03/24/2026 | Press release | Archived content
Dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, les équipes nationales de santé numérique sont confrontées à une réalité bien connue : des systèmes fragmentés, des applications qui se chevauchent et une pression croissante pour fournir aux professionnels de santé des données fiables et exploitables.
Répondre à ces défis systémiques ne se limite pas à l'adoption de technologies ; cela exige un leadership stratégique, une gouvernance coordonnée et une vision nationale à long terme. Pour accélérer les progrès, l'Académie de l'OMS, en collaboration avec l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a proposé une formation de 12 semaines intitulée Santé numérique : Planification des systèmes nationaux, réunissant des participants issus de pays francophones des Régions africaine et de la Méditerranée orientale.
Afin d'accompagner la transition d'outils fragmentés vers des systèmes nationaux intégrés, le programme a apporté non seulement des connaissances techniques, mais aussi un cadre structuré permettant aux pays de repenser les fondements de leur santé numérique. Avec un taux de satisfaction de 91 %, la formation a aidé les pays à amorcer la transformation de leurs écosystèmes de la santé numérique, grâce à une meilleure compréhension, un apprentissage collaboratif et une application concrète.
La diversité des pays participants a enrichi les échanges, permettant de confronter les enseignements à des réalités institutionnelles, techniques et politiques variées. Soixante responsables de la santé numérique issus de 16 pays francophones ont participé à la formation : Algérie, Bénin, Cameroun, Comores, Côte d'Ivoire, Djibouti, Gabon, Liban, Mali, Mauritanie, Maurice, Maroc, République du Congo, Rwanda, Togo et Tunisie. Chacun a apporté les spécificités de son système de santé. Dans ces pays, les solutions de santé numérique se sont multipliées, souvent développées pour des maladies ou des programmes spécifiques.
Comme l'explique Kossi Anani, spécialiste des données et participant du Togo :
« Nous utilisons un outil pour la tuberculose, un autre pour le VIH, un pour la vaccination et un autre pour la chimioprévention du paludisme saisonnier. Sans une approche plus intégrée, nous risquons d'accumuler des outils isolés et non interopérables. »
Pour d'autres, le défi ne réside pas seulement dans la fragmentation, mais aussi dans l'alignement avec les priorités de santé. « Cette formation répond de manière pertinente et concrète aux défis de la santé numérique dans mon pays, en apportant une vision stratégique, des outils utiles et une approche structurée », souligne Boualem Bendjedia, assistant TIC à l'OMS en Algérie.
Ces témoignages reflètent une compréhension commune : des systèmes de santé numérique robustes reposent sur une planification coordonnée, une gouvernance claire et des solutions ancrées dans les réalités nationales.
Afin de traduire les réflexions en renforcement concret des capacités, la formation a combiné apprentissage structuré et projets nationaux appliqués. Sur 12 semaines, les participants ont suivi 12 heures d'apprentissage en autonomie, 12 sessions en direct axées sur les échanges, l'apprentissage entre pairs et le travail en groupe, ainsi qu'un projet final appliqué aux priorités nationales.
Le programme couvrait les fondements de la transformation numérique, notamment les systèmes de santé, l'élaboration de stratégies nationales, l'architecture d'entreprise, la gouvernance, l'analyse des coûts, la passation de marchés, les services financiers numériques et les tendances émergentes.
Les participants ont souligné que la formation rendait des concepts complexes accessibles et directement applicables. Kossi a notamment indiqué que la formation montrait comment passer d'applications isolées à des plateformes nationales intégrées, durables et interopérables.
Boualem a mis en avant l'impact sur la gouvernance : « Elle a renforcé la prise de conscience de la nécessité de travailler de manière structurée et systématique et d'impliquer les parties prenantes dès le départ pour garantir l'appropriation et la durabilité. »
Tout au long du programme, les participants ont commencé à appliquer ces compétences à des initiatives nationales, allant de la télémédecine aux identifiants uniques des patients, en passant par les plateformes de données en temps réel.
Au Togo, par exemple, Kossi explique que la formation a permis d'identifier une lacune dans un projet de visualisation des données : « L'initiative est prometteuse, mais le système de collecte et de remontée des données n'était pas défini. Grâce à la formation, j'ai pu identifier cette lacune et réorienter les efforts avant d'aller plus loin. »
Boualem souligne également l'apport stratégique : « Le projet final m'a permis de comprendre les liens entre stratégie nationale de santé, transformation numérique et résilience des systèmes. Cela a profondément changé ma manière d'aborder les initiatives en santé numérique. »
Ces expériences mettent en évidence un constat clé : la transformation numérique réussit lorsque les acteurs nationaux passent d'une mise en œuvre fragmentée à une approche stratégique à l'échelle du système.
Dans des contextes où l'expansion du numérique dépasse souvent l'intégration des systèmes, le renforcement des capacités stratégiques n'est pas optionnel : il constitue un fondement essentiel de la résilience des systèmes de santé.
Un axe central du programme consistait à aider les pays à évaluer leur environnement favorable à la santé numérique : ressources humaines, infrastructures, réglementation, gouvernance et cybersécurité. Ces évaluations permettent d'orienter les investissements vers des solutions interopérables et durables, plutôt que vers des outils isolés.
En renforçant le leadership et la planification stratégique, le programme soutient le pilotage national à long terme et la souveraineté numérique, deux piliers essentiels de systèmes de santé résilients.
Cette formation s'inscrit dans un effort plus large de l'Académie de l'OMS visant à garantir un apprentissage accessible, contextualisé et aligné sur les besoins locaux. Le Département Données, Santé Numérique, Analytique et Intelligence Artificielle de l'OMS, en collaboration avec l'Académie, continuera d'élargir l'accès à ce programme et de renforcer les réseaux de pairs, afin que davantage de pays disposent des outils et de la confiance nécessaires pour conduire leur transformation numérique.