d'examiner cette période. Si ce mécanisme de dialogue et de recherche historique permet d'aboutir à des résultats concrets, il pourrait s'avérer une expérience utile pour l'examen d'autres situations similaires, a suggéré la délégation haïtienne.

Premier pays d'Afrique subsaharienne à accéder à l'indépendance, le Ghana a estimé le moment venu de faire la part des choses entre ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné dans les processus de décolonisation. « Trop de résolutions que nous adoptons chaque année sont reconduites sans grand changement, alors même que la situation des peuples concernés évolue », a-t-il observé, avant d'encourager le Comité spécial à axer ses méthodes de travail sur les résultats.

Pour conclure le « chantier inachevé de la décolonisation », la Chine a appelé les puissances administrantes à respecter les résolutions pertinentes de l'ONU et à prendre des mesures pour améliorer le développement socioéconomique des peuples des territoires non autonomes. Pour le Honduras, la Guinée équatoriale et l'Iran, un dialogue permanent est plus que jamais nécessaire entre les puissances administrantes, le Comité spécial et les peuples des territoires.

La persistance des conflits affecte non seulement la vie des populations des territoires non autonomes, mais aussi la crédibilité du multilatéralisme, a mis en garde Djibouti.

UN - United Nations published this content on October 12, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on October 12, 2026 at 21:04 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]