WHO - World Health Organization Regional Office for Africa

04/21/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/21/2026 06:28

Au Cameroun, rester vigilant face à la maladie du sommeil

Au Cameroun, rester vigilant face à la maladie du sommeil

21 avril 2026

Campo - À Campo, une ville forestière humide du sud du Cameroun, la vie quotidienne tourne autour de la pêche et de l'agriculture. Certaines maladies transmises par des insectes continuent d'exister malgré leur forte baisse, dont la maladie du sommeil, aussi appelée trypanosomiase humaine africaine. Causée par un parasite transmis par la piqûre de la mouche tsé-tsé, elle peut atteindre le système nerveux en l'absence de traitement et devenir mortelle.

Philippe, 21 ans, pêcheur à Campo Beach, a été touché par la maladie, qu'il a d'abord négligée. Il a commencé par ressentir une grande fatigue, de la fièvre et un malaise général. Comme beaucoup, il n'a pas consulté immédiatement. « Au début, j'ai pensé à une maladie courante. J'ai pris un traitement à la maison, sans succès. Après plusieurs semaines sans amélioration, je me suis rendu à l'hôpital, où des examens ont permis de confirmer la maladie du sommeil », explique-t-il.

Une fois le diagnostic posé au Centre médical d'arrondissement (CMA) de Campo, Philippe a été pris en charge et son état s'est progressivement amélioré. Il a ensuite pu reprendre son travail. « Je vais beaucoup mieux maintenant. Je suis content d'avoir été soigné à temps », témoigne-t-il.

Ce type de situation reste fréquent, car les premiers signes de la maladie du sommeil ressemblent à ceux d'autres infections courantes, notamment le paludisme. Cela peut retarder la consultation et le diagnostic, alors que le traitement est plus efficace quand il est commencé tôt. Pour réduire ces retards, les services de santé, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), renforcent la surveillance, le dépistage et la formation des professionnels de santé.

« Aujourd'hui, nous avons très peu de cas, mais cela ne signifie pas que la maladie a disparu », explique la Dre Marie Françoise Ngo Sol, médecin épidémiologiste au sein du Programme national de lutte contre la trypanosomiase humaine africaine. « Notre priorité est de maintenir la vigilance, car chaque consultation précoce et chaque cas détecté à temps nous rapproche de l'élimination de la maladie. »

L'OMS soutient cette approche. Pour le Dr Étienne Nnomzo'o, chargé des programmes de maladies tropicales négligées au Bureau de l'OMS au Cameroun, les progrès réalisés sont réels et doivent être maintenus dans la durée. « Le Cameroun a fait des avancées importantes vers l'élimination de la maladie du sommeil comme problème de santé publique. Pour les consolider, il est important de maintenir une surveillance continue, un diagnostic rapide et un accès constant au traitement. »

Dans les zones rurales comme Campo, les populations restent les plus exposées, notamment les pêcheurs et les agriculteurs vivant près des cours d'eau, où la mouche tsé-tsé est présente. Les symptômes du début pouvant être confondus avec d'autres maladies, les centres de santé de proximité jouent un rôle important. Cela conduit souvent à des consultations tardives.

« La plupart des patients consultent après avoir essayé des traitements contre le paludisme sans succès », explique le Dr Arthur Elemva Nkoumba, médecin chef du CMA de Campo. « Cela signifie que les cas arrivent parfois tardivement. Dans ce contexte, l'arrivée du fexinidazole, un traitement oral, a simplifié la prise en charge, à la fois pour les patients et pour les équipes soignantes. »

Pour les autorités sanitaires, ces chiffres montrent que la maladie recule nettement, mais que la situation demande encore de la constance. Les efforts doivent se poursuivre, notamment en matière de dépistage, de surveillance et d'accès au traitement. « Nous sommes à un niveau très bas, ce qui est une avancée importante », souligne la Dre Marie Françoise Ngo Sol. « Mais c'est aussi une phase où il faut rester attentif. Même un seul cas non détecté peut ralentir les progrès. »

Sur le terrain, les agents de santé communautaires jouent un rôle essentiel pour maintenir la vigilance, en particulier dans les zones où la maladie est devenue rare. À Campo Centre, Ingrid Djowe, agent de santé communautaire depuis plus de quinze ans, accompagne les familles au quotidien, en les sensibilisant aux signes de la maladie du sommeil et en orientant les cas suspects vers les structures de santé. « Quand il n'y a presque plus de cas, certaines personnes pensent que la maladie n'existe plus », explique-t-elle. « Notre travail consiste à continuer à parler avec les communautés, à expliquer les signes avec des mots simples et à encourager les gens à se faire examiner dès que les symptômes durent. »

Présente lors des campagnes de dépistage et dans la mobilisation communautaire, elle souligne l'importance de la confiance. « Parce que nous vivons dans la communauté, les familles nous écoutent. Quand on agit tôt, on évite que la maladie s'aggrave et on protège tout le monde. »

L'expérience de Philippe illustre concrètement l'importance d'agir sans attendre. Aujourd'hui, il a repris son activité de pêche et a retrouvé une vie normale. Fort de son expérience, il partage désormais un message simple autour de lui : « Quand les symptômes durent, il faut consulter rapidement. Plus tôt on va à l'hôpital, plus vite on se soigne. »

Alors que le Cameroun s'approche de l'élimination de la maladie du sommeil comme problème de santé publique, l'exemple de Campo rappelle une réalité simple : même lorsque les cas deviennent rares, la vigilance collective reste indispensable pour consolider les acquis et éviter un retour de la maladie.

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Pour plus d'informations ou pour demander des interviews, veuillez contacter :
Kadijah Diallo

Chargée de communication
Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique
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WEGANG Germaine

Chargée de communication
OMS Cameroun
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