03/19/2026 | Press release | Archived content
Alors qu'un juge doit se prononcer sur la requête des avocats de Frenchie Mae Cumpio visant à réexaminer la récente condamnation de la journaliste sur la base d'une accusation de "financement du terrorisme" montée de toutes pièces, le juge devra également statuer sur sa demande de libération sous caution. Reporters sans frontières (RSF) et la coalition #FreeFrenchieMaeCumpio réitèrent leur appel à sa libération immédiate. Après plus de six ans de détention sur la base d'accusations infondées, il est plus que temps de libérer cette figure emblématique du journalisme indépendant aux Philippines.
L'occasion de corriger une grave injustice. Ce 23 mars 2026, un juge philippin doit se prononcer sur la demande de réexamen de la condamnation de Frenchie Mae Cumpio pour "financement du terrorisme" et sur une requête concernant sa mise en liberté sous caution. La journaliste est détenue depuis le 7 février 2020, date à laquelle la police et l'armée ont perquisitionné son domicile et l'ont arrêtée. À l'époque, Frenchie Mae Cumpio était directrice exécutive du site d'information Eastern Vistaet animatrice de journal radio sur Aksyon Radyo-Tacloban DYVL, où elle couvrait régulièrement les abus de l'armée et de la police dans la région des Visayas orientales, dans l'est des Philippines.
Le 22 janvier 2026, la journaliste a finalement été acquittée d'une accusation de "possession illégale d'armes à feu", mais elle a été condamnée pour "financement du terrorisme", sur la seule base des témoignages de personnes qui, selon une enquête de RSF, sont sous protection militaire et ont témoigné dans plusieurs affaires similaires de droits humains intentées par l'armée contre des civils. Elle risque désormais une peine de prison de 12 à 18 ans.
"Frenchie Mae Cumpio n'aurait jamais dû passer un seul jour en prison. Il est urgent que les Philippines reviennent sur cette décision alarmante. Depuis son arrestation, notre coalition d'ONG mobilisées pour sa libération demande que cette injustice cesse, une bonne fois pour toutes. Le président Ferdinand "Bongbong" Marcos Jr. doit enfin agir pour la faire libérer. C'est à cette condition seulement qu'il pourra démontrer l'engagement en faveur de la liberté de la presse qu'il prétend défendre.
Indignation internationale
L'affaire contre Frenchie Mae Cumpio suscite une mobilisation internationale croissante. Début mars 2026, cinq experts de l'ONU, dont Ben Saul, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits de l'homme dans la lutte antiterroriste, ont qualifiéla condamnation de Frenchie Mae Cumpio de "profondément troublante"et ont déclaré qu'elle et sa coaccusée devraient "au minimum, être libérées sous caution le temps de la procédure d'appel". Plus tôt cette année, RSF et la coalition #FreeFrenchieMaeCumpio ont rassemblé90 organisations de défense de la presse pour appeler le président Marcos à la faire libérer immédiatement.
Les Philippines figurent parmi les pays les plus dangereux au monde pour les professionnels des médias, se classant au 116ᵉ rang sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 de RSF.
La coalition #FreeFrenchieMaeCumpio est composée de RSF, AlterMidya, du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), de Free Press Unlimited (FPU) et de l'Union nationale des journalistes des Philippines (NUJP).