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04/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/30/2026 12:42

Convaincre pour protéger : au Bénin, rétablir la confiance dans la vaccination

Convaincre pour protéger : au Bénin, rétablir la confiance dans la vaccination

30 avril 2026

Ouaké - Dans une maison de la commune de Ouaké, dans le nord du Bénin, Djahara, la vingtaine, mère d'un enfant âgé de 14 mois, hésitait à faire à nouveau vacciner son enfant. Après une précédente vaccination, son enfant avait eu un enflement au niveau du pied. Inquiète, elle avait préféré arrêter. « Avant, j'amenais mon enfant se faire vacciner. Mais après cet incident, j'ai arrêté. Aujourd'hui, j'ai repris et je suis contente de le faire », confie-t-elle.

Comme Djahara, d'autres parents ont douté et certains refusent de faire vacciner leurs enfants. Des poches d'hésitation ont été notées dans certaines localités. C'est dans ce contexte que trois cas de poliovirus variant de type 2 ont été notifiés en octobre 2025 dans le département de la Donga, frontalier avec le Togo.

Dans le cadre de la riposte le Bénin a mené, du 24 au 27 avril 2026, une campagne gratuite de vaccination contre la poliomyélite, ciblant plus de 2,2 millions d'enfants âgés de 0 à 59 mois dans six départements du pays, avec plus de 2,8 millions de doses déployées pour le premier tour.

La vaccination est largement reconnue comme un moyen efficace de protéger les enfants, mais un effet inattendu ou mal compris peut parfois suffire à faire hésiter. Pour y répondre, les autorités sanitaires, avec l'appui de leurs partenaires de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite (IMEP) dont l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), renforcent leurs actions auprès des communautés. Plus de 16 000 personnes ont été formés et déployés pour cette campagne afin d'assurer la sensibilisation, la vaccination et le suivi des enfants.

La poliomyélite est une maladie virale très contagieuse qui peut entraîner une paralysie irréversible, principalement chez les jeunes enfants. Elle se transmet par l'eau ou les aliments contaminés. Dans les zones où le virus circule, la vaccination reste le moyen le plus sûr de protéger les enfants et d'éviter de nouvelles flambées.
Sur le terrain, les équipes de santé se rendent de porte à porte. Elles expliquent le fonctionnement du vaccin, répondent aux questions et administrent les gouttes. Lorsque l'hésitation persiste, elles s'appuient sur des personnes connues et respectées au sein de la communauté.

Saïb Wede fait partie de celles-là. Instituteur de profession, il est sollicité lorsque des familles ne sont pas convaincues. « Mon travail consiste d'abord à écouter les familles, à les mettre en confiance, et à leur donner des conseils pour qu'elles puissent faire vacciner leurs enfants », explique-t-il.

Il revient une situation de Djahara. « Après une vaccination, l'enfant avait eu un enflement puis une plaie au niveau du pied. La famille a géré cela elle-même. Ensuite, elle a décidé de ne plus faire vacciner », se souvient-il.

Face à cela, il privilégie le dialogue. « Je leur ai dit qu'ils avaient raison d'être inquiets. Mais je leur ai aussi expliqué pourquoi il est important de faire vacciner les enfants, pour les protéger contre la maladie. Et s'il y a un problème après la vaccination, il faut se rendre au centre de santé. La prise en charge est gratuite », poursuit-il.

Peu à peu, la discussion permet de clarifier la situation. « Ils ont reconnu qu'ils n'avaient pas cette information. C'est ce qui les a amenés à changer d'avis », ajoute-t-il.

Pour les agents de santé communautaires, cet appui fait toute la différence au quotidien. Benjamin Talabalo, agent de santé communautaire qualifié qui couvre l'arrondissement de Bajouda dans la commune de Ouaké depuis près de deux ans, en fait l'expérience sur le terrain. « On fait appel à Saïb Wede quand il y a une hésitation dans un ménage », explique-t-il. « Cela nous aide à atteindre notre objectif de protéger tous les enfants de 0 à 5 ans », ajoute-t-il.
Au niveau local, les autorités sanitaires observent les résultats de cette approche. « Nous travaillons avec des personnes issues de la communauté, en qui les familles ont confiance, notamment des personnes clés de la communauté que nous mobilisons pour échanger avec les ménages lorsqu'il y a des hésitations », indique le Dr Edmond Dossou, médecin-chef de la commune de Ouaké. « Leur intervention permet de lever les réticences et d'atteindre plus d'enfants », ajoute-t-il.

Ce travail des gestionnaires de refus renforce les taux de couverture. Selon les données administratives du ministère de la Santé, la couverture vaccinale nationale est estimée à 108 %, avec plus de 2 485 000 enfants vaccinés.

L'appui de l'OMS porte notamment sur la coordination de la campagne, la logistique, la formation des acteurs à tous les niveaux (superviseurs et équipes de vaccination), la surveillance épidémiologique et la conduite des évaluations indépendantes pendant et après la campagne (Monitorage indépendante et LQAS). L'Organisation travaille également avec les communautés, contribuant à la mise en œuvre efficace de la campagne.

« Dans certaines localités, une discussion claire et respectueuse peut suffire à dissiper les inquiétudes », explique le Dr Aristide Sossou, en charge des maladies évitables par la vaccination au Bureau de l'OMS au Bénin. « Ces échanges sont essentiels pour que chaque enfant puisse être protégé », ajoute-t-il.

Pour Djahara, c'est justement cette explication qui a fait la différence. « On m'a dit que si mon enfant a un problème après la vaccination, je peux l'amener au centre de santé et qu'il sera pris en charge gratuitement », dit-elle.

Aujourd'hui, elle n'hésite plus à faire vacciner son enfant lorsque les équipes passent. Pour elle, tout a changé après les explications reçues. « Avant, j'avais peur. Maintenant, je suis rassurée », confie-t-elle.

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Kadijah Diallo

Chargée de communication
Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique
Email: dialloka [at] who.int (dialloka[at]who[dot]int)

Kayi Lawson

Chargée de communication
Bureau régional pour l'Afrique
Email: lawsonagbluluf [at] who.int (lawsonagbluluf[at]who[dot]int)

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