UNOG - United Nations Office at Geneva

03/12/2026 | News release | Distributed by Public on 03/12/2026 10:44

À l’ONU, le retour des sanctions contre l’Iran fracture le Conseil de sécurité

À peine la séance ouverte, la bataille a commencé. Jeudi, au Conseil de sécurité des Nations Unies, une discussion consacrée au rétablissement des sanctions internationales contre l'Iran a immédiatement tourné à un affrontement juridique sur la légitimité même de la réunion.

Moscou avait tenté d'empêcher la tenue de la séance. Selon l'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, les résolutions relatives aux sanctions contre l'Iran « ne sont plus en vigueur depuis 2015 ». En conséquence, a-t-il affirmé, la séance « n'a pas de fondement » et ne devrait pas se tenir.

La Chine a soutenu cette lecture, dénonçant une réactivation « frauduleuse » des sanctions par les Européens. Mais la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont défendu l'inverse, estimant que les mesures punitives ont été légalement rétablies après les violations répétées par l'Iran de ses engagements nucléaires.

Il a fallu un vote procédural pour trancher la question. Résultat : 11 membres du Conseil ont voté pour la tenue de la réunion, deux contre et deux se sont abstenus. La séance pouvait commencer.

Le retour explosif du « snapback »

Au cœur du débat se trouve le mécanisme dit de « snapback », prévu par l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en juillet 2015. Ce dispositif permettait à un État signataire de rétablir automatiquement les sanctions internationales contre l'Iran en cas de violation par Téhéran de ses engagements. L'accord - officiellement appelé Plan d'action global commun - devait sceller un compromis durable : des restrictions strictes et vérifiables sur les activités nucléaires iraniennes, en échange d'un allégement des sanctions qui asphyxiaient l'économie du pays.

À la demande de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni - le groupe dit E3 - ces sanctions ont été réactivées, fin septembre 2025, après l'effondrement progressif de l'accord. Les mesures concernent notamment un embargo sur les armes vers et en provenance de l'Iran ainsi que l'interdiction de ses activités d'enrichissement et de retraitement d'uranium.

Pour Londres, la responsabilité de cette situation incombe entièrement à Téhéran. « C'est l'Iran qui a toujours refusé de dissiper les préoccupations internationales », a déclaré l'ambassadeur britannique James Kariuki. Il a accusé la République islamique de ne pas coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'agence onusienne au centre de l'édifice de Vienne, qui devait bénéficier d'un accès sans entrave aux sites nucléaires iraniens, afin de vérifier leur nature strictement civile. Or, selon M. Kariuki, Téhéran n'a pas été en mesure d'expliquer pourquoi le pays avait besoin de plus de 400 kilogrammes d'uranium enrichi.

Les États-Unis, qui président le Conseil pour le mois de mars, ont appelé à une application stricte de ces sanctions. « On ne doit pas laisser l'Iran continuer à tenir le monde en otage », a déclaré l'ambassadeur américain Michael Waltz, exhortant également à faire pression sur la Russie et la Chine, accusées de bloquer la mise en place du comité chargé de superviser ces mesures.

Moscou dénonce une « illégalité »

Moscou conteste frontalement cette lecture. Pour la Russie, le mécanisme de snapback « n'a pas été réactivé ».

Selon son ambassadeur, Vassily Nebenzia, l'accord nucléaire iranien a été compromis dès le retrait unilatéral des États-Unis en 2018, lors du premier mandat de Donald Trump. Dans ces conditions, a-t-il soutenu, les Européens ne pouvaient pas activer les instruments prévus par un accord qu'ils auraient eux-mêmes violé.

Washington n'a désormais, selon lui, « ni base juridique ni base morale » pour réclamer le rétablissement des sanctions.

Moscou voit dans la crise actuelle la confirmation d'une stratégie occidentale visant à justifier l'offensive militaire israélo-américain lancée le 28 février contre l'Iran. Selon le représentant russe, les événements récents montrent que « le règlement diplomatique n'était pas dans les projets des États-Unis et de leurs alliés ».

L'héritage brisé de l'accord de Vienne

La querelle juridique renvoie à l'histoire tourmentée de l'accord nucléaire conclu en juillet 2015 entre l'Iran et les grandes puissances.

Après le retrait de Washington, l'Iran a progressivement cessé de respecter certaines de ses obligations à partir de 2019, tandis que l'AIEA voyait se réduire son accès à plusieurs installations sensibles.

La situation a basculé à l'été 2025 lorsque l'agence onusienne a alerté sur l'ampleur des stocks d'uranium enrichi à 60 %, un niveau techniquement proche de celui nécessaire pour une arme nucléaire, tout en reconnaissant avoir « perdu la continuité de sa connaissance » du programme iranien.

Dans la foulée, une confrontation entre l'Iran et Israël au mois de juin s'est soldée par des raids américains sur des sites nucléaires sensibles à Fordo, Ispahan et Natanz.

Une crise sur fond de conflit militaire

Depuis, la question nucléaire iranienne a quitté le seul terrain diplomatique.

Le 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé une offensive contre plusieurs sites iraniens, déclenchant une série de représailles de Téhéran contre des pays du Golfe et du Moyen-Orient alliés de Washington.

Mercredi, le Conseil de sécurité a adopté une résolution condamnant ces attaques iraniennes. Même la Russie, pourtant partenaire stratégique de Téhéran, s'est abstenue de voter contre le texte, tout en le jugeant « déséquilibré » et en reprochant au Conseil d'ignorer l'événement déclencheur des représailles : les frappes israélo-américaines.

Dans ce climat de confrontation régionale et de paralysie diplomatique, la réunion de jeudi a illustré l'ampleur des divisions entre grandes puissances.

Derrière la querelle de procédure sur la validité des sanctions se dessine en réalité une fracture plus profonde : celle d'un ordre international qui éprouve des difficultés à s'accorder sur la manière de contenir - ou de gérer - le programme nucléaire iranien, désormais pris dans l'engrenage d'une guerre ouverte.

POUR EN SAVOIR PLUS, lire, ci-dessous, la couverture en direct assurée par nos collègues de la Section de la couverture des réunions des Nations Unies.

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UNOG - United Nations Office at Geneva published this content on March 12, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on March 12, 2026 at 16:44 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]