WHO - World Health Organization

06/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/25/2026 09:34

Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS lors du point de presse du 24 juin 2026

Bonjour à toutes les personnes présentes aujourd'hui, et bonjour ou bonsoir à toutes celles qui sont en ligne, où qu'elles se trouvent dans le monde.

Je souhaiterais tout d'abord parler de la flambée d'Ebola en République démocratique du Congo.

Il est encourageant de constater que, depuis que la flambée a été notifiée il y a cinq semaines, la riposte s'est considérablement intensifiée, sous la direction du Gouvernement.

Au cours des cinq dernières semaines, le nombre de lits de traitement est passé de moins de 10 à plus de 500 dans 19 centres de santé.

Avec le soutien de l'OMS et des CDC-Afrique, les capacités de laboratoire sont passées de 30 tests par jour au laboratoire central de Kinshasa à plus de 2000 tests par jour dans neuf laboratoires de trois provinces.

De plus en plus de communautés prennent conscience des risques liés à Ebola et demandent les outils et le soutien nécessaires pour se protéger

et plus de 100 personnes sont désormais guéries. Grâce à la détection précoce et à des soins de soutien, beaucoup de gens survivent à la maladie.

Mais nous pourrions sauver encore bien plus de vies grâce aux traitements.

Les préparatifs sont maintenant terminés pour un essai de deux traitements, qui devrait débuter en RDC la semaine prochaine.

Cet essai permettra de déterminer si deux antiviraux, le MBP134 et le remdésivir, seuls ou associés, peuvent contribuer à faire baisser la mortalité chez les patients atteints de la maladie à virus Bundibugyo.

Nous remercions les États-Unis d'Amérique et Gilead Sciences d'avoir donné des doses pour cet essai. Nous donnerons plus d'informations, avec nos partenaires, la semaine prochaine.

L'OMS et ses partenaires collaborent étroitement avec les communautés pour les informer et les faire participer à l'essai.

Elle veille également à ce que les communautés aient accès aux traitements s'ils s'avèrent sûrs et efficaces.

L'essai sera mené par un consortium de partenaires, dont font partie l'Institut national de recherche biomédicale de la RDC, l'ALIMA, l'Université d'Oxford et l'OMS.

Malgré des progrès encourageants, nous sommes encore confrontés à d'importantes difficultés et la riposte reste insuffisante.

On compte désormais 1094 cas confirmés, dont 277 mortels.

La flambée continue de progresser rapidement.

Il est essentiel de mener une action de sensibilisation et d'agir au niveau politique pour créer les conditions permettant d'améliorer l'accès humanitaire et de mener une riposte à plus grande échelle, car la situation dans laquelle la flambée sévit est complexe.

En Ouganda, un nouveau cas a été signalé dimanche dernier, le premier en deux semaines.

Cela porte à 20, dont deux mortels, le nombre de cas confirmés en Ouganda.

Tous les cas en Ouganda sont liés à la flambée en RDC. Aujourd'hui, la France a signalé qu'un médecin de l'ALIMA, revenu de RDC après y avoir soigné un patient atteint d'Ebola, a été testé positif au virus, et est désormais surveillé et soigné.

Ce cas rappelle les risques auxquels sont confrontés les intervenants en première ligne.

Près de 80 agents de santé ont été infectés, ce qui montre les risques auxquels ils sont exposés et l'importance de renforcer la lutte anti-infectieuse.

L'OMS conseille aux pays de faciliter le déploiement en toute sécurité du personnel qui participe à la riposte à la flambée.

Ils doivent notamment veiller à ce que les organisations déployant du personnel fournissent des informations claires sur les risques et sur la manière de réduire et de gérer le risque d'exposition, et soient prêts à faciliter les évacuations, si nécessaire.

Toutefois, le risque pour le reste du monde reste faible.

Sous l'égide du Gouvernement, la riposte coordonnée à la flambée commence à porter ses fruits. Mais il faut faire plus.

La recherche des contacts reste sous-optimale.

Les capacités des centres de traitement et d'isolement sont insuffisantes.

Les inhumations sans risque et dans la dignité restent très problématiques.

Le système de santé est sous pression.

La fermeture des frontières entrave toujours la riposte.

De multiples incidents de sécurité ont été signalés.

La zone touchée est en proie à une crise humanitaire qui dure depuis des décennies

et le soutien financier n'est toujours pas suffisant.

Ce mois-ci, l'OMS et les CDC-Afrique ont annoncé un plan commun de préparation et de riposte pour le continent africain qui reflète les besoins de financement des partenaires, qui s'élèvent à 518 millions USD.

Les premiers rapports financiers sur les annonces de contributions et les engagements en faveur du plan devraient être disponibles la semaine prochaine, ce qui permettra d'avoir une idée plus claire des lacunes et des besoins.

===

Passons maintenant à la flambée due au hantavirus.

Le nombre total de cas liés à cette flambée reste de 13, dont trois mortels.

Au total, plus de 650 contacts ont été identifiés et suivis par les autorités sanitaires locales dans 33 pays et territoires.

Tous les contacts, sauf 54, ont terminé leur quarantaine, et autres doivent la terminer avant le 2 juillet.

Si aucun autre cas n'est signalé d'ici là, l'OMS considérera que la flambée est terminée.

Cependant, l'OMS continuera à travailler pour mieux comprendre cette flambée et le hantavirus en général.

En collaboration avec les gouvernements et les partenaires, nous poursuivons les enquêtes sur le déclenchement de la flambée et sa propagation parmi les personnes à bord du navire.

Nous travaillons également avec des partenaires qui ont collecté des échantillons environnementaux à bord. De plus, nous coordonnons une étude auprès de personnes exposées au virus dans 21 pays, afin de mieux comprendre comment la maladie évolue.

Nous entreprenons également des démarches pour qu'un échantillon du virus soit partagé avec le BioHub de l'OMS en Suisse.

Ce sera important pour mettre au point des outils de diagnostic, des traitements et des vaccins en cas de future pandémie.

Je remercie tous les pays qui ont contribué de différentes manières à la riposte à cette flambée, et en particulier l'Espagne, qui a fait preuve de leadership et de solidarité, par l'intermédiaire de son Premier Ministre, Pedro Sánchez.

Je remercie également le capitaine du MV Hondius, Jan Dobrogowski, son équipage et tous les passagers pour leur coopération alors que la situation était très difficile.

===

Passons maintenant au conflit en cours au Soudan.

Dans la ville d'El Obeid, au Kordofan du Nord, la situation humanitaire continue de se dégrader.

L'OMS fait écho aux préoccupations soulevées par le Conseil de sécurité de l'ONU concernant le risque imminent d'atrocités criminelles, et est favorable à un arrêt immédiat des attaques.

Dans le Kordofan occidental voisin, le Ministère de la santé de l'État a signalé 734 cas suspects de choléra, dont 105 mortels depuis le 15 mai.

La flambée sévit alors que les systèmes de santé sont perturbés par des conflits prolongés. L'OMS et ses partenaires ripostent à la flambée en améliorant l'accès à l'eau potable et aux moyens d'assainissement, en créant des centres de traitement du choléra, en prépositionnant des tests de diagnostic rapide et des médicaments et en envoyant des échantillons au Soudan du Sud pour analyse.

===

Enfin, les pays d'Europe et de l'hémisphère nord connaissent une vague de chaleur extrême.

Les vagues de chaleur extrême constituent l'une des menaces les plus graves, et dont l'ampleur augmente le plus rapidement, pour la santé et la sécurité, parmi celles liées aux changements climatiques.

Elles font environ un demi-million de morts dans le monde chaque année, alors que beaucoup de ces décès sont évitables.

La chaleur touche tout le monde, mais les personnes pour lesquelles les risques sont les plus grands sont les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques, les enfants, les femmes enceintes, les travailleurs exposés à la chaleur extrême et les populations socialement défavorisées.

Les vagues de chaleur peuvent également constituer un risque majeur pour la santé des personnes assistant à des rassemblements de masse et à des événements sportifs.

À l'occasion de la Coupe du monde de football, l'OMS collabore avec la FIFA et les pays hôtes dans le cadre de l'initiative « Beat the Heat », afin d'établir des plans d'action, de mener des campagnes de sensibilisation, de mettre en place des systèmes d'alerte précoce, d'améliorer l'accès à l'eau potable et de mettre en œuvre des stratégies de rafraîchissement ainsi qu'une planification intelligente.

Les supporters, les travailleurs et les organisateurs d'événements sont tous exposés à la chaleur. Les protéger montre clairement que la santé doit être au cœur des événements mondiaux.

Christian, je vous rends la parole.

WHO - World Health Organization published this content on June 24, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on June 25, 2026 at 15:34 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]